samedi 23 juillet 2011

Le Hezbollah et la poitrine du peuple libanais! De la mythologie à la réalité (Art.24)


Le souvenir est sépia, très sépia, au point que j'ai oublié la plupart des détails, mais pas l'essentiel. Il y a longtemps déjà, un français, probablement un écrivain, peut être même un réalisateur, je ne me souviens plus, décida de tester son entourage –amis, relations, connaissances, collègues et collaborateurs- en les appelant un par un et en leur présentant le scénario suivant: "je viens de commettre un meurtre et j'ai besoin d'aide pour échapper à la police, un abri pour la nuit, un peu d'argent, une voiture et passer quelques coups de fil". Il fut alors surpris par les réactions. Une bonne partie de son entourage s'est défilée. Rare sont ceux qui lui ont promis la pleine coopération. Certains se sont engagés à lui passer un peu d'argent et rien d'autre. Mais ce qui l'a étonné le plus, c'est surtout que personne de cet entourage n'a mis en doute son histoire, qui prouvait en fait, et là résidait la grande déception pour lui, qu'il était capable de commettre un meurtre aux yeux de son entourage!

Certaines allégations font carrément bondir. Non, non et non, il n'y a pas eu de consensus autour du Hezbollah au Liban! Pas encore, heureusement! Et il n'y aura jamais, heureusement encore! Faut-il rappeler que divers partis chrétiens, qui composent le 14 Mars aujourd'hui, Forces Libanaises, Kataeb, Ahrar et Ketlé, ont été et le sont toujours, hostiles à ce qu'une milice armée, à l'idéologie fascisante impose ses choix politico-militaires sur le peuple libanais?

En attendant la publication des divers actes d'accusation concernant l'implication des membres du Hezbollah dans l'assassinat de notre ex-PM Rafic Hariri et d'autres personnalités libanaises, il est légitime de se poser la question suivante: est-ce que ce parti extrémiste était capable d'utiliser sa puissance militaire -pour assassiner des personnalités libanaises- dans un but politique? Afin d'aider nos compatriotes à y répondre, il est intéressant de dresser la liste des antécédents du Hezbollah, les situations où il a utilisé effectivement ses armes dans un but politique. Cette liste englobe à la fois l'utilisation directe et indirecte. J'ai commencé et j'ai terminé par les 2 événements les plus significatifs de l'histoire du "parti des armes".

- La guerre interchiite Amal-Hezbollah (mai 1988- nov. 1990). Plus d'un millier de morts à cause de la lutte d'influence entre les 2 milices chiites durant la guerre civile pour contrôler Beyrouth, le Sud-Liban et la vallée de la Bekaa! Cette guerre fratricide a pris fin après l'entrée en vigueur de l'Accord de Taëf… donc le Hezbollah était bel et bien impliqué dans la guerre civile et aurait dû être désarmé au début des années 90 comme toutes les autres milices!
- Les enlèvements et les attentats contre des cibles étrangères notamment américaines et françaises sur le territoire libanais et à l'étranger (années 80). Il est communément admis que les actions les plus spectaculaires du Hezbollah restent les attentats-suicides d'octobre 1983 contre les QG des marines américains et des parachutistes français (plus de 300 soldats tués dans leur sommeil!), que Robert Fisk a désigné par le "massacre le plus professionnel jamais perpétré au Liban" (voir Liban, nation martyre – Robert Fisk – A&R Editions 2007). Les plus célèbres otages occidentaux détenus par le Hezbollah dans les années 80 sont Terry Anderson (directeur de l'AP), Marcel Fontaine et Marcel Carton (diplomates), Michel Seurat (chercheur, mort en captivité) et Jean-Paul Kaufmann (journaliste). Au total, plusieurs dizaines d'occidentaux furent concernées.
- La stérilisation du paysage politique chiite: aucune diversité politique depuis 1982!
- Le refus de déposer les armes comme toutes les autres milices libanaises selon l'Accord de Taëf (début des années 90).
- Le lancement d'opérations militaires contre l'ennemi israélien sans l'avis du gouvernement libanais (année 90).
- La guerre de Juillet 2006. Plus d'un millier de morts, des milliers de blessés, des centaines de milliers de déplacés, des millions de libanais terrorisés, des milliards de dégâts matériels et de pertes économiques… Et tt ça pour libérer 3 prisonniers libanais en Israël dont Samir Kantar, condamné pour avoir mené une opération à l'initiative "palestinienne" en 1979, pour des objectifs palestiniens, et d'avoir tué une fillette israélienne de 4 ans avec la crosse de son fusil devant son père (qu'on le veuille ou pas c'est la version adoptée par toute la presse occidentale!). Le tout sans avoir demander l'avis de qui que ce soit (à part évidement Wali El-Fakih) avec comme seul "Winograde" du côté libanais, un aveu de Hassan Nasrallah, sans aucune conséquence judiciaire, qu'il a sous-estimé la brutalité de l'armée israélienne! Merci pour la découverte.
- Les atteintes répétées aux libertés au Liban. Cela va de l'entrave à la libre circulation des libanais sur leur territoire (l'affaire Sanine-Laqlouq, Ouyoun El-Simane, Lassa, route de l'aéroport de Beyrouth entre autres) à l'interdiction de vendre et de consommer l'alcool à Nabatiyé, aux affaires Green Days (juin 2011), World Press Photo (mai 2011), Placebo, Gad El-Maleh, Francis Ford Coppola, Patrick Bruel, etc.
- L'occupation armée du centre-ville pendant 1 an et demi (2006-2007). Paralysie économique.
- La fermeture du parlement en concertation avec Nabih Berri pendant 2 ans (2006-2008).
- La tentative de Hassan Nasrallah d'imposer une ligne rouge à l'armée libanaise dans sa guerre contre le terrorisme à Nahr El-Bared (en 2007).
- L'interdiction à l'armée libanaise de s'entraîner dans certaines régions libanaises.
- L'assassinat de Samer Hanna (août 2008). Ses assassins sont en liberté et n'ont toujours pas été jugés.
- L'évaporation de Joseph Sader dans la zone de l'aéroport de Beyrouth (fév. 2009), dont on est toujours sans nouvelle.
- Les tentatives désespérés de dynamiter les enquêtes sur les assassinats politiques au Liban (depuis le 14 février 2005) et d'entraver la marche de la justice internationale concernant ces assassinats (le Tribunal Spécial pour le Liban).
- La persécution des partisans d'Ahmad El-Assaad et du Cheikh Mohammad Hajj Hassan au Sud-Liban (surtout en période électorale!).
- L'expulsion de Sayed Ali El-Amine de Tyr (obligé de s'installer dans l'ex "réduit chrétien"!).
- Le dynamitage systématique de la table de dialogue pour adopter une stratégie de défense pour le Liban (2006-2010).
- Les ingérences dans les affaires intérieures de pays étrangers mettant en danger les relations du Liban avec les pays correspondants et surtout l'installation paisible des citoyens libanais dans ces pays (Egypte, Bahrein 2009-2011).
- L'orchestration d'agressions populaires contre la FINUL au Sud-Liban (2006-2010).
- Les accrochages de Borj Abi-Haidar (août 2010).
- La parade milicienne à l'aéroport de Beyrouth pour récupérer un hors-la-loi (sept 2010).
- La nuit blanche des chemises noires pour changer la majorité parlementaire par la force et faire tomber le gouvernement Hariri (janvier 2011).
- La vacance au niveau de l'exécutive pendant 5 mois (janvier-juin 2011).
- L'invasion de Beyrouth et du Mont-Liban (7 mai 2008 et les jours suivants). Bilan: une centaine de morts, des milliers de blessés, des centaines de milliers de personnes terrorisées, une chaine de TV brûlée… Evènement qualifié par Hassan Nasrallah comme étant "un jour glorieux"!

Bien avant que le couperet du Tribunal Spécial pour le Liban ne tombe, cette liste qui est loin d'être exhaustive nous interpelle déjà. Et si nous recevons ce week-end un coup de fil de Hassan Nasrallah en personne (moi je préfère être appelé par Naïm Qassem!), qui teste ses compatriotes comme l'écrivain français, mettrons-nous en doute la véracité du scénario du meurtre de Rafic Hariri ou de Wissam Eid, pour ne citer que ces 2 martyrs? Serions-nous prêts à lui venir en aide pour échapper à la Justice internationale? Chacun y répondra selon son intime conviction. Personnellement, c'est NON pour les 2 questions!


