dimanche 8 décembre 2013

Le dernier délire de la miss de l’OLJ : « Nasrallah est soucieux d'éviter toute discorde entre sunnites et chiites » (Art.196)


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Ah, quel bonheur de constater qu’on ne milite pas pour rien ! Mes chers amis, très chers compatriotes, j’ai le plaisir de vous annoncer que Scarlett Haddad, journaliste à L’Orient-Le Jour, tient désormais compte des remarques désobligeantes du diablotin-en-chef, le dénommé Bakhos Baalbaki, ci-présent, votre dévoué écrivain. Non, je ne suis pas mégalo, pas encore, pas complètement, je suis toujours en phase d'apprentissage par rapport à d’autres. En tout cas, tenez, lisez son dernier article et constatez vous-même, cette étonnante évolution.

D’habitude la miss nous bassine systématiquement avec d’obscures tournures, du genre « une source anonyme », « une source proche d’un tel », « une source sécuritaire », « une source diplomatique », « une source bien informée », « une source qui veut garder l’anonymat », j’en passe et des meilleures, enfin que de formulations bidon, oh combien commodes, pour dire tout haut par la bouche d’une « anonymous source », tout ce qu’elle se dit elle-même tout bas, sans jamais oser l’assumer publiquement, pour ne pas apparaître comme une militante de premier rang d’une certaine couleur éclatante, ou d'une double couleur éclatante pour être précis, et pour donner un peu plus de poids à une argumentation rachitique. C’est ce qui lui a valu le titre de « miss anonymous source », un surnom que je lui ai décerné cet été pour un article vraiment historique, de mémoire moyen-orientale, où elle a eu recours à dix reprises à ces mystérieuses « sources ».

Eh bien, figurez-vous que dans son dernier article, « L’Arabie sur la sellette aux yeux du Hezbollah », il n’est nullement question de « sources anonymes ». Pas une seule fois ! La journaliste de l’OLJ a décidé manifestement de remplacer ces diverses sources par de vagues formulations généralistes du genre « les médias israéliens évoquent », « plusieurs commentateurs affirment », « ceux qui connaissent sayyed Nasrallah affirment », « les milieux proches du Hezbollah estiment », « pour ces milieux proches du Hezbollah », « mais ces milieux sont convaincus », etc. Ne soyons pas mauvaises langues, montrons-nous magnanimes en ce jour du Seigneur, prenons acte et faisons semblant qu’on n’a rien vu, ni entendu, ni lu et qu’on ne s’est même pas rendu compte de la malice de la miss.

Avant de passer à autre chose, notamment à l'incontournable toum dominical, j’aimerais vous retenir encore quelques minutes, pour vous parler d’un petit paragraphe qui m’a interpellé. Il résume parfaitement l’état d’esprit de Scarlett Haddad et lamine le peu de crédit que certains seraient tentés de donner à son « Eclairage », sa rubrique dans le principal quotidien francophone du Liban. « Ceux qui connaissent sayyed Nasrallah affirment qu'il est réellement soucieux d'éviter toute discorde entre sunnites et chiites qui serait destructrice et quasiment suicidaire. Par conséquent, il n'aurait jamais lancé de telles accusations (contre l’Arabie saoudite) s'il ne possédait pas des éléments concrets qui lui permettent de le faire. Il a donc bien pesé le pour et le contre avant d'être aussi direct. » Tach cha3er badané ya jame3a ! Wlé, wli, comment peut-on être à ce point sans scrupules et sans vergogne, et avoir le culot par-dessus le marché pour écrire une telle ânerie ? Incroyable.


Bassita, le nouveau dérapage de la miss de l'OLJ me donne l’occasion de rappeler à celle qui est manifestement frappée d’une double amnésie, par conviction et par omission, onze points essentiels qu’elle ferait bien de ne plus oublier.


1. Cinq membres de la milice chiite du Hezbollah sont accusés par la plus haute juridiction internationale, le Tribunal Spécial pour le Liban (TSL), de l’assassinat de Rafic Hariri, le plus grand leader de la communauté sunnite libanaise de tous les temps, et de 22 autres personnes. 

2. L’assassinat de Rafic Hariri est le summum de la discorde entre les sunnites et les chiites libanais.

3. Le TSL n’aurait jamais lancé de telles accusations s’il ne possédait pas des éléments concrets qui lui permettent de le faire.

4. Contrairement à ce que les forces du 8 Mars veulent faire croire, les cinq accusés du Hezbollah ne s'ennuyaient pas dans une cage d'escalier de la banlieue sud de la capitale libanaise en sirotant une bière chaude sans alcool, quand ils ont décidé, pour tuer leur ennui mortel, d'assassiner le puissant ex-Premier ministre du Liban avec une charge explosive de 1800 kg d'équivalent TNT qu'ils ont achetés en solde la veille de ce funeste lundi du 14 février 2005 à souk el-a7ad, le marché aux puces de Beyrouth. Wlak, il y a des limites à tout délire!

5. Hassan Nasrallah refuse catégoriquement, et pour cause !, de remettre les accusés au tribunal de La Haye. Ces derniers ne se sont pas inquiétés outre mesure par le gouvernement de Nagib Mikati qui est censé les arrêter, et qui a traité cette mission dès le départ, comme une banale « affaire courante », bien avant qu'il ne se déclare officiellement démissionnaire sur tous les plans.

6. Toutes les manœuvres de diversion contre l’Arabie saoudite et les prétextes grotesques ne sauraient faire oublier l’intervention odieuse du Hezbollah dans la guerre civile syrienne depuis plus de deux ans.

7. L’intervention de la milice chiite libanaise, à la demande du régime chiite des mollahs iraniens, aux côtés du régime alaouite syrien, dans sa guerre contre le soulèvement de la population sunnite syrienne, est le summum de la discorde entre les sunnites, qu'ils soient syriens ou arabes, et les chiites, qu'ils soient libanais ou perses. L'évocation par-ci par-là de la cause palestinienne, qui est chère aux cœurs des populations arabes, est totalement insuffisante pour panser la blessure historique profonde laissée par cette ingérence déplacée. 

8. Après avoir nié son implication en Syrie pendant longtemps, le Hezbollah a prétendu dans un premier temps que certains ressortissants libanais chiites allaient combattre de l’autre côté de l’Anti-Liban de leur propre initiative, avant d’avouer sa pleine participation aux combats, décrétant même que les centaines de miliciens qu’il a perdus à ce jour, sont morts « dans l’accomplissement de leur devoir djihadiste ».

9. Le dévouement du courant aouniste à son allié de Mar Mikhael ne changera rien à l’isolement grandissant du Hezbollah sur la scène nationale et internationale.

10. Le positionnement du général Michel Aoun sur l’échiquier politique libanais, son alliance avec le Hezbollah depuis un peu moins de huit ans, fut une erreur monumentale. Si dans l’erreur, il y est, wallah el3azim, il n’est pas obligé d’y rester.

11. Il faudrait des milliers d’articles comme celui de Scarlett Haddad et toutes les manœuvres de diversion possibles et imaginables du Hezbollah, pour brouiller l'esprit des Libanais et leur faire oublier ce qui les attend au début de l’année 2014, une des plus importantes échéances de leur histoire et un grand rendez-vous avec la justice, après tous les assassinats politiques qu’ils ont connus au cours des 38 années de guerre civile : depuis Bachir Gemayel, président de la République libanaise, à Wissam el-Hassan, chef des services de renseignement des Forces de sécurité intérieure, tous deux tués dans l'exercice de leur fonction. 

Le procès du Hezbollah est prévu pour le 13 janvier prochain. C’est donc dans 36 jours exactement que débuteront les audiences du Tribunal Spécial pour le Liban à La Haye. Le compte à rebours est déclenché. Le Hezb et ses alliés le savent, il y aura un avant et un après le procès de Rafic Hariri. L'après a déjà commencé d'ailleurs. On ne peut plus, par exemple, accepter de former un gouvernement avec des accusés du meurtre d'un ancien haut représentant de l'Etat libanais ! Là aussi, il y a des limites à la bienséance et à la bienfaisance. Avec les révélations du procès à venir, les choses iront en se compliquant pour le Hezb, enlisé de surcroît dans la guerre civile syrienne. Il deviendra de plus en plus indéfendable et de moins en moins fréquentable. Avis général de tempête !

