mercredi 29 août 2018

Faut-il voter une loi qui interdit à Gebrane Bassil tout ministère public et d'inscrire dans la Constitution l'impossibilité de l'élire comme présidence de la République? (Art.555)


Enfin, quelqu'un dit tout haut, ce que beaucoup pensent tout bas. Et puisque la question est posée, essayons d'apporter une réponse sérieuse et argumentée. 



 1  Titre provocateur, mais n'est-il pas légitime après tout ce qu'il a fait? 


Comment en est-on arrivé là? Où ça? A se poser ce genre de question farfelue, dans une démocratie pardi! Titre provocateur, j'en conviens, mais légitime après la dislocation de l'accord de Meerab, une aberration originelle dont certains viennent juste d'en faire le constat. Pourquoi la réconciliation entre Michel Aoun et Samir Geagea devait comporter un volet secret? Pourquoi ce volet secret n'a été révélé aux citoyens libanais en général et aux électeurs des deux partis en particulier que deux ans et demi plus tard? Pourquoi le partage du pouvoir qu'il prévoit impliquait un tiers? Trois questions qui nous conduisent au cœur du problème: fallait-il faire confiance à Gebrane Bassil?

Gebrane Bassil a promis la lune aux Libanais. A maintes reprises me diriez-vous. Comme le courant électrique 24h/24 pour la fin de l'année 2014, via la fameuse campagne d'affichage « Leban-on-off » de 2011, réalisée par l'agence de com' de sa femme (la fille de Michel Aoun) et payée par les contribuables svp. Zappons quand même, j'ai déjà consacré un long article sur le sujet, un réquisitoire accablant pour Gebrane Bassil. Je vous propose dans le présent un autre retour spécial vers le futur.


 2  « Rêve d'une nation » : une BD signée Gebrane Bassil


Flash-back. Nous sommes en l'an de grâce 2013. C'est l'année des échéances et de tous les espoirs, une période propice aux promesses et au « charlatanisme » comme disait l'écrivain français Ernest Renan. Des élections législatives doivent avoir lieu avant le 20 juin 2013 et des élections présidentielles avant le 25 mai 2014. Le gendre, Gebrane Bassil, bataille depuis un moment pour être député, après deux échecs successifs (2005 et 2009). Le beau-père, Michel Aoun, guerroie depuis un bail pour devenir président, après une longue histoire marquée par deux guerres successives, un exil, des alliances contre-nature et deux échecs également (1988 et 2007). Il faut frapper les esprits. C'est dans ce contexte que « Le rêve d'une nation » est né. Il est passé complètement inaperçu à l'époque. Et pourtant, il est très intéressant de revenir dessus aujourd'hui en 2018, avec un recul de cinq ans.

 3  Le point en 2018 sur ce que Gebrane Bassil a promis en 2013 pour l'année 2020


Rêves ou promesses, on ne va pas jouer sur les mots, pour l'opération com' de 2013, le ministre de l'Energie et de l'Eau avait opté pour la bande dessinée. C'était sans doute plus adapté que les affiches 4x3, où l'on risque d'être poursuivi pour publicité mensongère. Gebrane Bassil a beau se mettre en scène sous un beau jour et se présenter comme un homme moderne, le résultat global est très kitch. Pour ceux qui ont raté le lancement, « 7elm watan » peut être classée entre la caricature et le roman-photo.

A Nation's Dreamحلم وطن 
Reportage complaisant de la LBCI, datant de 2013. Pas de critique du document ! Le journaliste, Bassam Abou Zaïd, se contente de décrire la BD de Gebrane Bassil, la trouvant au passage "amusante" (moumti3at) et va jusqu'à émettre le souhait de la voir adapter en un "dessin animé" pour que tout le monde puisse en profiter. 