PS: Nous devons maintenir le gouvernement Mikati, le 8 Mars, le Hezbollah et Michel Aoun sous pression, qu'ils soient au Grand Sérail, au comptoir d'une pharmacie, au 7e sous-sol d'un parking de banlieue, sur la Côte d'Azur ou à l'ABC… jusqu'aux prochaines élections législatives!

vendredi 1 juillet 2011

Programmation au théâtre du Proche-Orient: Spectacle de marionnettes, Corrida et Fenêtre sur Cour ! (Art.21)


C'est fascinant à chaque fois. Les enfants sont absorbés par les marionnettes qui gesticulent dans tous les sens sur scène et les adultes eux, ont les yeux rivés sur les marionnettistes qui tirent les ficelles dans le noir. Quand les amateurs de la politique regardent ce retraité septuagénaire au CV peu reluisant se targuer de posséder 1/3 de ce gouvernement mort-né, vouloir réformer le pays et réserver des billets allers simples à ses adversaires, les pros de la politique scrutent les gestes des manipulateurs de Dahiyé pour anticiper les actes du Wali El-Fakih, le metteur en scène!

En parallèle avec le spectacle de marionnettes, cela fait des mois que nous regardons cette corrida qui se déroule sur les rives orientales de la Méditerranée dans la pure tradition de ce jeu macabre. On a d'un côté un peuple torero qui affronte tout entier à mains nus un monstre élevé dans la pure tradition de la bestialité dictatoriale, que nous avons affronté longtemps et qu'on n'a pas fini d'affronter d'ailleurs. L'animal est blessé mais l'agonie peut se prolonger encore, en attendant le coup fatal. Le peuple matador s'écroule meurtri et se relève déterminé, tout le monde regarde et personne n'intervient pour arrêter ce spectacle nauséeux!

Cela fait des années aussi que le peuple libanais à mobilité réduite par un gros plâtre, le boulet Hezbollah, joue malgré lui un remake de Fenêtre sur cour! Il y a eu un crime, puis des crimes dans le foyer politique libanais. On a vu tous les agissements dans les jumelles. Pas de témoins, mais pas de doute non plus. L'étau se resserre sur ce peuple qui devient gênant, qu'il convient de supprimer. Encore un chouia de suspense, mais on espère que le flash de l'acte d'accusation du Tribunal Spécial pour le Liban (TSL) éblouira les commanditaires-criminels et nous permettra de gagner des secondes précieuses en espérant des temps meilleurs devant la Cour de La Haye

Principale menace d'aujourd'hui, pour les républicains de ce pays, qu'ils soient du 14 Mars ou centristes, c'est la gouvernance du 8 Mars. Qu'adviendra-t-il des libertés individuelles et culturelles, de la liberté d'expression des journalistes, de la liberté d'action des activistes, de la sécurité de l'opposition, de la marche du TSL, de l'intégration du Liban dans la communauté internationale, des armes illégales du Hezbollah, de nos différends historiques avec la Syrie, du service des renseignements des Forces de sécurité intérieure, de l'économie nationale, de la stabilité de la monnaie, de la dette publique, des investissements étrangers, de la prospérité générale, des nominations administratives et surtout du moral des ménages ?

Dans n'importe quel état démocratique, ces questions ne se poseraient pas. Au moins pas avec autant d'acuité. Mais dans un Etat gravement malade comme le Liban, elles posent problème. En tout cas, elles conduisent à une interrogation existentielle: devons–nous laisser le camp du 8 Mars gouverner? La réponse est NON, car non seulement nous connaissons bien le degré de filiation entre ce gouvernement et les régimes syrien et hezbollahi mais aussi et surtout par  principe de précaution!

Dans ces conditions, comment aller de l'avant? Parce que la passivité n'a jamais constitué un bon plan d'action, nous devons avancer vers 4 objectifs:

1. Faire tomber le gouvernement du 8 Mars
L'hypocrisie politique conduit rapidement dans des impasses. OUI il faut faire tomber le gouvernement du 8 Mars ou au moins l'empêcher de gouverner. La déclaration de politique générale du gouvernement Mikati nous pousse malheureusement dans cette voie. Ce n'est pas très démocratique diront certains. Et bien si justement c'est par un souci démocratique qu'il faut agir ainsi. Et cela pour une raison toute simple: aucune démocratie n'est possible et ne doit être envisageable à l'ombre d'une milice armée, à l'idéologie extrémiste, le Hezbollah! Depuis la nuit des temps, l'Histoire ne nous en a donné aucun exemple qui va dans ce sens. Nous remercions les évêques maronites de s'inquiéter pour la saison estivale de cette année, mais nos prélats doivent être conscients que la gouvernance du 8 Mars menace toutes les saisons estivales à l'avenir!

Concrètement nous devons maintenir ce gouvernement sous pression et nous préparer à manifester ou à faire des sit-in quand il dépassera les lignes rouges. Nos députés auront à constituer un cabinet de l'ombre, à faire du lobbying contre leur propre gouvernement à l'étranger -hélas!- et à multiplier les procédures pour entraver l'action de l'équipe gouvernementale à l'intérieur. Nos politiciens auront à déposer plaintes devant les tribunaux et le Conseil constitutionnel quand cela s'avérera nécessaire. Mais, en attendant, nous devons envisager une mesure économique simple pour souligner individuellement notre défiance à l'égard de ce nouveau gouvernement, ne plus utiliser la livre libanaise et virer tous les comptes bancaires des sympathisants du 14 Mars en dollars! Certes c'est grave, mais il faut savoir soit on est face à un danger et il faut réagir, soit ce n'est pas le cas et il faut laisser le camp 8 Mars gouverner tranquillement! A nous de décider en toute démocratie.

2. Bien communiquer au sujet du TSL
Le régime syrien et le Hezbollah communiquent depuis longtemps au sujet du TSL. Depuis le "scoop" de Michel Smeha au Der Spiegel pour fournir l'occasion de "politiser" le TSL (mai 2009), à la dernière tentative de Hassan Nasrallah pour brouiller les esprits en prétendant que le parti de Dieu aurait été infiltré par les agents de la CIA (juin 2011)!

En tout cas, ce n'est pas notre problème. Nous devons nous concentrer sur notre propre communication au sujet du TSL. Celle-ci doit passer par 2 oui et 2 non.
- Oui nous souhaitons que justice soit faite pour nos martyrs, sans haine ni vengeance, mais tout simplement pour que nous puissions commencer notre deuil!
- Non nous n'allons pas vérifier la validité de l'acte d'accusation, notre confiance dans le TSL, la plus haute juridiction internationale, est absolue. Il est urgent de rectifier le tir! 
- Oui la communauté chiite et le peuple syrien ne sont pas visés si des individus de religion chiite et de nationalité syrienne figurent dans l'acte d'accusation. C'est élémentaire et il est nul besoin de l'affirmer.
- Non ce n'est pas à nous de juger du degré de responsabilité du Hezbollah et de Bachar El-Assad si des éléments de ce parti et de ce régime sont impliqués dans les assassinats politiques. Désolé Walid Bey, c'est encore au TSL de trancher. Mais enfin, qui du peuple libanais va gober votre niaiserie sur les éléments indisciplinés qui s'ennuyaient dans une cage d'escalier en sirotant une bière chaude et qui pour tuer leur ennui existentiel ont décidé de se débarrasser de quelques personnalités libanaises!

Il est fort possible qu'à la publication de l'acte d'accusation le 8 Mars appellera à une très grande manifestation pour montrer au monde entier l'opposition d'une partie des libanais au TSL. Nous devons alors nous préparer à contre-manifester pour montrer aux yeux du même monde, le soutien du peuple libanais à la justice internationale. En attendant, nous devons manifester notre soutien massivement à cette page internet consacrée au TSL* qui recueille seulement "16 450" signataires pour l'instant ("Like"). Fixons un objectif ambitieux, 100 000, puis 200 000, 500 000 et pourquoi pas 1 million, et militons activement pour l'atteindre. Ainsi, nous pourrons remettre régulièrement aux autorités libanaises et étrangères, aux membres du Conseil de sécurité de l'ONU mais aussi aux juges du TSL, une copie de ce décompte et montrer sérieusement à quel point les libanais tiennent à ce que justice soit faite.