Ce semblant d’assurance, qui vire à l'insolence, qu’on retrouve chez tous les acteurs du 8 Mars depuis un certain temps, ne saurait cacher leur extrême fébrilité à l’approche de la date fatidique. A part de la vitamine C et 1000 mg de paracétamol toutes les 8 heures, quelques joints carabinés de chez mon amie Marie-Jeanne de la Bekaa, ainsi que le lancement d'éléphants roses dans l'espace aérien libanais de temps à autre -comme cette ridicule histoire de la miss sur la « possibilité d'une alliance entre Israël et l'Arabie saoudite »- il faudrait qu'ils prennent leur mal en patience. Quoiqu'ils fassent, il est déjà trop tard pour eux sur tous les fronts. Tout ce qui leur reste à faire, c'est d'éviter de rentrer leurs éléphants roses dans les magasins de porcelaine. 

Réf.
L’article indécent, consternant et suspect de Scarlett Haddad dans l'Orient-Le Jour (Art.154) / Bakhos Baalbaki (12 juin 2013)

lundi 2 décembre 2013

Général Michel Aoun : dans l’erreur, j’y suis, j’y reste (Art.195)


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Je vous jure devant Dieu et son fils incarné et par Allah et tous ses prophètes, que je ne voulais pas le faire. Pas par manque d’intérêt, mais par manque de temps. Je souhaitais me contenter d’un statut de circonstance. Mais, vous savez comment sont les femmes, elles ont toujours de ces manières mystérieuses de vous convaincre, qu’on se voit soudainement sur une tâche alors qu’on ne l’a jamais envisagé quelques minutes auparavant. Masalann, 3am n2oss basslé lal tabboulé, alors qu’on voulait se la couler macho sur le canapé à refaire le monde. Eh oui, il fut une époque, une belle époque, le tabboulé se faisait avec les mains libanaises des hôtes et non srilankaises, éthiopiennes ou philippines, des bonnes des hôtes ! Et puisque l'appétit vient en mangeant, certaines amies m’ont fait changer d’avis, et me voilà replonger dans la dernière interview du général Michel Aoun, GMA pour les intimes, accordée au quotidien Annahar et publiée le 30 novembre.

J’aime beaucoup « travailler » avec les politiciens libanais, pour la « matière » bien entendu. On en a toujours plus qu’il n'est nécessaire. Il faut dire que nos leaders sont très prolifiques en dérapages de toutes sortes. Et GMA est passé maître dans ce genre d’exercice. Voici donc quelques extraits marquants de sa dernière performance que je me suis autorisé à commenter.

الحكومة لا تتشكل لان هناك ارتباطات خارجية، والكل ينتظر، وليس فريقا واحدا بل الجميع (...) لماذا لا يحصل هذا الامر في بلاد اخرى؟ لأن لهم السيادة على ارضهم وعلى قرارهم (...) في كل الاحوال، سلاح "حزب الله" ليس مرتبطا بحل لبناني، بل صار جزءا من الازمة الاقليمية
A la question de savoir, quelle est la solution au blocage actuel, GMA répond texto que « le gouvernement n'est pas formé parce cela dépend de facteurs externes, tout le monde attend (l'évolution en Syrie)... Et pourquoi ceci n'arrive pas dans d'autres pays? Parce qu'ils ont une souveraineté sur leur territoire et sur leur décision ». Cet homme est hallucinant! Je ne veux pas être méchant dès le début, mais je ne sais pas s'il faut mettre ses contradictions sur le compte de l'âge, de la schizophrénie, de la myopie politique ou de l'opportunisme politicien, mais Michel Aoun oublie qu'il y a trois semaines, il a tenu des propos ahurissants à « miss anonymous source » (alias Scarlett Haddad, dans l'OLJ du 7 nov.) où il reconnaissait que « la participation du Hezbollah à la guerre en Syrie fait de lui une partie intégrante de la solution à venir. » Plutôt des problèmes à venir ! Que dis-je, à la fin de l'interview de ce WE, il a tenu les mêmes propos ahurissants. Alors, on se demande comment cet homme peut-il être allié d'un acteur embourbé dans la guerre civile syrienne, et le soutenir contre vent et marées, et venir se plaindre après des « facteurs extérieurs » qui empêcheraient la formation du gouvernement de Tammam Salam, et demander aux Libanais d'accepter le fait que « tout le monde attend », leurs problèmes aussi ?
Mais bordel, quand notre général national comprendra que si cela n'arrive pas ailleurs, c'est parce que dans les pays développés, il n'y a aucun homme politique de son calibre et de sa trempe, ancien haut responsable de l'Etat libanais, aujourd'hui à la tête d'un puissant bloc de ministres et de parlementaires, qui soutiendrait une anomalie aussi nuisible que la milice du Hezbollah, une organisation considérée comme terroriste par les pays arabes et occidentaux, qui dépend d'un wali el-fakih étranger, Ali Khamenei, Guide suprême de la République islamique d'Iran, et qui ne le cache pas !

هناك تهريب سلاح من المرافىء، واجتياز مسلحين الى سوريا، وتجمعات تدريب في الجرد، ومجموعات تكفّر الناس بكل حرية على التلفزيون وتحرض، وتعتبر العمل الارهابي استشهاديا، فكيف ننأى بنفسنا عن هذه الامور؟
GMA prétend, qu'il y a un trafic d'armes au port. Il parle sans doute de celui de Tripoli. Il aurait dû parler aussi des trafics en tout genre au port et à l'aéroport de Beyrouth, deux pôles stratégiques de l'Etat libanais contrôlés par le Hezbollah, mais il ne l'a pas fait, bien entendu. 
Michel Aoun dénonce également les groupes armés qui s'entraînent au Liban et incitent à la haine, qui traversent la frontière pour passer en Syrie et considèrent l'acte terroriste comme étant un acte martyr. Waouh! Mais mon général, est-il possible que vous évoquiez là votre allié dans un éclair de lucidité inespérée ? Non, évidemment. Pas de bol pour le général, j'ai publié il y a à peine quelques jours une vidéo choquante de sayyed Hassan Nasrallah himself, son allié, où il expliquait lui aussi le plus sereinement au monde, que celui qui commet un attentat-suicide est un martyr. Et ce n'est pas tout, il le comparait à quelqu'un qui sortirait d'un sauna vers un environnement agréable où l'attenderaient belles paroles, cocktails et musique classique. Si, si, la preuve dans le documentaire de Robert Fisk, From Beirut to Bosnia.
Et puis, faut-il rappeler au général, que depuis deux ans, le Hezbollah dit clairement que ses miliciens tués en Syrie « meurent dans l'accomplissement de leur devoir djihadiste »! A moins, que GMA, passé fakih-en-chef, ait décrété qu'il existe un djihadisme halal et un djihadiste haram en Syrie? Pathétique. Les contradictions de Michel Aoun deviennent de plus en plus ingérables pour ses partisans. 
Dans tous les cas, quelle est cette putain de logique qui pousse celui qui est soi-disant révolté par toutes ces anomalies, à signer un « document d'entente », il en a quand même parlé à deux reprises dans cette interview, avec une milice qui empêche par tous les moyens possibles et imaginables, l'émergence d'un Etat souverain au pays du Cèdre? Mystère et boule de gomme.