« Le rêve d'une nation » raconte l'histoire fictive d'un Gebrane Bassil lifté par le-la dessinateur-trice, qui montre à son fils le Liban de 2020. Les dessins sont sous-titrés en arabe et en anglais. D'entrée en matière, deux belles erreurs. Dans un pays où plus de la moitié de la population est de sexe féminin, la moindre des choses était d'emmener sa fille Yara en voyage, plutôt que son fils, pour avoir un générique équilibré. Et puis, dans un pays de tradition francophone, la moindre des choses également était d'accompagner l'anglais par le français! Pour le reste, rien ne vaut les détails, pour comprendre à quel point « les promesses n'engagent que ceux qui les croient ». Attachez vos ceintures, pour ne pas être bousculés, et mettez vos lunettes noires, pour éviter l'éblouissement, c'est parti.

 4  En 2020, le train sera le meilleur moyen de transport des Libanais


Le rêve de Bassil commence à Batroun, où père et fils prennent « le train qui est devenu le meilleur moyen de transport » des Libanais. Si si, le train, vous savez c'est cet ensemble de wagons tractés par une locomotrice qui circule sur des rails, que les Libanais ne voient plus depuis belle lurette, à part dans les films et à l'étranger. Des trains alors que ce qui reste des 408 km du chemin de fer libanais construit aux époques ottomane et française, est enseveli par le bitume ou volé, pour être vendu, et qu'on est toujours pas foutu en 2018 de bien distinguer les taxis du reste du parc automobile.


 5  En 2020, les plages seront toutes publiques et les infractions impossibles


Dans les rêves de Bassil, toutes « les plages du Liban » ont été nationalisées et « les infractions à la loi du littoral sont devenues impossibles ». Heik khabet lazé2, un littoral rendu au peuple libanais comme on l'a constaté le 25 juin 2018 précisément, avec la pendaison de la crémaillère des hôtes du Lancaster Eden Bay à Ramlet el-Baïda, un complexe hôtelier érigé en un temps record sur une des plus belles plages de la côte orientale de la Méditerranée, malgré une invalidation du permis de construire par le Conseil d'Etat, malgré l'absence de permis d'exploitation, malgré plusieurs demandes judiciaires pour l'arrêt immédiat des travaux et malgré de nombreuses violations.

Non seulement, il n'y a eu ni arrêt des travaux ni démolition de cette laideur environnementale, mais l'inauguration a eu lieu en grande pompe, au nez et à la barbe de tous les hauts responsables et représentants de l'Etat libanais, du gouverneur de Beyrouth Ziad Chbib au ministre de l'Intérieur Nouhad Machnouk, en passant par le ministre chargé de la Lutte contre la corruption, Nicolas Tuéni. Santé à tous.

 6  En 2020, le Liban fournira de l'eau à Chypre


Dans les rêves de Bassil, « le barrage de Jannet est devenu une importante destination touristique, qui fournit de l'eau potable aux Libanais et aux Chypriotes » svp.

C'est c'là Gebrane, de l'eau partout, à tous les étages et toute l'année, que nous exporterons à Chypre et même aux pays arabes, alors qu'il n'y a aucun projet national pour limiter le gaspillage hallucinant de l'or bleu au Liban : fuites, consommation à outrance, population peu regardante, agriculteurs déconnectés de la réalité, caprices (pelouses et piscines en Orient!), obsessions diverses (faire tourner les machines à laver cinq fois par jour, rincer les terrasses tous jours, etc.), et j'en passe et des meilleures. Gebrane Bassil ose balancer le chiffre de « 55 barrages construits » au Liban en 2020. Non seulement, nous sommes très très très loin du compte, mais certains de ces barrages sont construits dans des zones sismiques, ce qui a été fortement déconseillé par les experts.

Dans le secteur de l'eau, tout est fait en dépit du bon sens là aussi. Comment peut-on imaginer subvenir aux besoins de 6,5 millions d'habitants actuellement (réfugiés syriens compris), dans une contrée où il ne pleut pratiquement pas entre mai et septembre, menacée durement par le réchauffement climatique, sans limiter la consommation, le gaspillage et le vol? Impossible. Si on ne le fait pas, ce n'est pas 55 barrages qu'il nous faudra mais 155.