Enfin qui aime bien châtie bien. Alors ô dirigeants du 14 Mars, personne de vos sympathisants n'a encore digéré votre bévue de mai 2008! Alors que le Hezbollah était dans un sacré pétrin, embourbé à Beyrouth et dans le Mont-Liban, vous avez offert au "parti des armes" une sortie honorable, l'Accord de Doha! Alors entre nous, il y a déjà 3 ans que vous auriez dû exiger son désarmement! Donc faites-nous grâce de commettre la même erreur avec l'acte d'accusation, qui conduirait à votre suicide électoral en 2013 et à l'enterrement de notre Révolution du Cèdre! L'Histoire sera impitoyable avec vous. Nous aussi!

3. Anticiper la chute du régime de Bachar El-Assad
Il est nécessaire de créer un terrain d'entente avec l'opposition syrienne pour préparer l'après Bachar. Ce qui se passe en Syrie n'est pas acceptable ni sur le plan humanitaire ni sur le plan politique. Mais en retour, l'opposition syrienne et les candidats potentiels au nouveau pouvoir, doivent dès à présent rassurer le peuple libanais, notamment la communauté chrétienne en se prononçant sur tous les points litigieux entre le Liban et la Syrie, car "Le facteur de l'Histoire ne sonne pas toujours 2 fois"! En attendant, il faut dénoncer la barbarie de la dictature syrienne et assurer l'aide humanitaire nécessaire aux réfugiés syriens sur notre territoire.

4. Préparer les prochaines élections législatives
Au moins en exigeant de ce gouvernement qu'il offre aux citoyens de ce pays la possibilité de voter à l'étranger. Nous pouvons soutenir la page FB* qui soulève cette revendication (12 millions de personnes d'origine libanaise... pour 276 "Like"!). Au pire, ces élections auront lieu en juin 2013. Au mieux, à l'enterrement du gouvernement mort-né de Mikati avant cette échéance. Au pire, il ne se passera rien d'ici là. Au mieux, que de bouleversements en perspective au niveau local (Hezbollah) mais aussi régional (Israël-Syrie-Iran). Au pire, nous resterons des spectateurs passifs à regarder le vampirisme de l'Etat libanais par les chemises noires. Au mieux, nous résisterons en avançant vers ces 4 objectifs!

Mille mercis au Tribunal Spécial pour le Liban.
Et que nos martyrs reposent en paix.


*Réf.
Badna il Mahkameh il Douwalieh 
"Cette page s'adresse à tous ceux qui croient que les assassinats politiques au Liban ne sont plus acceptables sous aucune circonstance. Elle concerne tous ceux qui croient en notre droit de connaitre l'acte d'accusation du Tribunal Spécial pour le Liban, sans pour cela nous sentir menacés par une nouvelle guerre civile ou des assassinats politiques."
http://www.facebook.com/BADNALMAHKAMEH

The Lebanese immigrants want to vote in 2013
http://www.facebook.com/pages/THE-LEBANESE-IMMIGRANTS-WANT-TO-VOTE-IN-2013/139370919470127

vendredi 24 juin 2011

Les droits de la femme vus par les hommes de Dar El-Fatwa (Art.20)


Que Dar el-Fatwa rejette le nouveau projet de loi concernant la protection des femmes de la violence familiale est tout à fait prévisible. C'est son droit démocratique d'exprimer ses convictions religieuses tant qu'il reste tout de même loin de l'extrémisme de l'universitaire suisse, Tariq Ramadam, qui face à la campagne des défenseurs de droits de l'homme contre la lapidation des femmes dans certains pays, avait prôné un "moratoire" sur cette pratique! Bon, au Liban nous sommes bien sûr très loin de cette mentalité moyenâgeuse, qu'on retrouve encore en Iran et en Arabie saoudite, mais force est de constater que la position de Dar el-Fatwa sur la violence à l'encontre des femmes dans le cadre familial est troublante!

Si l'interdiction d'un film amateur iranien, Green Days, nous a révolté il y a à peine quelques jours, le communiqué de Dar El-Fatwa aujourd'hui est tout simplement consternant par son extrémisme et sa portée.
- Il n'est pas admis qu'en 2011 la femme libanaise n'ait pas les mêmes droits que l'homme libanais. Et si Dieu l'a établi ainsi et bien nous les hommes nous n'en voulons pas!
- Il est grand temps de limiter l'intervention des autorités religieuses, aussi bien musulmanes que chrétiennes, dans tous les domaines de la vie privée des libanais, surtout en matière de droit élémentaire de la femme au respect absolu de son intégrité physique et à disposer librement de son corps, qu'elle soit mariée ou pas!
- Avant d'espérer rêver de la suppression du confessionnalisme politique dans notre pays, il faut peut être commencer à l'ôter des esprits. La position de Dar el-Fatwa ne va pas dans ce sens, bien au contraire!

Qu'un chrétien dénonce ça, peut paraître déplacé, mais c'est surtout d'aucune efficacité. Voilà pourquoi il est donc nécessaire que le principal parti politique sunnite, à qui d'ailleurs ce communiqué est adressé essentiellement, le Courant du Futur, dénonce avec la plus grande vigueur l'approche archaïque des droits de la femme par les hommes de Dar el-Fatwa.

Communiqué de Dar el-Fatwa [L'Orient-Le-Jour 24.6.2011]

Dar el-Fatwa a annoncé hier, dans un communiqué, son refus du projet de loi lié à la protection des femmes de la violence familiale. Et ce suite à une réunion élargie présidée par le mufti, Mohammad Rachid Kabbani.
Le communiqué critique la légalité du projet de loi, estimant qu’il « porte atteinte à la femme musulmane » et « lui refuse certains droits qui lui sont accordés par les tribunaux religieux ». Il observe que ce projet, « qui est conforme à la manière occidentale », ne correspond pas aux valeurs de notre société, et « met en danger la cellule familiale traditionnelle ». Dar el-Fatwa observe aussi que ce projet dénie au père le droit d’éduquer ses enfants, et plus spécifiquement ses filles, « qui ont le plus besoin de la protection de leur père ». Le communiqué déplore, de plus, le fait que ce projet « ôte leurs prérogatives aux tribunaux islamiques », (dans les articles 15 et 18). L’instance sunnite dénonce, par ailleurs, « la création de nouveaux crimes », comme le viol de l’épouse par son mari. Il observe aussi que certaines sanctions ne sont pas conformes avec l’esprit du code pénal, notamment concernant la sanction en cas de menace. Il regrette que ce projet ouvre la voie à la délation dans le domaine de la violence familiale, refusant l’ingérence de la police dans les affaires familiales. Il refuse, par le fait même, l’utilisation des témoignages d’enfants mineurs. Le communiqué de Dar el-Fatwa appelle les musulmans à lutter contre ce projet de loi qui est en opposition avec le statut personnel islamique et avec la composition de la cellule familiale musulmane.

dimanche 19 juin 2011

Une proposition de loi : les armes illégales contre des pistolets à eau (Art.19)


Tripoli
Vendredi 17 juin 2011
5pm
906 ans après la mort du Comte Raymond de Saint-Gilles, quelque part entre Bab El-Tabbané et Baal Mohsen.

Une manifestation de soutien au peuple syrien, dans son courageux face-à-face avec une des dictatures les plus archaïques de l'histoire, dégénère gravement.
Bilan, plusieurs morts et des blessés, civils et militaires.
Présent sur les lieux, pour fêter la naissance de son gouvernement mort-né, toujours du point de vue de l'Histoire, notre Premier ministre organisa une conférence de presse aussitôt. Lui, qui d'habitude donne l'impression de ne pas faire de mal à une mouche, s'emporte, s'énerve et tire sur l'opposition. Prière de faire attention sur le mot "opposition". Najib Mikati sait très bien que l'opposition c'est le 14 Mars et le 14 Mars ce sont essentiellement 3 hommes: Samir Geagea, Saad Hariri et Fouad Siniora, que le dictateur de Damas aimerait bien neutraliser.

Nous nous attendions non seulement à un tout autre ton, mais aussi à un tout autre contenu. En tout cas, si j'avais à rédiger un communiqué de presse au nom d'un Premier ministre responsable qui tient vraiment à son armée et aux citoyens de son pays, je l'aurai fait dans ses termes: "Après les accrochages de Bourj Abi-Haidar en août 2010, le meurtre du lieutenant Samer Hanna de sang froid en août 2008, l'invasion de Beyrouth et l'assassinat d'une centaine de paisibles citoyens en mai 2008, voilà mes chers compatriotes, vous avez aujourd'hui devant vous une preuve de plus que seule l'armée libanaise doit porter les armes au Liban"!