منذ فترة دعوتم "حزب الله" الى الانسحاب من سوريا. هل هذه الدعوة لا تزال قائمة؟ 
 قبل ان تنتهي الحرب في سوريا، لا. لم يستأذني الحزب عندما ذهب، ولكنني اتفهم سبب ذهابه. وكل لبناني يجب ان يتفهم الامر، الا اذا كان يقاتل في الجهة الاخرى، فلن يفهم (...)  وصلوا الى عرسال وحصل خطف جماعي بين عرسال واللبوة والهرمل، والمسلحون يصطدمون على الارض اللبنانية، فحصلت عملية وقائية. بعض اللبنانيين لا يفهمون ان هناك سياسة معينة، حفظت لهم الاستقرار. نسبيا الحوادث التي حصلت لا شيء بالنسبة الى النار والحديد حولنا. لكانوا اصبحوا في الداخل الآن، ولكان جزء من الحرب السورية دخل الى عندنا، لكن تم توقيفها
هل تخشى على الوضع الامني؟
لا، أعتقد انه مائل الى الصحو والجو الجيد (...) اعتقد ان الامور اصبحت في خواتيمها، بالرغم من استمرار المعارك في سوريا، ولكنها لمجرد تحسين الموقف
A mes amis qui ne lisent pas l'arabe, sachez que d'après le général, l'intervention du Hezb en Syrie est « préventive », car « ils sont arrivés à Ersal ». Qui "ils"? Wlak, les fantômas, voyons. Mais à son plus grand regret certains Libanais ne comprennent pas que cette situation exigeait « une politique spécifique, qui a permis de préserver pour eux la stabilité ». C'est c'là oui, comme le prouvent une douzaine d'incidents sécuritaires graves survenus au Liban, ayant fait plus d'une centaine de morts, dont les doubles attentats de Beyrouth et de Tripoli. « Relativement, c'est rien par rapport au feu et au fer autour de nous. » Donc, Libanais ingrats, arrêtez de vous plaindre de l'insécurité ambulante ! Etant adepte de la politique de l'épouvantail, Michel Aoun rajoute: « Ils auraient pu être à l'intérieur au Liban. Une partie de la guerre syrienne aurait pu entrer chez nous, mais on l'a arrêté. » Wlé you2borné rabbak, ça vaut largement les moulins à vent de Don Quichotte ! Bon, laissez-moi vous expliquer la logique hezbollahi-aouniste. Afin de vous placer dans une meilleure disposition pour comprendre, je vous prescris trois pétards carabinés, qu'il ne vous sera pas difficile de trouver de l'autre côté du Mont-Liban chez mon amie Marie-Jeanne de la Bekaa, à fumer à cinq minutes d'intervalle, en avalant toute la fumée dégagée, et en respectant une apnée bein majjé wou majjé : une bande de rebelles cosmopolites, terroristes, takfiristes et obsédés sexuels du nika7, comme aiment les présenter les médias du régime syrien et de ses alliés libanais, auraient pris le temps pour venir au pays du Cèdre, 3aber na2liyat sa7 elnom elbarriyé, pour en découdre avec les paisibles Libanais, au lieu de rester en Syrie se battre contre les troupes de Bachar. Eh oui, c'est encore un éléphant rose qui encombre l'espace aérien libanais.

Et on se demande après pourquoi les 500 000 touristes que nous avons perdus depuis le début de l'année, chiffre relevé par le ministre aouniste du Tourisme, Fadi Abboud, ne reviennent pas profiter de cette « stabilité » exceptionnelle que nous envie le monde entier. Putain, ils préfèrent aller à Istanbul ces bâtards de touristes! En fait, dans son délire, GMA répète l'argumentaire bidon de son allié chiite. Foutaises. Je ne sais pas qui conseille cet homme, mais c'est un désastre fascinant, qu'il faudrait enseigner dans les facs de Sciences Po, notamment à celle de l'USJ de la rue Huvelin d'Achrafieh, n'en déplaise aux avatars du Hezb et aux chrétiens qui les couvrent, adorateurs de cette racaille criminelle Habib Chartouni, l'assassin de l'ancien président de la République libanaise, Bachir Gemayel. 

En tout cas, les Libanais doivent surtout comprendre, que Michel Aoun soutient non seulement l'intervention du Hezbollah aux côtés de Bachar el-Assad, mais qu'il n'appelle pas au retrait de la milice chiite du bourbier syrien, « avant la fin de la guerre en Syrie ». Et en dépit de cette prise de position aux multiples risques, il a le culot de faire croire aux Libanais que « les choses touchent à leur fin » et qu'il ne craint pas pour la situation sécuritaire au Liban. Alors, aux Libanais de s'en souvenir, notamment le jour des prochaines élections législatives. Et puisque le conflit syrien peut encore durer longtemps, le général Michel Aoun assumera donc conjointement avec son allié Hassan Nasrallah, toutes les conséquences sur le Liban, à court et à long terme.

ذكرت ان خيارك انتصر. أي خيار تعني؟
المقاومة انتصرت عام 2006، والتفاهم الذي أجريناه مع "حزب الله" حافظ على الاستقرار في لبنان. كذلك عندي خيار ضد الاصولية، وقد انكسرت في سوريا، فقد انسحبت تركيا والاردن، وتراجعت اميركا واوروبا. وهذا ليس قليلا
Foutaises, sur toute la ligne. Contrairement à ce qu'il affirme, tous les choix du général Michel Aoun ont échoué lamentablement. A commencer par la plus grotesque allégation, récurrente hélas, sur la « victoire divine » de 2006. Rappelons que la guerre de juillet 2006 a été un désastre pour le pays du Cèdre. Le Hezbollah, qui l'a déclenché en tuant dix soldats israéliens (donc la riposte de l'Etat hébreux était prévisible, contrairement au ridicule « si je savais » de Hassan Nasrallah), fut incapable par la suite de protéger le Liban et sa population de l'acharnement israélien pendant 34 jours. Cette funeste guerre nous a coûté l'équivalent de 50 % de notre PIB et 1500 morts. Elle n'a coûté que l'équivalent de 3 % du PIB aux Israéliens et moins de 200 morts. 
Le reste des allégations sont tout aussi risibles. Son « document d'entente », dont il est si fier, n'a servi qu'à assurer à la milice chiite une couverture chrétienne, pour briser son isolement après l'assassinat de l'ancien Premier ministre libanais, Rafic Hariri, et l'humiliation du retrait des troupes syriennes du Liban. Quant à l'allégation que ce Pacs aurait « sauvegarder la stabilité au Liban », Aoun semble souffrir d'une grave amnésie. De quelle stabilité, il parle? Le Hezbollah est responsable de la déstabilisation régulière de la situation libanaise notamment lors de la guerre de juillet (2006), l'invasion de Beyrouth et du Mont-Liban le 7 mai (2008), l'occupation du centre-ville et la fermeture du Parlement (2006-2008), le coup d'Etat contre le gouvernement Hariri (2010), la tentative d'assassinat de Boutros Harb (2012), l'implication dans la guerre syrienne (2011-2013), le report des élections législatives à cause de cette dernière (été 2013), l'impossibilité de former un nouveau gouvernement (automne 2013) et la prochaine vacance présidentielle (printemps 2014). 
Pour ce qui est de son choix de s'être positionné contre les extrémistes syriens, quelle rigolade! Aoun n'a aucun mérite à être contre les extrémistes sunnites tout en soutenant les extrémistes chiites. Foutaises.
Enfin, il faut avoir une lecture particulièrement naïve et malhonnête des récents bouleversements stratégiques au Moyen-Orient pour prétendre que « les Etats-Unis et l'Europe ont reculé ». Cette fausse assurance affichée par GMA ne saurait cacher le réelle malaise du camp du 8 Mars après la débâcle de l'axe Damas-Téhéran face aux pressions des pays occidentaux. La Syrie fut obligée de détruire, sans aucune contrepartie, son arsenal chimique pour éviter l'humiliation des frappes franco-américaines (sept. 2013) et l'Iran fut contraint de renoncer à l'arme nucléaire pour éviter l'humiliation de nouvelles sanctions de la communauté internationale (nov. 2013). 

ذكرت انك لست مرشحا لرئاسة الجمهورية، وهكذا قال سمير جعجع
قال انه ضد ترشيحي. هو ونحن نريد رئيسا قويا، وهو يعتبر نفسه قويا، وانا أرشحه
J'avoue qu'il marque un point face à Samir Geagea. Pas de doute, le 4e âge donne un peu plus de sagesse et rend légèrement plus humble !

هل المنافسة محصورة بينك وبين سليمان فرنجية وجان قهوجي، كما قال فرنجية؟
لا أعرف. انا لا أنافس أحدا. انا قلت لست مرشحا، لكن اذا كان أصحاب القرار في هذا الموضوع يريدونني، فأنا لا اتخلى عن الواجب، لكنني لن اطلب من احد ان ينتخبني
ما هي مواصفات الرئيس القوي؟ وكيف يكون قادرا على الحكم من دون صلاحيات؟ هل يتخطى القانون؟

يجب ان يكون قويا في البرلمان، وتكون عنده صفة تمثيلية، ويكون مرجحا
En gros, GMA pense qu'il n'y aurait que lui comme candidat en lice au printemps prochain. Désolé, mais il ne faut pas rêver mon général, sauf votre respect, aujourd'hui même Bakhos Baalbaki, maronite comme il faut, a plus de chance d'être élu président de la République libanaise que vous, Michel Aoun, maronite comme il ne faut pas. En tout cas, pas la peine de s'étendre sur ce point, le Parlement libanais ne peut pas s'autoriser le luxe d'élire un homme qui terminerait son mandat à l'âge de 86 ans pour diriger un pays où la vie politique est si mouvementée que le Liban. Six ans au Moyen-Orient, c'est une éternité.