 7  En 2020, la décharge de Borj Hammoud deviendra un parc d'attraction possédant un port de plaisance


En parcourant les rêves du ministre de l'Energie et de l'Eau de l'époque, on découvre qu'en 2020, « les oiseaux » pullulent autour de l'usine électrique de Zouk, alors que c'est le génocide toute l'année comme en témoignent les photos lugubres des chasseurs en herbe publiées régulièrement sur les réseaux sociaux (j'ai cru apercevoir des cigognes nichant en haut des cheminées, qui crachaient de la fumée noire il y a peu de temps!), les habitants de cette région hautement polluée du Kesrouane sont en « meilleure santé maintenant » puisque « les émissions polluantes ont diminué de 90% », un « pipeline de gaz » longe le littoral et « la décharge de Borj Hammoud a été réhabilitée pour devenir un port touristique et un parc d'attraction ». Ya yésou3 el malek dakhil esmak! Peut-être que Gebrane Bassil n'est pas au courant, mais aux dernières nouvelles, trois ans après la crise des déchets, les rois des poubelles, avec la complicité des (ir)responsables libanais, voudraient installer à Beyrouth justement, un incinérateur d'ordures ménagères, pour produire à la fois de l'électricité et de nouveaux cancers.

 8  En 2020, les Beyrouthins posséderont enfin leur métro et Fatmagul Sultan n'y sera plus depuis longtemps


D'après les rêves de Gebrane, Beyrouth, ses alentours et son large, dispose d'une superbe « station d'épuration pour la capitale et le Metn », d'une grande « plateforme gazière », d'une « centrale solaire photovoltaïque de 7 km qui fournit de l'électricité à 10 000 foyers » au-dessus du fleuve de la ville et surtout des lignes de « métro », dont une station installée non loin de l'ancienne décharge. Cerise sur le gâteau, « (la centrale électrique flottante) Fatmagül est partie il y a longtemps, après l'achèvement de sa mission ». La 7awla wala qouwata ella bellah. Non seulement Fatmagul Sultan est toujours au large des côtes libanaises, depuis février 2013, mais pour ne pas la laisser seule, l'ex-conseiller de Gebrane Bassil, Cesar Abi Khalil, ministre de l'Energie et de l'Eau depuis 2016 (CPL), a décidé de louer deux autres navires-générateurs, Orhan Bey et Esra Sultan. Le fioul est facturé à l'Etat libanais à un prix élevé et le contrat court jusqu'en 2021 pour certains navires. Tout ce cirque coûte aux contribuables libanais, enfin à la dette publique de l'Etat libanais, près de 850 millions de dollars par an!


Quant à la construction de centrales électriques sur le sol libanais pour le compte d'EDL, c'est la même chanson depuis la fin de la guerre civile, « work in progress ». Wou ntorr ya kdich ta yénboutt el 7achich. Le 'kdich' est celui ou celle qui croit encore ces partis politiques qui contrôlent ce ministère vache à lait depuis 1990 (CPL, Hezbollah, Tachnag, Amal, Hobeika, etc.), qu'ils lui assureront de son vivant l'électricité 24h/24. Malgré la facture globale exorbitante du secteur électrique au Liban, près de 5 milliards de dollars par an (production libanaise d'EDL, production des centrales flottantes turques vendue à EDL et production des générateurs privés libanais), la situation électrique des Libanais est l'une des plus archaïques au monde. Et cela dure depuis trente ans. Cherchez l'erreur.

Dans le secteur électrique, la chasse-gardée du CPL et de ses alliés depuis 10 ans (où Gebrane Bassil a passé plus de 4 ans), les Libanais doivent se contenter de la location hors de prix de centrales flottantes, de la prochaine installation de compteurs sur l'alimentation électrique privée (après trente ans de pratiques sauvages des rapaces des moteurs), de poulets produits par « Le poulailler d'EDL » et des tours de passe-passe  temporaires ou permanents pour faire croire que tout va très bien Madame la Marquise (ex. donner au Kesrouane au cours de l'été l'électricité qui est destinée à Tyr et à Saïda ou priver la Békaa et le Hermel du courant électrique toute l'année afin de nourrir Beyrouth!).