Si les coupables doivent être poursuivis en justice, cela va de soi, pourquoi tirer alors sur le 14 Mars, qui n'est pour rien, si ce n'est pour faire plaisir à Bachar El-Assad? Après 5 mois de vinification, le Mikati nouveau a un goût de bouchon! Il commence très mal. Dommage, je voulais lui donner une chance. Il n'a pas tenu 24h dans mon estime!

Pur hasard, au même moment et pas de bol pour lui, le journal Al-Akhbar, qui ne nous porte pas dans son cœur, donc pas prêt de nous faire un cadeau si ce n'était pas véridique, raconta dans les moindres détails l'escapade de Taha Mikati à Damas samedi 11 juin, 2 jours avant la néfaste signature de Michel Sleiman, où le jeune dictateur, qui croit pouvoir torturer les peuples syrien et libanais encore longtemps, a fait comprendre à son interlocuteur que "la pause était terminée, il y va de l'intérêt de la Syrie"!

L'agressivité de Najib Mikati envers le 14 Mars est de très mauvais augure! Encore une fois, se pose la question de la "contrepartie". L'équation est simple: Assad a soutenu Mikati, celui-ci doit se montrer reconnaissant. Il vient de payer la 1re facture présentée par la dictature de Damas. Il a pactisé avec le diable. Hélas, ce n'est que le début.

En tout cas, les forces du 14 Mars doivent s'engager devant le peuple libanais, dès à présent, qu'en cas de victoire aux élections législatives de 2013, ou aux élections anticipées qui auraient peut être lieu à l'enterrement de ce gouvernement mort-né, de faire voter la loi suivante:
Art.1 Tout milicien encore en activité au Liban, 20 ans après la dissolution des milices libanaises, qu'il soit hezbollahi, nationaliste-syrien, palestinien, salafiste ou gorille de politique, dispose de 6 mois pour échanger son arme contre un pistolet à eau.
Art.2 Au-delà des 6 mois, toute arme qui n'est pas entre les mains de l'armée libanaise sera confisquée. Son détenteur ne pourra plus profiter de la générosité de l'Etat et sera poursuivi devant les tribunaux.

Que les miliciens se rassurent, il y a des pistolets à eau très sophistiqués comme le montre la photo ci-dessus. Ainsi, les excités de la gâchette qui souhaitent encore utiliser leurs armes à l'intérieur de notre beau pays, auront la possibilité de le faire en toute liberté. Ils pourront même colorer l'eau avec le pigment qui les caractérise. Jaune, orange, vert, noir, j'en passe et des meilleurs. Tout le monde sera content, les mômes en premier. Le Liban deviendra le plus grand champ de bataille d'eau de l'histoire de l'humanité! Nous serons la 1re destination touristique de celles et ceux qui ont su gardé une âme d'enfant! Saint-Exupéry sera aux anges! Je suis sûr que le barrage de Chabrouh ne suffira pas à étancher la soif de certains compatriotes de jouer à la guerre. On sera donc obligé de leur construire d'autres sans doute. Comme "dommage collatéral" de cette nouvelle guerre, on aura l'eau au robinet 24h/24h pour alimenter nos valeureux guerriers. On aura également moins besoin d'AC et par conséquent une consommation électrique moindre au niveau national. Notre environnement se portera mieux, surtout si on impose l'utilisation de pigments naturels. J'en ai la chair de poule à l'idée. Mais de grâce, qu'ils laissent la défense du pays à nos forces armées.

Basta cosi!

mardi 14 juin 2011

Lecture dans le marc de café et horizon politique au Liban (Art.18)


Répression de plus en plus sanglante en Syrie, anticipation de la 1re explosion nucléaire expérimentale en Iran, gouvernement hezbollahi pro-syrien au Liban, Bachar El-Assad se précipitant pour féliciter son homologue libanais, les ministères de l'Intérieur, de la Justice et des Télécoms entre les mains des formatés Aoun, bien qu'elles fussent prévisibles, ces dernières nouvelles nous laissent tout de même perplexes. L'action la plus urgente que nous devons entreprendre aujourd'hui, nous les exclus des sphères de l'exécutif, aussi bien du 14 Mars que du Centre, est de se poser tranquillement pour évaluer le nouveau rapport des forces, scruter notre horizon politique et lire l'avenir dans le marc d'une tasse de café, disons plutôt autour d'une tasse de café, c'est mieux!

1. Sur la chute de la dictature syrienne
Depuis le 15 mars 2011, on attend tous les vendredis la chute de la dictature syrienne. 3 mois se sont écoulés et toujours rien! Or, si au printemps dernier la situation en Syrie paraissait floue, aujourd'hui les choses sont un peu plus claires. Hélas, le régime syrien ne cédera pas de sitôt. L'opposition syrienne a franchi le point de non retour, mais n'arrive toujours pas à déchirer le tendon d'Achille du régime de Bachar. Un consensus au niveau de la communauté internationale sera toujours difficile malgré la situation dramatique de la population. Dans tous les cas, le régime de Bachar possède 2 atouts majeurs sur l'opposition aussi déterminée soit-elle : il n'est pas isolé (puisqu'il est soutenu par le régime fasciste de l'Iran, le camp libanais du 8 Mars et maintenant le gouvernement Mikati!) et surtout il a une arme redoutable de destruction massive, une arme de dissuasion, il n'hésitera pas à s'en servir, il a même menacé de le faire: la guerre civile! Bref, le régime syrien n'est pas prêt de tomber. Faut pas rêver! L'Histoire dit, pas encore. Très mauvaise nouvelle pour le peuple syrien et pour nous aussi!

2. Sur la fin du fascisme iranien
Le régime iranien a montré en juin 2009 sa grande capacité d'une part à mater tout mouvement de contestation et d'autre part à gagner du temps au sujet de son programme nucléaire. Rajoutez à cela que rien ne pourra aujourd'hui pousser le candidat Obama à s'aventurer dans une quelconque confrontation militaire avec la République islamique d'Iran avant l'épreuve de nov. 2012. Bref, le régime iranien lui aussi ne craint rien à court terme. L'Histoire nous dit également, patience. Encore une mauvaise nouvelle pour les peuples iranien, syrien et libanais.

3. Sur l'affaiblissement de ce gouvernement 8 Marsien et du Hezbollah en particulier
Depuis la Nuit des chemises noires, aucun indicateur ne laisse penser que le camp du 8 Mars doute de ses capacités ou disons-le franchement, craigne les camps du 14 Mars et du Centre. Ayons le courage d'avouer que la politique du "dos rond" n'impressionne pas nos adversaires! Quand je dis aucun indicateur, c'est vraiment aucun: les nombreuses visites de Walid Joumblatt à Bachar El-Assad, l'attaque des forces des Nations-Unies au Sud-Liban, l'offensive du Hezbollah via Charbel Nahas sur les renseignements des FSI, la visite folklorique de Michel Aoun au Sud-Liban, les activités militaires douteuses dans le Nord-Est du Liban, l'arrogance des orateurs du Hezbollah, les menaces sur la personne de Saad Hariri et tenez la cerise sur le gâteau, la formation du nouveau gouvernement!

La lenteur de Mikati & Co, était interprétée par le camp du 14 Mars, comme un signe d'impuissance du Hezbollah et une désorientation du camp du 8 Mars. Erreur! On a même espéré pendant longtemps que le stylo du président de la République pouvait nous aider à lutter contre l'hégémonie du Hezbollah sur le peuple libanais. En vain!

Jamais le Hezbollah n'a été aussi fort qu'aujourd'hui. Sa prudence dans la formation du gouvernement n'était pas un signe de faiblesse, mais bien au contraire c'était parce qu'il ne souhaitait pas perdre ses acquis, qu'il a évité de faire le moindre faux pas. Il a bel et bien réussi à renverser la majorité. Il a laissé passer quelques mois pour "dégonfler" la colère du camp du 14 Mars après le changement de majorité par l'intimidation lors de la Nuit des chemises noires. Il peut maintenant gouverner sans partage. Le Bey est plus que jamais ancré dans le camp du 8 Mars. Et quelle belle perspective s'offre à lui: une "bonne" gouvernance démagogique et populiste lui permettra d'augmenter ses chances de gagner les élections législatives de 2013. Un parcours sans faute. Alors tout va bien Madame la Marquise? Au moins pour l'instant. Et surtout, au moins jusqu'à la publication de l'acte d'accusation par le Tribunal Spécial pour le Liban!