هل تعتبر ان بقاء الرئيس الاسد في الحكم انتصار لك؟
المنتصر لا يغيره احد، شعبه فقط يغيره (...) نعم هو انتصر. انا ذهبت الى سوريا لأنهي الحرب وفصلا حارا من تاريخ سوريا ولبنان، وهذا ما يقتضيه حسن الجوار (...) هناك قول لنابوليون: "السياسة ابنة التاريخ، والتاريخ ابن الجغرافيا، والجغرافيا ثابتة لا تتغير". كل شيء يتغير على الارض، ما عدا ان سوريا قرب لبنان، ولا يمكن ازالتها. والجيران يجب ان يعيشوا بحسن الجوار.
Il faut reconnaitre que le général est franc comme personne. Il n'éprouve aucune gêne à s'afficher du côté de Bachar el-Assad. A la question de savoir si le maintien de ce dernier au pouvoir est une victoire pour lui, sa réponse est « oui, c'est une victoire ». Il est libre de ne pas tenir compte de la responsabilité du régime alaouite dans la mort des 125 000 Syriens à ce jour et l'expulsion de 7 millions de Syriens de leurs foyers, dont près de 1,3 million se sont réfugiés au Liban. Michel Aoun nous rappelle au cours de cette interview, qu'il est « aller en Syrie pour mettre fin à la guerre (càd, le contentieux historique des 29 ans d'occupation du Liban) ». Passons sur le dossier des centaines de Libanais qui croupissent dans les prisons syriennes, le général semble oublier que la tyrannie des Assad est soupçonnée d'être commanditaire des assassinats politiques des personnalités proches du 14 Mars (2004-2012), des préparatifs d'attentats à caractère confessionnel de Michel Samaha (2012) et du double attentat de Tripoli devant deux mosquées de la ville (2013). Alors franchement, on peut dire que son allié Bachar el-Assad se fout royalement du « bon voisinage qu'exigeraient la géographie et l'histoire des deux pays ». 
En réalité, les « rapports de bon voisinage », comme le souhaite le général Aoun, est une formulation politiquement correct de ce que fait Michel Aoun depuis le 6 février 2006: l'établissement d'une alliance des minorités, entre les coummunautés chrétiennes, chiites et alaouites, du Liban, de la Syrie et de l'Iran. Rien que sur le plan géopolitique, il s'agit de la plus grave erreur tactique commise par les communautés chrétiennes d'Orient depuis la naissance de Jésus de Nazareth à Bethléem il y a 2019 ans ! Mais bordel de foutaises, dans quel manuel de stratégie le général Michel Aoun a bien pu apprendre qu'on s'allie avec les minorités (chiites et alaouites, 10-15 % des musulmans), au détriment d'une majorité (sunnites, 85-90 % du 1,3 milliard de musulmans dans le monde, Syrie comprise; la moitié des musulmans libanais). Mystère et boule de gomme. En plus, lier le sort des communautés chrétiennes libanaises, et syriennes d'ailleurs, à des entités fascistes, condamnées par l'Histoire à disparaître (la Résistance islamique du Hezbollah au Liban, le régime syrien de Bachar el-Assad, le régime des mollahs de la République islamique d'Iran), est d'une bêtise inqualifiable.

هل حملاتك على التكفيريين لتبرير تدخل "حزب الله" في سوريا؟
لا يمكننا ان نمنع احدا من الدفاع عن نفسه، ولا سيما اذا قصرت الدولة في الامساك بالحدود، ولا تدافع عنه. في ورقة التفاهم، السلاح هو للدفاع عن لبنان، ولكن عندما يحدث امر طارىء يهدد حدود لبنان والمجتمع، يدافع هناك مثلما يدافع هنا. من اختاروا "النصرة" و"داعش"، ويريدون تطيير بشار الاسد لا يناسبهم. ومن اختار النأي بالنفس عن الحدود اللبنانية ليس مسموحا له ان ينتقد "حزب الله". وفي كل الاحوال، سلاح "حزب الله" ليس مرتبطا بحل لبناني، بل صار جزءا من الازمة الاقليمية، وهي في طريق الحل
« Nous ne pouvons pas empêcher quiconque de se défendre, surtout si l'Etat (libanais) s'est montré inapte à tenir les frontières et ne le défend pas... Il n'est pas permis à qui a choisi la distanciation par rapport aux frontières, de critiquer le Hezbollah. » Là aussi je ne sais pas s'il faut mettre ce constat surréaliste sur le compte de l'âge ou de la malhonnêteté, mais il faut rappeler au général qui se croit malin, que la distanciation que certains demandent, n'est pas par rapport aux frontières mais par rapport au conflit syrien ! Nuance et de taille.
En tout cas, GMA a ça d'extraordinaire, qu'il a la capacité inouïe de vous faire oublier qu'il fait partie du paysage militaire et politique libanais depuis 29 ans ! Il fait mieux que les plus grands illusionnistes du monde. A le lire, spécialement cet extrait, on oublie complètement que Michel Aoun -qui fut pendant un temps un ancien haut représentant de l’Etat libanais et de la souveraineté nationale, commandant de l’armée libanaise pendant 6 ans (1984-1990), ancien Premier ministre du Liban au plein pouvoir (tous les ministères du gouvernement militaire) pendant 2 ans (1988-1990), initiateurs de deux guerres foireuses pendant un an et demi pour rester au pouvoir (1989-1990), éternel et malheureux candidat à la présidence de la République libanaise pendant 32 ans (1988-2020!), acteur incontournable de la vie politique libanaise depuis 9 ans (2005-2013), à la tête de certaines ministères depuis 5 ans (2008-2013, dont les ministères des Télécoms et de l'Energie), actuellement au pouvoir depuis 3 ans (2011-2013), possédant 1/3 du gouvernement de Najib Mikati (une dizaine de ministres) et 1/5 du Parlement de Nabih Berri (un bloc d'une trentaine de députés)- cet homme dont vous venez de survoler sa biographie, n'a JAMAIS au grand JAMAIS demandé le déploiement de l'armée libanaise entre le Liban et la Syrie, afin de « tenir les frontières et défendre le Liban » des terroristes, des takfiristes et des obsédés sexuels du nika7! Encore une fois, je ne sais pas dans quel manuel de stratégie le général Michel Aoun a appris qu'il vaut mieux soutenir une milice illégale qui s'est engagée et s'enlise dans une guerre civile étrangère, pour soi-disant protéger son propre pays des invasions barbares, au lieu de rester à l'écart du conflit étranger en question et d’œuvrer pour le déploiement de l'armée de son pays, celle qu'il a commandée, le long des frontières de ce pays, pour mettre fin aux trafics de djihadistes de tout poil et d'armes de tout calibre. Mystère et boule de gomme.
 

Le général Michel Aoun a eu en 29 ans d'existence militaire et politique une vraie capacité d'agir et un capital de sympathie indéniable. Mais hélas, à chaque occasion qui s'est présentée, il a fait le mauvais choix, dans la logique du héros de la Guerre de Crimée, Patrice de Mac Mahon, 3e président de la République française (1873-1879): dans l'erreur, « j'y suis, j'y reste ».

jeudi 21 novembre 2013

Comment distinguer les larmes de sang des larmes de crocodile? Dix réflexions sur le double attentat de Beyrouth (Art.193)


1. Ils peuvent déployer toute l’énergie et la malhonnêteté du monde pour prétendre le contraire, ils n’y arriveront pas. Le double attentat survenu le mardi 19 novembre dans la banlieue sud de Beyrouth est lié à l’intervention de la milice chiite du Hezbollah en Syrie, aux côtés de Bachar el-Assad. Qui ne veut pas voir ça, n’a qu’à foutre sa tête d’autruche dans le premier bac à sable qu’il trouve. Ceci étant, rien, absolument rien, ne justifie cet acte terroriste qui a fait plus de 25 morts. Ni cette intervention, aussi révoltante soit-elle, ni les attentats de Tripoli contre la communauté sunnite, aussi odieux soient-ils, ni l’incapacité de l’État libanais à interroger ne serait-ce qu’un vulgum pecus, aussi ridicule soit-elle (les Eid pour être précis, père et fils, leaders de la communauté alaouite libanaise), ni quoique ce soit d’autre. Les politiciens du 8 Mars ont parfaitement raison d’insister sur la nature terroriste de ces attentats. Mais, leur restriction égocentrique, est quelque peu suspecte. Ce camp devrait reconnaitre une bonne fois pour toutes -pour qu’on puisse nous retrouver sur des valeurs communes, et mettre enfin la première pierre pour bâtir un État de droit au Liban- que tuer des innocents demeura un acte terroriste de tout temps et en tout lieu, qu’importe le motif des crimes et la tendance politico-religieuse des cibles. Eliminer un chiite, un juif, un sunnite ou un chrétien, au Liban, en Syrie ou en Bulgarie, wlak même quelqu’un du 14 Mars, c’est pour dire, relève du terrorisme aussi.