 9  Des rêves et des promesses en l'air qui n'empêchent pas Gebrane Bassil de continuer sa carrière comme si de rien n'était, cherchez l'erreur


L'ironie de toute cette histoire, c'est que nous n'avions rien de tout cela en 2013, nous n'avons rien de tout cela en 2018 et nous n'aurons rien de tout cela en 2020. Il est là le génie méconnu de cet homme. Il réside dans une faculté extraordinaire de transformer la réalité en chimères, comme lorsqu'il promet en 2011 l'électricité 24h/24 pour 2015, et une capacité inouïe de faire passer les chimères pour la réalité, comme lorsqu'il promet en 2013 un métro à Beyrouth pour 2020. Et comme si de rien n'était, Gebrane Bassil continue sa carrière politique parce que l'amnésie des citoyens libanais est un formidable processus qui permet d'amnistier les politiques au Liban. Que demande le peuple de plus !

Dans cette BD qui baigne dans le grotesque et le ridicule, on apprend à la fin que le fiston a été « privé de son papa durant ces longues années (2013-2020) », et pour cause, Gebrane Bassil était justement très occupé à mettre en œuvre tous ces projets, avec « de nombreux citoyens » (et non de responsables politiques, nuance, sous-entendant qu'il est le seul dirigeant qui travaille pour le Liban et les Libanais), et « une profonde fierté », afin de « faire du Liban un pays stable et prospère ». Et s'il n'a qu'un conseil à transmettre au petit, c'est de lui rappeler que la vie est basée sur « la foi et les actes ». Mais bordel de quels acte, foi, prospérité et stabilité il parle? Ya 2ard ncha2é wou bla3iné... aw bla3i!

N'allez surtout pas croire que depuis 2013, Gebrane Bassil a mûri et il est maintenant gêné par toutes ses promesses farfelues non tenues. Non, hélas! Il y a quelques mois seulement, il a encore fait des affiches publicitaires mensongères 4x3 sous le slogan bidon « aqwalouna af3al » (« nos dires sont des actes », campagne électorale pour les législatives de mai 2018), et il a encore parlé de « ramener le train et le métro à Beyrouth » (janvier 2018). Le comble, c'est que certains naïfs l'ont cru et l'ont élu, et des militants CPL le défendent bec et ongles!



 10  Gebrane Bassil dans « Rêve d'une nation » ou l'insoutenable légèreté de l'être


Ce qui frappe dans les rêves illustrés et non illustrés de Gebrane Bassil, à part le populisme qu'ils dégagent, ce sont deux éléments : l'absence du moindre chiffrage sur le coût de ces projets pharaoniques et l'absence de toute référence à la dette publique abyssale du Liban! Je vous laisse imaginer le coût d'un métro à Beyrouth, sans parler de sa faisabilité! Quant à la dette publique, Gebrane Bassil a oublié de dire à son fils, qu'en 2020, notre dette aura franchi le cap des 100 milliards de dollars et peut être les 200% de notre PIB. Que faut-il de plus pour prouver ce grand amateurisme dans la gestion des affaires publiques? Un trait partagé par d'autres éminences de la classe politique libanaise, bien évidemment.

Personne n'a jamais su ni pourquoi ni de quel droit Gebrane Bassil avait produit « 7elm watan » en 2013. Dans quelle contrée de ce monde, un ministre d'un gouvernement démissionnaire censé expédier les affaires courantes (après la démission de Najib Mikati en mars 2013), dépense l'argent public pour annoncer aux citoyens ce qu'il a l'intention de faire, ne fait pas ce qu'il a promis (avec cinq ans de recul), est élu en grande pompe et prend part activement depuis quatre mois au blocage dans la formation du gouvernement pour des raisons bassement politiciennes? Nulle part, à l'exception de certains pays sous-développés.