Et pourtant, une question s'impose à l'aube de cette nouvelle ère: que fera le Hezbollah si les régimes syrien et iranien s'effondraient ? A chaque fois que le Hezbollah a perdu sur un point, il a essayé de se rattraper sur d'autres. Quand l'embryon de la révolution du Cèdre a commencé sa nidification dans le tissu libanais le lendemain de l'assassinat de Rafic Hariri, le Hezbollah a tenté de l'avorter par son opération "Merci la Syrie". Et quand à la table de dialogue au printemps 2006 on a décidé de s'attaquer au principal souci du peuple libanais, les armes illégales, le parti de Dieu a déclenché la guerre de Juillet. Après le désastre de cette confrontation avec Israël, et le vote de la résolution 1701, le parti du Wilayat El-Fakih s'est retourné vers le gouvernement Siniora (bouderie des ministres chiites et campement dans le centre-ville). Et quand ce dernier a pris des décisions souverainistes pour affirmer l'autorité de l'Etat libanais sur son territoire en mai 2008, le parti des armes a envahi Beyrouth et le Mont-Liban. Sans trop nous tromper, nous pouvons donc s'attendre au pire quand les régimes syrien et iranien s'écrouleront ou à la publication de l'acte d'accusation par le TSL!

Le Hezbollah n'est pas une mode politique passagère. Qui le connaît bien, sait qu'un coup dur porté à ses alliés régionaux, les régimes syrien et iranien, ou par le Tribunal Spécial pour le Liban, doublera sa motivation et sa détermination pour contrôler l'Etat libanais. Nous devons le savoir et nous devons en prendre conscience dans l'établissement de nos plans d'action. Najib Mikati aurait dû rejeter sa désignation depuis longtemps. Michel Sleiman n'aurait pas dû signer ce néfaste décret. Les autorités religieuses sunnites et chrétiennes auraient dû envoyer des messages beaucoup plus fermes aux 2 hommes, au lieu d'appeler à la formation "rapide" d'un gouvernement! Les camps du 14 Mars et du Centre n'auraient pas dû être aussi passifs. Les chiites et les druzes libres auraient dû être plus audibles. Nous pensons que tout ce petit monde a commis de graves erreurs envers ce peuple. Il peut encore les corriger. Il doit le faire. L'Histoire en jugera. En tout cas, nous prenons acte, nous les citoyens de ce pays. Nous résisterons!

dimanche 29 mai 2011

A quoi pense Ziad Baroud en se rasant le matin? (Art.17)


Il ne fait aucun doute, l'homme séduit. Qu'il soit jeune et qu'il ne soit pas issu de la classe politique traditionnelle incompétente à l'esprit féodal, est déjà un atout considérable. Il séduit cette partie de la population libanaise qui en a marre des Berri, Joumblatt, Aoun, j'en passe et des meilleurs.

En cherchant à affirmer son autorité sur Achraf Rifi plus d'une fois, Ziad Baroud se contente peut être de recourir à l'un de ses prérogatives. C'est possible qu'il n'ait eu aucune arrière pensée. Mais il n'empêche, le ministre chouchou de la République et des apolitiques sait très bien qu'en s'opposant à ce noble serviteur de l'Etat, patron des Forces de Sécurité Intérieure (FSI), le grand rempart face à la milice du Hezbollah, qui a toute la confiance du camp du 14 Mars en général et du Courant du Futur en particulier -et pour cause!- il séduit Michel Aoun et ses partisans.

Mais encore? En ne remettant pas aux intéressés, il y a quelques mois, certains documents demandés par le Tribunal Spécial pour le Liban (voir la déclaration du TSL), Ziad Baroud avait sans doute ses raisons. Mais il n'empêche aussi, le ministre de l'Intérieur sait parfaitement que par ce choix, inattendu pour beaucoup de libanais, il séduit le Hezbollah et le régime syrien de Bachar El-Assad.

Allons plus loin. En démissionnant du gouvernement Hariri, Ziad Baroud a protesté contre une attitude qu'il juge inacceptable. Il suit par là le conseil de Jean-Pierre Chevènement, un fidèle de François Mitterrand, "un ministre, ça ferme sa gueule; s'il veut l'ouvrir, ça démissionne". Tout est à son honneur. Mais il n'empêche encore et toujours, pour un observateur de la vie politique libanaise, Ziad Baroud ôte par cette décision une étiquette qui commençait peut être à le déranger, disons au moins à le desservir : "ministre du Président"! Désolés, nous écrivons des articles pour décortiquer l'actualité et non pour faire des analyses insipides. Alors dans quel but l'aurait-il fait? Et bien, certaines mauvaises langues diraient que c'est pour demander l'agrément de Rabié pour le nouveau gouvernement Mikati : "ministre de l'Intérieur agréé par Aoun"!

Certes l'affaire "Huawei-Ogéro- FSI", qui est à l'origine de cette crise politique, soulève beaucoup de questions. C'est légitime dans un pays démocratique. Mais comment notre cher ministre de l'Intérieur (un aveu sincère) peut-il oublier le projet du Hezbollah de contrôler l'Etat libanais (sachant que nous ne sommes qu'à la 1re étape!), les tentatives répétées du 8 Mars pour démanteler le fameux service de renseignement des FSI (notre fierté nationale), les enquêtes en cours au niveau du Tribunal Spécial pour le Liban (sur les assassinats et tentatives d'assassinat d'une douzaine de personnalités libanaises), l'importance des données de télécommunication pour ces enquêtes internationales (qui n'est un secret pour personne!), le climat d'insécurité qui pèse toujours sur les différentes composantes du 14 Mars (dirigeants, journalistes et militants) , les tentatives désespérées de Michel Aoun et du 8 Mars pour enterrer l'affaire d'espionnage de Fayez Karam au profit d'Israël (mise à jour par les renseignements des FSI) et la volonté des 8 Marsiens de mettre la main sur les télécommunications au Liban à la veille de la publication de l'acte d'accusation par le TSL et surtout à moins de 2 ans de la grande bataille des élections législatives de 2013, un ensemble de raisons qui justifient les positions fermes d'Achraf Rifi? En plus, comment peut-il feindre d'ignorer l'existence du réseau de télécommunication du Hezbollah, tombé dans les oubliettes de la vie politique libanaise, alors qu'il était à l'origine de l'invasion de Beyrouth et du Mont-Liban en mai 2008, qui lui contrairement au réseau Huawei est totalement illégal et n'a que des justifications rachitiques douteuses?

Enfin, je me demande si Ziad Baroud par cette performance inattendue, n'apportait pas à Najib Mikati (et au camp du 8 Mars) la "clé" que celui-ci cherche depuis plus de 4 mois. Encore une fois, l'avenir nous en dira plus! Peut être Ziad Baroud ne cherche qu'à rendre service aux citoyens libanais sans aucune arrière pensée. Peut être aussi qu'il pense à "ça" en se rasant, comme naguère Nicolas Sarkozy : le ministère de l'Intérieur comme tremplin pour la présidence de la République en 2014 ! C'est son droit le plus élémentaire. Je mettrai ma plume, mon clavier et mes neurones à son service à une seule condition: qu'il ne soit jamais "agréé" par Aoun, encore moins par le Hezbollah et le régime syrien! Hélas, ses dernières positions ne m'encouragent guère!

Post-scriptum

Je voudrai m'excuser auprès de certains amis, aussi bien sur Facebook que dans la vie réelle, d'avoir rédigé cet article qui pourrait les déranger. Qu'ils soient indulgents à mon égard et qu'ils comprennent ma motivation principale: l'intérêt de notre Liban exige aujourd'hui un minimum de dénonciation et un maximum de franchise.  

Vive la démocratie et vive Achraf Rifi, n'en déplaise au Hezbollah (et à Michel Aoun aussi) ! C'est un maronite qui le dit.

vendredi 20 mai 2011

Le roi d'Arabie Saoudite, l'invité surprise de la manifestation du 14 Mars. Suite (Art.16)


Le 13 mars dernier le roi d'Arabie Saoudite s'est fait inviter –ou s'est imposé plutôt !- à notre rassemblement Place des Martyrs. Je dis "notre" car cet événement nous appartient à toutes et à tous, militants et sympathisants des forces du 14 Mars. Nous avons donc un droit de regard sur son déroulement. Consternés, nous étions nombreux à protester. Le secrétariat du 14 Mars s'est contenté à l'époque d'une déclaration de 3 lignes et demi, pour nous signaler qu'il s'agissait d'un incident fâcheux non prévu par les organisateurs.