2. Nous, on pleure à chaudes larmes les innocents qui sont tombés à Beyrouth. Comme nous avons versé des larmes de sang à la mort de nos compatriotes tombés à Tripoli il y a quelques semaines, après l’explosion de deux voitures piégées devant deux mosquées de la ville à l’heure de la prière. Comme nous avons également pleuré les 150 000 Libanais morts en temps de guerre, dont deux présidents de la République, Bachir Gemayel et René Mouawad, tous deux assassinés par la tyrannie des Assad, en 1982 et en 1989 (un certain 22 novembre!). Mais, il est quand même étrange de constater que le 8 Mars semble systématiquement zapper le fait que depuis ce funeste 14 février 2005, les glandes lacrymales de la moitié des Libanais, toujours les mêmes, sont mises à rude épreuve par les mêmes criminels. Elles n’arrivent plus à produire autant de larmes qu’il faudrait et qu’ils voudraient pour pleurer leurs martyrs en tant de paix. Comme par exemple, la liste n’étant pas exhaustive : Hachem Salman (un opposant chiite au Hezb, tué le 9 juin 2013 devant la même ambassade iranienne visée avant-hier, par des miliciens du Hezbollah et de l’ambassade d’Iran ; l’ironie de l’histoire, ou plutôt la vengeance divine, a voulu que trois de ces miliciens, qui ont réprimé à coup de bâtons la protestation chiite du 9 juin, trouvent la mort dans ce double attentat), Wissam el-Hassan (14 Mars / Futur, tué le 19 octobre 2012), les innocents du 7 mai 2008 (14 Mars / sunnites, tués lors de l’invasion de Beyrouth par la milice du Hezbollah), Wissam Eid (14 Mars / sunnite, tué le 25 janvier 2008), Antoine Ghanem (14 Mars / Kataeb, tué le 19 septembre 2007), Walid Eido (14 Mars / Futur, tué le 13 juin 2007), Pierre Gemayel (14 Mars / Kataeb, tué le 21 novembre 2006, comme aujourd’hui !), Gebrane Tuéni (14 Mars, tué le 12 décembre 2005), Georges Haoui (14 Mars, tué le 22 juin 2005) et Samir Kassir (14 Mars, tué le 3 juin 2005). C'est sans compter les frayeurs des tentatives d’assassinat de Samir Geagea (Forces libanaises), Boutros Harb, Elias el-Murr, Marwan Hamadé et May Chidiac, tous du 14 Mars.

Nous réclamons de pied ferme que les commanditaires et les exécutants de l’acte odieux d’avant-hier soient traduits devant la justice et jugés. Nous le demandons avec la même ardeur que nous l’avons fait pour tous les crimes terroristes citées précédemment. Et de ce fait, nous espérons des pôles du 8 Mars, sans illusion aucune, qu’ils agissent de la sorte quand il s’agit des assassinats de leurs adversaires politiques. Pour faire bref, et surtout pour être concrets, nous avons attendu et nous attendons encore du Hezbollah, la remise au Tribunal Spécial pour le Liban des cinq accusés dans l’assassinat de Rafic Hariri (tous membres du Hezbollah) pour que justice soit faite, loin du Liban et des arrangements à la libanaise, au moins dans ce crime, à défaut des autres. Nous attendons aussi le feu vert politique du 8 Mars afin que la justice libanaise puisse juger Michel Samaha, ancien ministre de ce camp, qui projetait à la demande du régime syrien, commettre une vingtaine d'attentats à caractère confessionnel au Liban. Nous espérons également que le camp du 8 Mars permettra aux enquêteurs libanais d'interroger les Eid, qui auraient facilité la fuite en Syrie des criminels impliqués dans les attentats de Tripoli.  

Aujourd’hui, on peut dire avec certitude que ni Hassan Nasrallah, le leader du 8 Mars, ne s’en est occupé, et pour cause ; ni ses alliés, Michel Aoun, Nabih Berri et Walid Joumblatt, ne s’en émeuvent de ce manquement ; ni le gouvernement de Najib Mikati ne s’en est soucié réellement. Allez, bassita, longue vie aux crocodiles !

3. Le modus operandi de ces attentats odieux contre l’ambassade de la République islamique d’Iran n’est pas sans nous renvoyer aux abominables attentats de Beyrouth dont nous venons de commémorer le 30e anniversaire. Rappelons, aux amnésiques par conviction ou par omission, qu’aujourd’hui il est parfaitement établi que les attaques criminelles du 23 octobre 1983 contre la Force multinationale mandatée par l’ONU à la demande du gouvernement libanais, étaient des attentats-suicide, comme ceux d’hier. Il faudrait donc que quelqu'un prévienne la miss de l'OLJ que les attentats-suicide d'al-Qaeda en Irak dans les années 2000, sont venus longtemps après ceux contre la Force multinationale ! Rappelons aussi, que les enquêtes américaines et françaises, sont parvenues aux conclusions que l’attentat contre le QG des marines américains, qui a fait 241 morts, des soldats tués lâchement dans leur sommeil, a été commis par un kamikaze iranien dont le corps a été identifié, Ismail Ascari, et que l’attentat contre le QG des parachutistes français, qui a fait 58 morts, fut organisé par le jeune Imad Moughnieh (qui a gravi par la suite, tous les échelons au sein du Hezbollah ; il a été tué à son tour au cours d’un attentat à Damas en 2008, une élimination attribuée au régime syrien en toute vraisemblance).

4. Certains supporteurs du 14 Mars ont pu se réjouir du fait que ce double attentat ait frappé le fief du Hezbollah. C’est bien regrettable. On ne danse pas sur la tombe de ces adversaires, surtout quand des vies innocentes ont été fauchées. En tout cas, ces quelques esprits égarés, ne valent pas plus que les nombreux partisans du 8 Mars qui ont fêté en grande pompe la chute de la ville Qousseir (Syrie) dans les rues de Da7iyé (Beyrouth) en offrant des douceurs orientales aux passants, que tous ceux qui ont tiré en l’air à la mort de Wissam el-Hassam ou qui ont distribué des baklawas à la mort de Gebrane Tuéni. Je dirais même plus. Cette attitude marginale est sans commune mesure avec les propos abjects du général Michel Aoun sur la « carbonisation » de l’ancien chef des renseignements libanais quelque temps avant son assassinat en plein cœur d’Achrafieh, et les propos infâmes de sayyed Hassan Nasrallah, qualifiant sans vergogne, les événements tragiques du 7 mai 2008, qui ont fait près de 80 morts, de « jours glorieux ».

5. Indépendamment de l'identité des auteurs, les attentats d’avant-hier prouvent que la guerre civile libanaise continue à faire des victimes, 38 ans après son déclenchement. Comme quoi, on sait toujours quand une guerre commence, mais pas quand elle se termine. Ce constat s’applique aussi à la Syrie, bien évidemment. Il faudra donc que tous les acteurs et spectateurs sur l’échiquier politico-militaire moyen-oriental l’intègrent dans leurs agendas, notamment côté libanais, dans le camp du 8 Mars (Hezbollah et son allié, le Courant patriotique libre), dans le camp du 14 Mars (Courant du Futur, Kataeb et Forces libanaises) et dans le camp des genres politiques indéterminés (Beik & Co), ainsi que du côté syrien, le régime et les rebelles.