 11  Gebrane Bassil : homme providentiel, ministre prodige ou Don Quichotte de la République libanaise ? 


Cinq ans sont passés. Aucun objectif fixé par Gebrane Bassil en 2013 n'a été réalisé à ce jour. Et pourtant, c'est pour 2020. Pour être juste, il faut avouer qu'il y a bel et bien un objectif qui a été atteint. Il ne figure pas dans la BD, mais dans un tweet passé inaperçu, aimé par une malheureuse personne!, publié quelques jours après la sortie officielle de cette BD éditée au frais de la princesse, l'Etat libanais. « 'Le rêve d'une nation' est une vision positive de notre bien-aimé pays, qui ne se réalisera que lorsque nous déciderons de nous débarrasser de notre négativité. » C'était donc annoncé d'avance qu'il n'allait pas tenir ses promesses et réaliser ce rêve. Objectif atteint! C'est plus qu'une pirouette, c'est de l'illusionnisme, c'est même de la haute voltige. En fait, Gebrane Bassil fait croire que si ça ne tenait qu'à lui, il aurait fait tout cela, pas les autres, mais c'est notre négativité bande d'ingrats qui l'en empêche !


Ainsi, ce qui nous empêche de réaliser tous ces rêves, ce n'est ni la volonté politique ni les pieds sur terre. Non, pas du tout! Pas la hausse vertigineuse de notre dette abyssale, pas le gaspillage de l'argent public, pas la corruption endémique, pas le vol massif du courant électrique, pas la dilapidation effarante de l'or bleu, pas les fromagistes qui se disputent leur part, pas une démocratie bananière, pas le sabotage de la République, et j'en passe et des meilleures. Non, rien de tout cela, c'est « notre négativité » qui empêche ce ministre prodige et providentiel d'avoir un train qui relie Tripoli à Tyr, et le métro et un port de plaisance près de la décharge de Bourj Hammoud. Je rappelle à celles et ceux qui faisaient le tour du monde à cloche-pied ces treize dernières années que le Bloc parlementaire formé par le Courant patriotique libre, le parti politique de Gebrane Bassil de Michel Aoun, a possédé jusqu'à 1/5 du Parlement et 1/3 du gouvernement (à certaines périodes) et a gouverné le Liban seul avec ses alliés un moment (2011-2014), et que Gebrane Bassil lui-même est dans tous les gouvernements depuis 10 ans (Affaires étrangères, Energie et Eau, et Télécoms).

Il y a plus de cinq ans, c'était donc le « Rêve d'une nation » soi-disant pour 2020. Il lui reste moins de deux ans pour y parvenir. Pas pour décrocher le satellite de la Terre, vous pensez bien ! Un marche-pied, bien caché derrière une tribune, peut faire gagner de précieux centimètres pour tromper un petit auditoire, mais pas de prendre de la hauteur et impressionner un peuple tout entier. Pas plus qu'une BD. Cher-e-s compatriotes nous devons nous rendre à l'évidence, il faut envisager sérieusement de faire voter une loi qui interdit à Gebrane Bassil d'être ministre d'Etat et d'inscrire dans la Constitution l'impossibilité de l'élire comme président de République. Bon, soyons honnêtes, ça ne va absolument pas résoudre nos problèmes, mais un problème en moins, c'est déjà ça de gagner.

Je termine cet article sur Gebrane Bassil comme j'ai commencé le dernier article sur Gebrane Bassil, avec beaucoup de sincérité. Gebrane Bassil n'est pas pire que d'autres hommes politiques au Liban. Son problème c'est qu'il se croit non seulement mieux que les autres, mais qu'il est le meilleur de tous, alors qu'il est le champion du lâcher d'éléphants roses qui commencent à encombrer l'espace aérien libanais. Il est toujours prêt à se battre seul contre tous, et même s'il le faut, contre ces géants qui lui mettent des bâtons dans les roues, les moulins à vent. Il mérite de ce fait le titre que je lui ai décerné il y a quelques mois, Don Quichotte de la République libanaise