J'étais de ceux qui réclamaient une enquête transparente et un dépôt de plainte s'il s'avérait que l'incident était réellement imprévu (un piège du 8 Mars… le Virgin Mégastore appartiendrait à la famille Arslan) ou de sanctions contre celui ou celle qui a prit une telle initiative au sein du 14 Mars, car par cet acte irréfléchi notre crédibilité était remise en question. Complot ou pas, personne n'a jamais su ce qui s'est passé… Bienvenue en Orient! Mais quelle aubaine pour nos adversaires politiques!

Samy Gemayel fut parmi ceux qui ont quitté la place ce jour-là. Il était l'invité de Marcel Ghanem le 19 mai. Le sujet fut abordé. Qui sait lire entre les lignes politiques peut extrapoler de ce qu'il a dit sans trop se tromper que le secrétariat du 14 Mars nous a peut être menti. Ce n'est pas si grave diront certains, c'est de l'histoire ancienne et nous ne sommes pas à un mensonge près!

Sans doute… Mais de tous les problèmes dont souffrent le Liban, il y en a 2 particulièrement graves: le manque de suivi rigoureux des choses et l'absence de réelle sanction quand il y a faute. L'invitation du roi d'Arabie Saoudite à un rassemblement libanais en était une! Aucune sanction n'a été prise. On continue à prêcher dans le désert! Et après on s'étonne que les gens doutent de la classe politique!

Réf.
Le roi d'Arabie Saoudite, l'invité surprise de la manifestation du 14 Mars !?

mardi 17 mai 2011

Le facteur de l'Histoire ne sonne pas toujours deux fois ! (Art.14)


A propos de 4 événements récents:
- la position de Samir Geagea sur la situation en Syrie;
- la lettre d'un activiste syrien à Samir Geagea;
- la déclaration de solidarité de 140 personnalités (au Liban) avec le peuple syrien;
- et la menace de la "Révolution syrienne" de poursuive le président Michel Sleiman devant la Cour pénale Internationale!

Il y a quelques jours, une lettre a circulé sur internet. Elle a même été publiée sur le site du parti des Forces Libanaises. Elle est adressée par un citoyen-activiste syrien, Oussama A. Moussa, à Samir Geagea pour le féliciter d'avoir brisé le triste silence des forces du 14 Mars concernant la situation humanitaire en Syrie. Oussama Moussa rappelle au passage que Samir Geagea est le seul au Liban à avoir déposé les armes volontairement, à avoir été emprisonné à tort et injustement, d'avoir annoncé que "Samir Geagea de la guerre est mort en prison" et d'avoir présenté des excuses au peuple libanais. Il incite les chrétiens arabes à ne pas rester en marge des intifada qui secouent les pays de la région, à s'unir aux musulmans et surtout à devenir les acteurs de ce changement et non les victimes. Il termine sa lettre en saluant ce "grand" leader chrétien et ce courant souverainiste au Liban, qui était en premier ligne dans cette confrontation avec le régime syrien et dans cette lutte commune pour la liberté en Syrie et au Liban.

A ce stade je me suis dit, non nous ne sommes pas dans un roman politique à l'eau de rose, nous sommes tout simplement en Orient, berceau des grandes civilisations, des religions et surtout du sentimentalisme! Toujours est-il, les réactions suscitées par cette lettre ont été de 2 ordres: enthousiasme ou méfiance.

Quelques jours plus tard, 140 personnalités au Liban ont fait une déclaration de solidarité avec le peuple syrien. Ils ont même décidé par la suite d'organiser une réunion dans ce sens au Bristol. Soit!

Aujourd'hui, on apprend toujours via internet, parce que le président Michel Sleiman a ordonné la remise aux autorités syriennes des 3 soldats syriens qui se sont réfugiés au Liban, la "Révolution syrienne" menace le président libanais de le poursuivre devant la Cour Pénale Internationale (CPI) pour complicité de meurtre des soldats et du peuple syriens… Alors là, il n'y a aucun doute nous sommes toujours en Orient!

C'est vrai rien ne permet d'authentifier la lettre de l'activiste syrien, il y a de quoi être sceptique et elle arrive avec pas mal de retard au destinataire. Par ailleurs, il paraît normal que 140 personnalités au Liban se solidarisent avec le peuple syrien pour des raisons humanitaires et même politiques. Il est également normal que la Révolution syrienne refuse la remise des 3 "déserteurs" aux autorités syriennes. Personnellement, je n'aurai pas conseillé à Michel Sleiman de remettre ces 3 soldats aux autorités syriennes. Mais de là à sauter sur l'occasion pour brandir la menace de poursuivre le président libanais devant la CPI pour complicité de meurtre (des soldats et du peuple syriens… ils n'y vont pas avec le dos de la cuillère!), reflète un certain amateurisme et une arrogance qui déçoivent énormément... au moins de la part des personnes qui ont rédigé cette déclaration!

Encore une fois, un changement de régime en Syrie, inévitable pour l'Histoire, est une occasion en or d'établir des relations "normales" entre le Liban et la Syrie. Le changement de régime en Syrie est une question de temps. Hélas, Bachar El-Assad a encore de beaux jours devant lui! Désolé, nous ne sommes pour rien! Je suis de ceux qui pensent que la normalisation avec le peuple syrien, devrait commencer dès aujourd'hui. Toutes les initiatives qui contribuent à paver la voie dans ce sens sont évidemment les bienvenues. Des positions comme celles de Samir Geagea ou des 140 personnalités et d'authentiques lettres comme celle de l'activiste syrien en font parties. Par contre, les menaces de la Révolution syrienne, qui constituent une offense envers le président de la République et une atteinte à la souveraineté libanaise, ne sont pas les bienvenues car elles ne feront que raviver les mauvais souvenirs du peuple libanais.

Nous, citoyens des 2 côtés de l'Anti-Liban, devons impérativement saisir les bonnes occasions pour rapprocher les 2 peuples car le facteur de l'Histoire ne sonne pas toujours deux fois! Par ses menaces la Révolution syrienne ne nous facilite pas la tâche.

Certes, ça ne sera ni évident ni facile! D'autant plus que nous n'allons pas effacer l'ardoise des doléances et renvoyer les différends entre les 2 pays aux calendes grecques! Voilà pourquoi dans l'article "Lettre du 'frère' Liban à la 'sœur' Syrie", j'ai demandé aux candidats potentiels pour le nouveau régime en Syrie –donc à la Révolution syrienne entre autres- de se prononcer dès aujourd'hui sur tous les points litigieux entre le Liban et la Syrie. Qu'importe si nous sommes dans une relation de famille, de couple ou de voisinage, nous avons 375 km de frontière commune et cela est suffisant pour se pencher sérieusement sur les problèmes en suspens.

Faute de bonne volonté et de coopération sincère de la part du régime des Assad, la liste des problèmes en suspens s'est allongée au fil des années:
- le tracé des frontières encore et toujours… pour l'instant, remercions Google Earth de l'avoir effectué!
- le sort des libanais disparus ou détenus en Syrie;
- les poursuites judiciaires syriennes bidon contre une trentaine de personnalités libanaises;
- le devenir des suspects syriens qui pourraient être poursuivis par le Tribunal Spécial pour le Liban;
- les excuses pour ce que la dictature syrienne a fait subir au peuple libanais au nom de la République arabe syrienne;
- la dissolution du Haut-Conseil syro-libanais;
- la révision de la centaine d'accords bilatéraux signés du temps de l'occupation syrienne;
- la coupure du cordon ombilical qui relie encore certaines fractions libanaises à certaines fractions syriennes;
- l'ingérence encore et toujours de la Syrie dans les affaires politiques du Liban.

En tout cas, c'est aux journalistes, libanais et syriens, arabes et occidentaux, qu'il incombe d'interpeller les leaders de l'opposition syrienne sur ces points litigieux. Marcel Ghanem a raté une belle occasion dans ce sens (le 12 mai 2011). Les 140 personnalités, peut être aussi! Il est plus qu'évident, cela va dans l'intérêt des 2 pays et surtout des 2 peuples! L'avenir des relations entre le Liban et la Syrie dépend des attitudes des uns et des autres dès à présent. La Révolution syrienne doit se prononcer clairement sur les points litigieux entre le Liban et la Syrie. Le peuple libanais est tout ouïe. Avis aux intéressés!