6. L’attribution de ce double attentat à Israël et à l’Arabie saoudite, est encore un de ces nombreux éléphants roses qui encombrent l’espace aérien libanais et la boite crânienne 8-martienne, sur lequel il est inutile de perdre son temps. Allons à quelque chose de plus utile. Les auteurs de cet acte odieux sont terroristes, qu’importe si la population civile était visée ou pas par les criminels. Savoir que la cible principale des attentats était l’ambassade de la République islamique d’Iran, ne change rien au caractère terroriste de l’attentat. On n’attaque pas les représentations diplomatiques, pas plus qu’on attaque les populations civiles. C’est un principe qui ne se discute pas. Ceci dit, les terroristes de Beyrouth n’ont rien à envier à leurs collègues de Tripoli, à leurs anciens collègues de Da7iyé, à tout poseur de bombe et auteur d’attentat, qu’il soit à Beyrouth, Damas, Bagdad, Madrid, Londres, Paris ou New York. Si tout se passait en vase clos entre terroristes, on pourrait se dire : wlak fékharr yikassir ba3do, qu’ils aillent tous au diable ! Hélas, les terroristes, qu’ils soient libanais ou syriens, pour ces attentats ou pour les autres, qu’ils soient pro-régime ou anti-régime (de Bachar el-Assad), prennent les populations, libanaise et syrienne, comme boucliers humains et comme boites postales. Ils ne doivent avoir droit qu’au mépris et aux barreaux.

7. Deux attentats à Tripoli, région sunnite, trois à Da7iyé, région chiite. Il n’a pas fallu beaucoup pour certains afin de décréter une irakisation du conflit libanais, après la libanisation du conflit irakien. Il n’en sera rien et ceci pour diverses raisons :
- L’échelle du bilan humain. Une étude récente estime que 500 000 Irakiens sont morts entre 2003 et 2011, à cause de la violence et des conséquences indirectes du conflit irakien. Depuis le retrait des troupes américaines, il meurt jusqu’à 1 000 Irakiens par mois. Certains jours, on compte plus de 10 attentats à Bagdad. Aucun de ces trois chiffres n’est imaginable au Liban, malgré notre interminable tragédie.
- Le conflit en Irak est officiellement bipolaire. Il oppose une communauté sunnite puissante (33 % de la population) à une communauté chiite conquérante (67 %), soutenue par le géant chiite iranien. Le 3e acteur irakien, les kurdes (20 %, sunnites), étant indépendant. Le 4e acteur, les communautés chrétiens (3 %), sont minoritaires et contraintes à l’exil du fait des diverses persécutions dont elles ont été victimes par les extrémistes sunnites. Au Liban, la configuration est radicalement différente. Le conflit oppose en apparence les deux communautés musulmanes. Mais, sur le plan démographique, celles-ci sont de poids comparables. Rajoutez à cela, que le 3e acteur, les communautés chrétiennes, sont, quoiqu’on dise, toujours puissantes, sur le plan démographique et politique. Bilan des courses, le conflit libanais, est d’apparence bipolaire, mais en réalité il est tripolaire, comme l’a révélé le débat passionné sur la loi électorale. Et pour bien compliquer la donne, un point à double tranchant, les communautés chrétiennes sont parties prenantes du conflit, réparties entre les sunnites et les chiites.
- La cohabitation communautaire, la tradition démocratique et l’ouverture de la société restent tout de même bien plus grandes au Liban qu’en Irak, et limitent du coup, le risque d'un affrontement intermusulman à l'irakienne.
- Une plus grande efficacité des services de renseignements au Liban (de l'armée libanaise et des Forces de sécurité intérieure) qu'en Irak.
- Pour une irakisation du conflit libanais, il faut impérativement une forte montée de l’extrémisme sunnite au Liban et son enracinement dans la communauté sunnite libanaise. Nous sommes à des années-lumière de cette configuration comme l’ont prouvé d’une part, les élections législatives de 2005 et de 2009 (gagnées par le courant du Futur, où les islamistes n’ont eu que des miettes), et d’autre part, le ridicule phénomène Assir, qui en dépit des provocations du Hezbollah chiite, est resté un phénomène marginale. En plus, al-Qaeda n’est pas du tout implanté au Liban, comme elle l’est en Irak, au plus grand regret des forces du 8 Mars et des sunnitophobes sans frontières. Hélas, au pays du Cèdre, on n’observe pour l'instant, qu’un seul extrémisme chiite épanoui et son enracinement en masse dans la communauté chiite libanaise. 
- Le Hezbollah, a certainement beaucoup de défauts, mais ce n’est pas une organisation suicidaire, même si la culture du martyre est omniprésente dans le discours des dirigeants. Croire le contraire est particulièrement naïf. Al-Qaeda, non seulement elle l’est, mais elle a de surcroit un fonctionnement archaïque par rapport au Hezbollah. De ce fait, il est certain que la milice chiite ne se lancera pas dans une guerre suicidaire à l’irakienne, par bombes interposées. Elle trouvera d’autres moyens de répliquer aux nouvelles menaces.

8. Les crimes d’aujourd’hui nous rappellent amèrement que lorsque les services de l’Etat dorment, les terroristes dansent. Concrètement, tant qu’on ne déploiera pas l’armée libanaise à la frontière avec la Syrie, rien n’empêchera les trafics d’armes, d’hommes, et même d’organes (une honte !), entre les deux pays, avec toutes les conséquences qui en découlent, comme les attentats de Beyrouth et de Tripoli. On peut affirmer aussi, tant que la nomination du chef des Forces de sécurité intérieure (FSI) n’a qu’un objectif, mettre à l’abri des regards les agissements illégaux et criminels du Hezbollah, les Libanais, avec la communauté chiite comprise, ne dormiront pas sur leurs deux oreilles. On peut dire également, tant que le ministre des Télécoms, Nicolas Sehnaoui (ministre d’Aoun), ne fournira pas illico presto, sans tergiversation et sans état d’âme, les données des télécommunications aux services des renseignements des FSI, après chaque attentat, chaque assassinat et chaque tentative d’assassinat, les réseaux criminels prospéreront au pays du Cèdre. Et les formulations de ce genre se conjuguent à l’infini.

9. En cette 70e commémoration de notre indépendance, je ne me lancerai pas, ni dans de brefs statuts ironiques, ni dans une longue dissertation, sur les allégeances des politiciens libanais et sur l’indépendance factice de notre pays. Je voudrais tout simplement rappeler une vérité basique, concrète et terre à terre, qui me revient régulièrement à l’esprit : le pays qui ne contrôle pas ses frontières et privatise sa souveraineté -pour des raisons valides ou bidon, qu’importe, ma 7adann yéz3al!- sera toujours le théâtre de tragédies.

10. Qui a vraiment versé des larmes de sang, et non de crocodile, sur les morts du double attentat de Beyrouth, doit réclamer haut et fort deux choses : le contrôle immédiat de la frontière syro-libanaise et la distanciation du Liban de l'interminable conflit syrien. Pour l'instant, nous avons tout le contraire. Il est évident, que dans l'intérêt du peuple libanais tout entier, Hassan Nasrallah et Michel Aoun doivent renoncer à leur stratégie guerrière basée sur la libre circulation des hommes et des armes entre le Liban et la Syrie, ainsi que sur l'engagement de la milice chiite dans
« une guerre préventive contre tous les takfiristes » de Syrie et de toute la Voie lactée, aux côtés de Bachar el-Assad, avec un risque d'enlisement prévisible ! Sinon, « à la prochaine » s’impose d’elle-même, dans son double sens.

dimanche 10 novembre 2013

Hezbollah : l’assurance trompeuse d’un parti en délire et d’une milice sans avenir. Retour sur le discours de Mohammad Raad (Art.191)


Ne me demandez pas pourquoi, mais le bonhomme me donne souvent l’impression de souffrir de problèmes gastro-intestinaux. Je le vois bien alterner indigestion et constipation, au sens propre comme au sens figuré. Comme l’autre fois, il y a quelques jours, le chef du bloc parlementaire du Hezbollah nous a offert une performance exceptionnelle qui tient de la haute voltige parano-schizophrénique. Selon l’analyse délirante de la situation au Moyen-Orient concoctée par Mohammad Raad, il existe un complot intergalactique contre la milice chiite. Voici donc quinze éléments pour mieux comprendre la nature de cette constipation, ah pardon, de cette conspiration et de ses enjeux.