Réf.

Lettre du "frère" Liban à la "sœur" Syrie
par Bakhos Baalbaki, vendredi 22 avril 2011

من مواطن سوري الى سمير جعجع ... مع التحية 
أسامة أدور موسى – كاتب صحافي وناشط حقوقي سوري – 15 ايار 2011

بيانان من الثورة السورية
وردنا من مصدر مقرب من مكتب رئاسة الجمهورية اللبنانية ، بأن العماد ميشيل سليمان بصدد التوقيع على قرار يقضي بتسليم الجنود السوريين الثلاثة الذين لجئوا الى الاراضي اللبنانية هربا من أحداث تلكلخ يوم أمس للسلطات السورية مما يعني حكماً بالإعدام عليهم
لذلك فإننا نحمل السلطات اللبنانية كامل المسؤولية الاخلاقية و القانونية عن مثل هذا العمل و كذلك عن سلامة أي لاجئ اليها من المواطنين السوريين اللذين احتموا بها هربا من المجازر و الإجرام الغير مسبوق الذي تقوم به السلطات السورية
و نناشد جميع المنظمات الحقوقية و الإنسانية في العالم الضغط على الحكومة اللبنانية بعدم تسليم اي مواطن سوري للسلطات السورية لما يشكل ذلك من خطر حقيقي على حياتهم
ستقوم المعارضة السورية بتقديم شكوى ضده رسميا امام محكمة الجنايات الدولية للمساهمة في قتل الجنود والشعب السوري

samedi 7 mai 2011

La Révolution du Cèdre 2.0 demande la mise en œuvre de Communication 2.0 (Art.13)


A l'occasion du 3e anniversaire de l'invasion de Beyrouth et du Mont-Liban par les milices du 8 Mars.

Quelques jours après le lancement de la Révolution du Cèdre 2.0, qui s'est fixée comme objectif le rétablissement de la souveraineté au Liban, Cheikh Naïm Qassem, qui est de loin le meilleur de tous parmi les leaders du 8 Mars, est apparu pour expliquer au peuple libanais que rien de ce qui s'est déroulé le 13 mars 2011 ne justifiait un quelconque commentaire. 

Certes, il s'agit d'une fausse assurance mais il faut reconnaître que pour bien fonctionner, la Révolution du Cèdre 2.0 demande la mise en œuvre de Communication 2.0, par toutes les composantes du 14 Mars, dirigeants, médias et sympathisants, dont les principales caractéristiques sont:

- Ce n'est plus un vague "non aux armes" que nous devons crier matin midi et soir, sous-entendant celles du Hezbollah, mais un clair "non aux armes du Hezbollah"!

- On ne devrait plus préciser qu'il existe d'un côté les armes de la "Résistance" et de l'autre côté les armes du Hezbollah. Ce n'est pas à nous de prouver cette donne mais au Hezbollah de se démener nuit et jour pour convaincre les gens qu'il en est ainsi.

- Dans le même sens, par pitié ne parlons plus des armes dirigées contre les poitrines des paisibles libanais et des armes dirigées contre l'ennemi israélien. A partir du moment où les porteurs de ces armes sont les mêmes, cette distinction est sans aucune importance. Mieux vaut désormais s'abstenir d'y faire référence.

- Le Hezbollah était une milice, et il l'est toujours! Mais que faut-il de plus que les 2 ans et demi de guerre à Beyrouth et au Sud-Liban contre la milice Amal (1988-1990 / un millier de morts) et l'invasion de Beyrouth et du Mont-Liban (mai 2008 / une centaine de morts)! Même Mohammad Jawad Khalifé l'a admis dans une note de Wikileaks alors que certains 14 Marsiens n'osent même pas prononcer le mot encore!

- Nous n'avons pas à justifier pourquoi le slogan "Le Liban en premier" est juste mais c'est aux forces du 8 Mars de tenter de montrer le contraire.

- De grâce, arrêtons aussi de montrer sans cesse des signes de faiblesse. NON nous n'allons pas examiner l'acte d'accusation pour vérifier je-ne-sais-quoi pour je-ne-sais-quelle-raison. Il faut le dire haut et fort, notre confiance dans le TSL (Tribunal Spécial pour le Liban), la plus haute juridiction internationale, est absolue. C'est encore aux accusés de se débrouiller seuls face à leurs juges et à leurs accusations. Nous n'avons pas à les accompagner et leur assurer un soutien psychologique!

- Osons affirmer haut et fort que OUI nous souhaitons désarmer le Hezbollah, pas seulement parce que les Accords de Taëf et les résolutions 1559 et 1701 l'exigent, pas seulement parce que le Hezbollah utilise sa puissance militaire à tort et à travers depuis sa création, mais surtout parce qu'au Liban il y a désormais un ETAT avec des institutions officielles! Quand aurions-nous au Liban ce magnifique coup de gueule du négociateur palestinien en chef Saëb Erakat suite aux magouilles médiatiques d'Al-Jazeera?

- Enfin, il est peut être temps d'arrêter d'envoyer des fleurs à nos adversaires et de contribuer involontairement au "culte démesuré" du Hezbollah: ces éloges gratuits à sa gloire! Les combattants du parti de Dieu n'ont pas été plus courageux –certes, ils l'étaient, mais pas plus!- que ceux des Kataeb au Holiday Inn en 1975 ou à Zahlé en 1981, que Moussa El-Sadre chez Kadhafi en 1978, que ceux de la gauche libanaise face à Tsahal en juin 1982 et Kamel El-Assaad au parlement libanais en août 1982, que ceux des Forces libanaises à Bhamdoun et à Souk El-Gharb en septembre 1983. Non et 10 fois non, pas plus courageux que les soldats de la 8e brigade sur le front de Souk El-Gharb de 1983 à 1989 et sûrement pas plus que les braves soldats de l'armée libanaise le 13 octobre 1990 face à l'armée syrienne. Non et 100 non, pas plus courageux que Samir Geagea en 1994, pas plus que le Patriarche Sfeir en 2000, pas plus que Rafic Hariri en 2004, pas plus que Sayyed Ali El-Amine ou Fouad Siniora en 2006, pas plus que le soldat "inconnu" de Nahr El-Bared en 2007, pas plus que le citoyen "inconnu" de Beyrouth et du Liban lors de l'invasion des milices du 8 Mars en 2008, pas plus qu'Ahmad El-Assaad la veille des élections en mai 2009 et pas plus que Saad Hariri lors de la visite de Bachar El-Assad en décembre 2009. Non et 1 000 fois non, pas plus courageux que la population libanaise face au régime sécuritaire syro-libanais du 13 octobre 1990 au 26 avril 2005. Non et 10 000 fois non, pas plus courageux que le peuple libanais à l'aube du 14 mars 2005 face aux 25 000 soldats syriens d'occupation. Non et 100 000 fois non, pas plus que Kamal Joumblatt, Bachir Gemayel, Hassan Khaled, Ramzi Irani, Marwan Hamadé, Samir Kassir, Gibran Tuéni, May Chidiac, Pierre Gemayel, Wissam Eid et Samer Hanna, pour ne citer que quelques uns de nos courageux martyrs.