1. L’ORATEUR : Mohammad Raad. Député de Nabatiyé since 1992, soit 24 ans et 5 mandats à terme. Étant donné l’âge de notre sudiste gaillard, mawalid el khamsaw khamsin, on s’achemine vers 48 ans de règne et 10 mandats... sauf si le complot réussit !

2. LE COMPLOT : « Poignarder la résistance (auto-désignation de la milice chiite) dans le dos. » Hajj Raad voulait avant tout mobiliser et souder ses troupes avec le mot d’ordre : « nous sommes trahis ». Pour le croire, et valider cette étape, il faut être de préférence de confession chiite. Cette adhésion massive n’est pas sans conséquence à long terme. La communauté chiite doit prendre conscience que son soutien inconditionnel au Hezbollah l’isole de plus en plus des autres communautés libanaises, des musulmans sunnites, des pays arabes et de la communauté internationale.

3. LE COMMANDITAIRE : Israël. « Notre ennemi est rancunier... Ils (les complices) voulaient exécuter une mission israélienne. » Ici, seule une bonne cuite avec un alcool fort (type arak, whisky, gin ou vodka) permettra de valider cette fabulation. Wa2illa, comment justifier que les hommes du régime syrien de Bachar el-Assad et de la milice libanaise de Hassan Nasrallah se battent avec plus d’acharnement à Damas, Qousseir et Alep que dans le Golan syrien (région annexée par Israël où il fait très bon de vivre pour un colon israélien) et les fermes libanaises de Chebaa (hameaux occupés par Israël où il est si bon de passer son service militaire pour un jeune israélien). Le député du Hezb a failli s’étouffer avec sa propre hypocrisie.

4. LES EXÉCUTANTS : « Les groupes takfiristes » en Syrie. « N’ayant pas pu nous vaincre en face-à-face (allusion à la guerre de juillet 2006), il (l’ennemi israélien) a voulu nous revenir par derrière les frontières de l’est, via la Syrie, en ayant recours aux groupes takfiristes ». A partir de ce stade le recours à Marie-Jeanne de la Bekaa est vivement recommandé. Mais le plus grotesque dans ces propos, ce n’est pas cette allégation sur les extrémistes sunnites qui seraient dirigés par l’État hébreux, mais cette fabulation sur la victoire de 2006. Bon, ce n’est pas pour énerver hajj Raad, souffrant déjà d'indigestion chronique, mais la réalité étant ce qu’elle est, il m'oblige à rappeler que depuis 2006, Hassan Nasrallah ne voit plus la lumière sereine d’Allah, sob7ano ta3ala, mais vit avec l’électricité capricieuse de ce Gebrane Bassil, alors que la sexy Tzipi Livni, ministre israélienne des Affaires étrangères en 2006, peut bronzer en bikini quand bon lui semble sur les plages de Tel-Aviv. C’est sans parler du fait que cette catastrophe déclenchée par le Hezbollah, nous a coûté près de 1 500 vies et l’équivalent de 50 % de notre PIB de l’époque (une dizaine de milliards de dollars), moins de 175 morts et 3 % du PIB du côté israélien. Wlak khlosna ya hajj, avec cette légende de la victoire divine de 2006.

5. LES COMPLICES : certains pays arabes et le camp libanais du 14 Mars. « Des forces arabes de la région (allusion à l’Arabie saoudite et le Qatar) et des forces politiques au Liban (allusion au camp du 14 Mars, notamment au courant du Futur) ». A partir de cette limite, il faut une overdose de Captagon pour le croire. Rappelons que ce médicament « made in Lebanon », est un produit stupéfiant fabriqué par les laboratoires Moussaoui Bros., les frères du député du Hezbollah, Hussein al-Moussaoui. Il est destiné aux marchés du Golfe, notamment à ce « maudit Royaume », ce qui permet de générer un cash-flow très appréciable à l'heure de l'enlisement en Syrie et des restrictions budgétaires de la maison mère, la République islamique d'Iran.

6. LES PRÉPARATIFS : « Ils ont commencé à se préparer d’une façon continue sur un an et huit mois... Trafic d’armes et d’hommes (entre le Nord du Liban et la Syrie) ; ouverture de camps d’entrainement dans le Nord (du Liban) et à Ersal dans la Bekaa ; formation des takfiristes ; affrètement de bateaux vers les ports du Nord avec la complicité de certains services officiels ; déchargement des armes des navires ; stockage des armes par les gangs dans le Nord ; transfert des armes vers la Syrie ; infiltration des bandes armées (de la Syrie vers le Liban) pour créer leur base d’attaque (contre le Hezbollah) ; transformation de la ville de Qousseir (Syrie) en un axe hostile ». Foutaises. Qui peut croire la moitié d’un quart de seconde que tout cela a pu exister réellement, au vu et au su des renseignements de l’armée libanaise, sans laisser beaucoup de traces ? Personne. Faudra rappeler au député du Hezb que la bande à Assir a été réduite en poussière en quelques heures, alors le déchargement des nombreux bateaux bourrés d’armes à Tripoli et tous ces camps d’entrainement à Ersal, font plutôt sourire. Ce qui est sûr et certain, c’est que le Hezbollah dispose du Liban comme bon lui semble (détention illégale d'armes légères et lourdes, stockage d'armes sur tout le territoire libanais, disposition d'un réseau illégal de communication, création de zones extraterritoriales interdites aux services de l’État libanais, contrôle de l'aéroport et du port de Beyrouth, etc.) et la frontière syro-libanaise est grande ouverte aux miliciens chiites. Wlak ya hajj, il ne faut jamais trop grossir la couleuvre, après les gens ne parviennent plus à l’avaler !

7. LE SUPERVISEUR : le général Achraf Rifi. « Nous avons vu comment leur ancien directeur (des complices) a révélé son vrai visage de chef d’une milice, et non de directeur général des Forces de Sécurité Intérieure (FSI) ». Pas de doute, cet honnête citoyen est la bête noire du Hezbollah, comme l’a été son subordonné, le chef des renseignements des FSI, Wissam el-Hassan, assassiné il y a un peu plus d’un an. Ces deux patriotes irréprochables sur le plan national depuis qu’ils ont réussi à démanteler de nombreux réseaux d’espionnage au profit d’Israël (dont celui de Fayez Karam, un proche du général Michel Aoun, l’allié du Hezbollah), sont ceux qui ont permis à diverses enquêtes criminelles de progresser, mais hélas, pas dans le sens souhaité par la milice chiite : sur l’assassinat de l’ancien Premier ministre libanais, Rafic Hariri (qui a conduit à l’accusation de cinq membres de la milice chiite), sur le projet terroriste de leur allié Michel Samaha (qui planifiait plusieurs attentats confessionnels au Liban à la demande du régime syrien), et sur les attentats perpétués cet été à Beyrouth et à Tripoli (qui conduisent vers leur allié syrien). Ce n’est pas par hasard que Hassan Nasrallah et Michel Aoun ont remué ciel et terre pour ne pas proroger le mandat d’Achraf Rifi à la tête des FSI.

8. LES EXPLOITS : « Tout ce qu’ils (les complices) ont préparé et réalisé sur 1 an et 8 mois (les préparatifs), la résistance l’a dynamité en 18 jours, renversant la table sur leurs têtes, modifiant l’équation en Syrie et dans la région. » Une victoire schizophrénique à rajouter au tableau mythologique du Hezbollah, juste après la délirante « victoire divine » de 2006. Le hajj a omis de préciser à son audience que le Hezb a déjà perdu plusieurs centaines de ses miliciens en Syrie, morts sans pouvoir changer la donne sur le fond, et que le régime syrien, qui est soutenu massivement par la Russie et l’Iran, ne parvient toujours pas, après 128 semaines de combats et malgré la supériorité militaire, à écraser une « rébellion d’obsédés sexuels par le nika7 », à croire les services syriens de propagande, qui de surcroit, n'est soutenue ouvertement par personne !

9. LA MOTIVATION : « Nous sommes intervenus en Syrie pour empêcher leur intervention, leur complicité et leur conspiration contre la résistance, sa population, ses hommes et ses réalisations afin de protéger le Liban de leurs actes et de leurs crimes. » Wlak ya hajj, kel chi mata ma zed, na2ass, même en fumant toute la récolte de marijuana de la Bekaa en une seule nuit, on ne pourra pas te croire ! La milice chiite libanaise n’est intervenue aux côtés du régime alaouite syrien, qu’à la demande de la République islamique chiite d’Iran, que pour protéger sa base logistique et pour maintenir l’axe Téhéran-Damas-Da7iyé, pleinement opérationnelle.

10. LES MENACES à l’encontre du 14 Mars : « Nous avons renversé la table sur leur tête. Et gare à vous de penser refaire la même chose. Nous nous sommes défendus et nous avons défendus notre Liban... Mais méfiez-vous, ne nous pousser pas à agir autre que par la défensive... Nous couperons la main de ceux qui ont voulu faire du Liban un lot de consolation pour certains de ce monde (allusion aux Etats-Unis, Arabie saoudite et Qatar). » Rien de nouveau dans la linguistique du Hezbollah. Il s’agit d’une arrogance fanatique, qui n’a rien à envier aux propos les plus takfiristes de Jabhat el-Nosra et d’al-Qaeda. Tout le monde se souvient des affiches menaçantes placardées en plein cœur de Beyrouth où le prétendu parti d’Allah menaçait de « couper la main et la tête, et d’arracher l’âme de tous ceux qui pensent au désarmement du Hezbollah » afin d’éviter le questionnement sur le désastre qu’il a déclenché le 12 juillet 2006. C’est sans parler aussi des menaces proférées à diverses reprises par Hassan Nasrallah himself de réitérer l’exploit funeste de son « jour glorieux » (invasion de Beyrouth et du Mont-Liban le 7 mai 2008) et de trancher les mains, à chaque fois que son organisation s’est retrouvée dans un sacré merdier. Aujourd’hui, le Hezb cherche par tous les moyens d’éviter le questionnement sur son intervention massive au-delà des frontières, à des centaines de kilomètres de la frontière libano-israélienne. Shalom à tous !

11. LE MESSAGE : « Le centrisme ne doit pas signifier du tout la neutralité... Il n’y a pas de centrisme qu’on appelle distanciation de soi. » On ne peut pas faire mieux pour conditionner le comportement du maillon faible de l’échiquier politique libanais, Walid Joumblatt, et intimider le chef de l’État, Michel Sleiman, qui a osé à plusieurs reprises remettre le Hezbollah à sa place, la veille de l’élection présidentielle.

12. LES DIVAGATIONS : « Nous sommes ceux qui comprennent et incarnent le sens de la souveraineté, et non ceux qui commercent avec la souveraineté et qui brandissent ses slogans uniquement sur les places publiques ». Wlak ya hajj ya 3aïné, yallé beito min 2ezéz ma béréchi2 el ness bel 7jar ! Le député de Nabatiyé a oublié sans doute que le slogan de rassemblement du Hezbollah le 8 mars 2005 à Beyrouth, était « Merci la Syrie des Assad ». De quelle souveraineté il parle, alors que sa milice ne cache pas sa fierté de son allégeance à Wali el-Fakih, le guide suprême de la République islamique d’Iran, Ali Khamenei. Quelle mascarade.

13. L’EXPLOITATION. Ce discours abject n’aurait jamais pu avoir lieu si le 14 Mars, principal camp d’opposition à l’hégémonie du Hezbollah sur le Liban, avait su s’opposer efficacement à la plus grave menace pour la structure et l’identité libanaises : en affichant plus de fermeté avec le Hezbollah (un honteux « 7 mai » ne se termine pas par un honorable accord de Doha !), ainsi qu’avec Walid Joumblatt (l’incarnation de l’opportunisme politique), en ne misant pas sur la « chute imminente » de Bachar el-Assad (annoncée tous les vendredis depuis 128 semaines) et en présentant à la population libanaise un programme politique ambitieux avec des engagements concrets, précis et clairs.

14. L’ANGOISSE. En dépit de cette assurance affichée devant quelques villageois, hajj Raad sent que le vent locorégional n’est plus aussi favorable. Les sujets d’inquiétude pour le Hezbollah sont nombreux. Les dérapages sécuritaires impliquant directement la milice du Hezbollah et ses alliés (les combats contre les miliciens d’Assir aux côtés de l’armée libanaise ; les barrages miliciens à Beyrouth et dans la Bekaa ; les projets d’attentats de Michel Samaha à la demande du régime syrien ; les attentats de Beyrouth et de Tripoli qui mènent vers le régime syrien et la complicité de chefs alaouites libanais) ; l’enlisement du Hezbollah dans la guerre civile syrienne ; la grogne dans la communauté chiite libanaise (due à l’implication du parti chiite en Syrie, à l’intimidation des opposants chiites comme Rami Ollaik, au meurtre d’opposants chiites comme Hachem Salman, à la persécution d’opposants chiite comme Ahmad el-Assaad et sayyed Ali el-Amine) ; le classement du Hezbollah sur la liste des organisations terroristes par l’Europe ; l’écrasement de ses alliés Assad-Poutine devant l’armada américaine (pour éviter l’humiliation des frappes) ; l’obligation du régime syrien et de son protecteur russe d’accepter de détruire l’arsenal chimique syrien, sans aucune condition ; l’asphyxie économique de l’Iran, son protecteur ; le possible accord international sur le dossier nucléaire iranien ; l’imminence de l’ouverture du procès des cinq membres du Hezbollah (chiites) accusés de l’assassinat de Rafic Hariri (sunnite).

15. LA CERTITUDE. De tous ces sujets d’inquiétude, le point qui effraye le plus la puissante milice chiite, c’est incontestablement le Tribunal Spécial pour le Liban (TSL). C’est le seul paramètre que le Hezbollah ne contrôle pas, et ceci grâce au génie du 14 Mars, spécialement de Fouad Siniora, qui a placé ce dossier loin des magouilles orientales et des arrangements à la libanaise, entre les mains du Conseil de sécurité de l’ONU.

Le Hezbollah a échoué à discréditer la plus haute juridiction internationale. Il sait que le distinguo entre les accusés et le Hezb est une omission politique volontaire et temporaire. Il sait aussi que les accusations contre lui sont en béton. Il sait intimement que sa condamnation judiciaire est inévitable. Il sait également qu’il y aura un avant et un après la condamnation du Hezb par le TSL.

Voilà pourquoi Hassan Nasrallah veut désespérément entrer dans le gouvernement de Tammam Salam, qui sous sa gouvernance aura probablement lieu le procès historique de l'odieux crime du 14 février 2005. Voilà aussi pourquoi Michel Aoun fait les yeux doux à Saad Hariri, mettant au placard son Pacs contre nature avec Hassan Nasrallah. Sauve qui peut à l’heure où son ennemi juré, Samir Geagea, risque de lui voler le rêve de sa vie, et à l’heure où Dory Chamoun, Amine Gemayel, Carlos Eddé et Sleiman Frangié ont tous plus de chances que lui, de briguer la présidence de la République libanaise. Voilà également pourquoi Mohammad Raad voudrait en pleines échéances gouvernementales, législatives et présidentielles, empêcher Walid Joumblatt de faire une énième volte-face, vers le 14 Mars cette fois-ci, et cherche à intimider le général Michel Sleiman, dont les prises de positions patriotiques depuis un certain temps inquiètent particulièrement les instances du Hezb et qui pourrait voir son mandat prorogé. Nabih Berri ne veut surtout pas rater une occasion en or pour jouer au messie politique, et battre son propre record à la tête du Parlement (since 1992 too), et Najib Mikati souhaite effacer de la mémoire collective libanaise qu’il fut pendant un laps de temps, Judas l’Iscariote, à la solde des assassins de l’ex-Premier ministre du Liban, le plus grand leader de la communauté sunnite libanaise. Tous les protagonistes de l’échiquier politique libanais sont conscients que toute erreur aujourd’hui, sera payée double demain.

Le TSL a fixé provisoirement la date d’ouverture du procès des assassins de Rafic Hariri au 13 janvier 2014. Ghamdo 3ein, fatt7o 3ein, on y sera et ça fera mal. Les problèmes gastro-intestinaux de hajj Mohammad Raad ne feront que s'aggraver. Le Hezbollah ne s’en remettra pas d'une telle condamnation de sitôt, à condition que le 14 Mars ne fasse pas de faux pas, encore. Il y a un risque important de récidive. Il faut dire que le
« syndrome de Doha » est pernicieux. Achtung baby !