Arrêtons donc ces précautions toujours en usage au moment où le Hezbollah vient de déclencher une offensive de grande envergure pour le contrôle de l'Etat libanais en douceur! Sortons de cette torpeur dans laquelle nous sommes plongés depuis le 14 mars 2011. L'attente passive n'a jamais constitué un bon plan d'action. Si nous voulons que la Révolution du Cèdre 2.0 réussisse, celle-ci exige -au moins!- une nouvelle politique médiatique: Communication 2.0. Nous devons redescendre le Hezbollah de ce piédestal où on l'a posé alors que d'emblée, on n'aurait pas dû l'installer! Nous ne sommes motivés ni par la haine, ni par la vengeance, nous souhaitons simplement vivre dans un Etat normal, comme tous les pays du monde!

mardi 26 avril 2011


Nahr el-Kalb (Liban) : de Nabuchodonosor à Bachar el-Assad (Art.10) نهر الكلب : من نبوخذ نصَّر الى بشار الاسد



بعد اغتيال الرئيس رفيق الحريري
في ١٤ شباط ٢٠٠٥
وتطبيقاً لقرار مجلس الامن ١٥٥٩ من سنة ٢٠٠٤
ولاتفاق الطائف لسنة ١٩٨٩
وانحنائاً لارادة شعب تجلت في ١٤ آذار ٢٠٠٥
بما عُرِفَ بثورة الارز
تم جلاء الجيش السوري عن لبنان
في ٢٦ نيسان ٢٠٠٥
بعد ٢٩ سنة من دخوله الاراضي اللبنانية

ملحق

على اللبنانيين،  على صعيد الشعب والصحافة والسياسيين، من كل الطوائف ومهما كانت ميولهم السياسية، العمل لوضع لوحة تذكارية في منطقة نهر الكلب (كسروان) عن هذا الحدث الكبير. يمكن اختيار نص لا يثير الجدل، يعبِّر عن نضالنا من اجل الاستقلال الثاني ووفائنا لدم كل من سقط لتحقيق هذا الجلاء. ليس للثأر ولنكء الجراح بل فقط لانه هذا هو تاريخنا ونحن نفتخر به وهذا هو تاريخ لبناننا وينبغي أن يكون جزءا من ذاكرة العالم


Campagne pour l’installation d’une stèle commémorant le retrait des troupes syriennes du Liban à Nahr el-Kalb au Kesrouan.

« Après l'assassinat de l'ancien Premier ministre
Rafic Hariri, le 14 Février 2005,
Conformément à la résolution 1559
du Conseil de sécurité de 2004,
Et l'Accord de Taëf de 1989,
Se pliant à la volonté d’un peuple
qui s’est reflétée le 14 mars 2005,
Dans ce qui sera connu ultérieurement 
par la révolution du Cèdre,
L'évacuation de l'armée syrienne du Liban
a eu lieu le 26 Avril 2005,
Après 29 ans de leur entrée sur le territoire libanais. »

Nota Bene

Il revient aux Libanais, peuple, médias et politiciens, toutes appartenances communautaires et tendances politiques confondues, d’œuvrer pour l’installation d’une stèle commémorant ce grand événement à Nahr el-Kalb (Kesrouan). Il serait possible de sélectionner un texte qui ne suscite de polémique, qui exprime notre lutte pour la seconde indépendance et notre fidélité pour le sang de tous ceux qui sont tombés pour rendre cette évacuation possible. Ce n’est ni pour nous venger, ni pour remuer le couteau dans la plaie, mais seulement parce que c'est notre histoire et nous en sommes fiers, c'est l'histoire de notre Liban et elle devrait faire partie de la Mémoire du monde.

lundi 11 avril 2011

Faut-il exclure Walid Joumblatt de l'Internationale Socialiste? Suite n°1 (Art.8)


Vu que Walid Joumblatt était responsable de la chute du gouvernement, qui nous conduit aujourd'hui à opter pour le "Liban de l'Etat et de la démocratie" par rapport au "Liban du Hezbollah et de l'intimidation".

Et puisqu'il était le vecteur des attaques dirigées actuellement contre le Tribunal Spécial pour le Liban (TSL), qui nous incitent à adopter le "Liban de la justice" plutôt que le "Liban de l'impunité".

Et parce qu'il était à l'origine des menaces qui pèsent désormais sur l'avenir du Liban, qui nous amènent à choisir le "Liban de la communauté internationale" de préférence au "Liban de la Syrie et de l'Iran".

Nous avons engagé au mois de février une action auprès de l'Internationale Socialiste (IS)*, du groupe socialiste du Parlement européen et des groupes socialistes des Parlements français, belge et hollandais, pour dénoncer la position de Walid Joumblatt sur le TSL et souligner son incompatibilité avec les valeurs socialistes!

Et voilà qu'après la visite de l'ancien Premier ministre socialiste Laurent Fabius au Liban la semaine dernière, Walid Joumblatt se voit obliger de se rendre en France. Pourra-t-il justifier encore longtemps devant ses interlocuteurs socialistes européens, l'incompatibilité de sa position concernant le TSL avec la Charte éthique de l'IS? En d'autres termes, est-ce que la position de Walid Joumblatt sur le TSL, va-t-elle lui coûter son adhésion à l'IS, comme ce fût le cas pour les partis de Ben Ali et de Moubarak (pour d'autres motifs bien entendu)?

Affaire à suivre!

* Organisation basée à Londres, qui regroupe tous les partis socialistes du monde y compris le Parti Socialiste Progressiste (PSP) de Walid Joumblatt

Nota Bene

Le Hezbollah n'aurait jamais fait tomber le gouvernement Hariri, et marquer la rupture entre les 2 camps, s'il n'était pas sûr d'avance que Walid Joumblatt se mettrait de son côté. Il n'y avait donc pas de suspens le jour des consultations parlementaires! Et la nuit des chemises noires n'était qu'une mise en scène théâtrale pour permettre au chef du PSP de justifier sa nomination du candidat du Hezbollah par la "pression". Alors qu'en réalité, Walid Joumblatt a changé de camp par opportunisme et non par peur. Il a compris qu'il pouvait monnayer ça cher dans le camp du 8 Mars. Le vote massif hier des ingénieurs du PSP à Beyrouth en faveur du candidat du 8 Mars (> 95%) est une preuve flagrante parmi d'autres. Il n'a jamais supporté l'harmonie entre Saad Hariri et Samir Geagea, et la place grandissante de Geagea au sein de la communauté sunnite. En somme, il a fait pencher la balance du côté du 8 Mars, il est à l'origine de notre malaise aujourd'hui et 14 Mars fait toujours semblant comme si de rien n'était!

mercredi 6 avril 2011

A propos de la liaison entre le peuple libanais et le Hezbollah: dès le départ, c'était un mariage forcé ! (Art.7)


Commençons par le commencement, là où nous aurions dû tourner à gauche et nous ne l'avons pas fait!

Au moment de l'entrée en vigueur de l'accord de Taëf, en septembre 1990, et la fuite du général Aoun juste après, le Hezbollah menait une guerre intérieure fratricide contre la milice Amal de Nabih Berri, qui souhaitait à l'époque le désarmer. Et oui, les temps changent! Cette longue guerre qui avait commencé en avril 1988, au Sud-Liban puis s'est étendue à Beyrouth avant de revenir au Sud, n'a pris fin qu'en novembre 1990, sous la pression conjointe de l'Iran et de la Syrie. La population chiite, comme la population chrétienne, a donc payé elle aussi un prix élevé des guerres fratricides: plusieurs centaines de morts et des milliers de personnes blessées. Ainsi à la fin de l'année 1990, rien ne distinguait le Hezbollah des autres milices, pas même son auto-proclamation d'être une "résistance", car celle-ci  était aussi bien "libanaise" pour les Forces libanaises & les Kataeb, que "nationale" pour les partis de gauche (Georges Haoui, Walid Joumblatt, Nabih Berri…) et "islamique" pour le Hezbollah. En tout cas, quand on a commencé à parler de l'application de l'accord de Taëf et du désarmement des milices entre 1990-1991, cela n'excluait pas le Hezbollah qui répondait parfaitement aux critères! Mais, l'occupant syrien en a décidé autrement. Toujours est-il, qu'après la dissolution des autres milices libanaises, Elias Hraoui et Rafic Hariri, ont lancé une nouvelle tentative timide pour évoquer les armes du Hezbollah entre 1993-1994 (Farès Bouaiz a essayé d'introduire à l'époque ce qu'il a appellé une "harmonisation" entre le Hezbollah et l'Etat), mais le régime sécuritaire syro-libanais leur a vite fait comprendre que le sujet était hors du débat politique. Sur ce point, les temps ne changent pas!


17 ans après, il résulte de ce petit exposé, que le mariage de cette milice armée avec le peuple libanais peut aujourd'hui être qualifié de "mariage forcé". Il n'aurait pas pu avoir lieu que sous la menace du tuteur syrien de la mariée et à cause de la faiblesse de celle-ci (notamment du camp chrétien suite aux guerres de Michel Aoun). Etant un "mariage forcé" dès le départ, il est assurément nulle, maintenant que le peuple libanais s'est émancipé. Et on peut considérer que tout ce qui a été construit entre 1990 et 2011 autour de cette "résistance", notamment la trinité du peuple/armée/Hezbollah, est issu d'un viol, fruit d'une relation sans consentement mutuel libre, obtenu par la force. Il est donc nul et non avenu.