vendredi 8 août 2014

Contrôle de la frontière syro-libanaise et création de camps de réfugiés en territoire syrien, sinon, à la prochaine ! (Art.240)


Le 2 août 2014, les pillards de la Révolution syrienne décident de s’en prendre à l’armée libanaise et aux Forces de sécurité intérieure suite à l’arrestation au Liban d’un djihadiste syrien du Front al-Nosra et de l'Etat islamique. Le 28 mai 2014, des ressortissants syriens de Syrie et des réfugiés syriens au Liban se ruent à l’ambassade syrienne pour reconduire le dernier tyran des Assad. Le 23 août 2013, les Eid organisent un double attentat à la sortie d’une mosquée de Tripoli et se réfugient en Syrie. Le 28 mai 2013, les occupants d’un Hummer venant de Syrie abattent trois soldats libanais dans la Bekaa et repartent en direction de la Syrie sans la moindre inquiétude. Le 16 mars 2013, le porte-parole de l’Armée syrienne libre déclare que les rebelles syriens seraient prêts à se retirer du Liban si l’armée libanaise assurait le contrôle de la frontière avec la Syrie. Le 1er février 2013, l’arrestation d’un suspect libanais anti-régime syrien par les autorités libanaises dégénère en un affrontement entre une unité des renseignements de l'armée libanaise et un groupe armé libanais de la région de Ersal. Le 9 août 2012, Michel Samaha est arrêté en possession de 24 charges explosives fournies par le chef de la sécurité nationale syrienne, en vue de concocter des attentats terroristes à caractère confessionnel et djihadiste dans le Nord du Liban à la demande personnel de Bachar el-Assad. Et depuis le début du conflit syrien, le Hezbollah enterre ses miliciens tués en Syrie en mentionnant expressément qu’ils sont morts dans l’accomplissement de leur devoir djihadiste, les ressortissants syriens affluent en masse au Liban et plusieurs attentats ensanglanté régulièrement diverses régions libanaises. Bonjour le contrôle de la frontière syro-libanaise !

Tous ces incidents, qui ont impliqué des ressortissants Syriens et Libanais de tout bord, des partisans et des opposants de Bachar el-Assad, renvoient tous à ce qui se passe en Syrie. Ils prouvent que l’État libanais n’exerce pas sa souveraineté au niveau de la frontière syro-libanaise. De ce fait, celle-ci n’est plus qu’une passoire depuis un long moment. Depuis l'Indépendance même, autant la première que la seconde. En tout cas, des djihadistes syriens sont bel et bien infiltrés dans les rangs des réfugiés syriens. Ils n’hésitent pas à défier l’État libanais et attaquer ses institutions. La question qui se pose est donc de savoir que peut-on bien faire pour éviter la suite logique de ces tragédies ?

Le 14 Mars, le courant du Futur comme les partis des Kataeb et des Forces libanaises, affirme que l’intervention de la milice chiite aux côtés du régime alaouite, est directement responsable de l’arrivée des djihadistes au Liban. Il sous-entend que le retrait des miliciens libanais de Syrie, éloignera les djihadistes syriens du Liban. Il échappe au camp souverainiste que le « Levant » de l’ancienne dénomination de l’État islamique (État islamique en Irak et au Levant), comprend le Liban. Le 8 Mars, Michel Aoun en tête, prétend qu’il n’en est rien, les terroristes syriens seraient venus avec ou sans l’implication du Hezbollah en Syrie, motivés par le caractère islamiste de leur mouvement et l’expansionnisme djihadiste qui les anime. Même si ceci n’est pas complètement faux, il ne peut échapper au chef du Courant patriotique libre, que cette double motivation est partagée par son allié avec qui il s’est pacsé il y a plus de huit ans.

Quoi qu’il en soit, trois choses sont sûres et certaines, n’en déplaise aux deux camps : 

1. En intervenant en Syrie, depuis plus de deux ans, les miliciens chiites libanais (Hezbollah) ont donné une « raison supplémentaire » aux djihadistes sunnites syriens (Nosra/État islamique) d’agir au Liban. Leur retrait de Syrie, ôtera donc cette raison, c’est aussi simple que cela.

2. En annonçant la présence de rebelles syriens à Ersal, par Louay al-Moukdad lui-même, il y a un an et demi, et étant donné le grossissement incontrôlé du nombre de ressortissants syriens au Liban -je rappelle que les réfugiés, les déplacés, les rebelles, les djihadistes, les chabiha, les moukhabarat ou les diplomates, comme tous les ressortissants syriens, peuvent rentrer librement au pays du Cèdre- l’attaque odieuse du 2 août était donc parfaitement prévisible. 

3. Ni le régime syrien de Bachar el-Assad, malgré l’aide apportée par les miliciens chiites du Hezbollah, ni les rebelles syriens, malgré la contribution des djihadistes de tout poil, ne sera en mesure de l’emporter à court ou à moyen terme. La guerre civile syrienne sera encore très longue et la solution est plus que jamais politique. Gare au 8 Mars et au 14 Mars de commettre la double erreur du printemps 2011, celle qui a consisté à croire chaque semaine, pendant les deux années suivantes, que tout allait se régler dans un sens ou dans un autre, mardi ou vendredi prochain.

Qui ne veut pas reconnaitre ces trois certitudes, n’a qu’à foutre sa tête d’autruche dans le premier bac à sable qu’il trouve.

L’attaque des djihadistes au Liban est inadmissible. Il n’empêche que l’exagération du phénomène de « l’État islamique » par les médias libanais pro-régime syrien est suspecte. Elle n’est là que pour justifier et couvrir l’enlisement de la milice du Hezbollah dans la guerre civile syrienne, aux côtés du régime alaouite de Bachar el-Assad, contre les rebelles sunnites. Nul besoin de disserter sur le fait que l’armée libanaise viendra rapidement à bout du soulèvement des djihadistes syriens à Ersal, comme elle l’a déjà fait au prix d’un grand sacrifice en 2007 contre les islamistes de Fateh el-islam à Naher el-bared, malgré la « ligne rouge » fixée par Hassan Nasrallah pour empêcher son intervention, et en un claquement de doigts contre la bande à Assir dans la région de Saïda en 2013, avec la participation active du Hezbollah. Sa force de frappe, le feu vert du gouvernement libanais et le soutien politique et populaire des Libanais toutes tendances politiques et appartenances communautaires confondues, ne laissent de la place à aucun doute. Mais, ce qui était prévisible dans le passé, l'est aujourd'hui pour l’avenir, si aucun des paramètres principaux qui ont mené à l’attaque du 2 aout, et aux autres incidents relevés au début de l’article, ne change pas. L’attaque du 2 août se répètera vraisemblablement sous la même forme ou sous une autre forme. La situation s’envenimera. Il y aura des actions d'une plus grande ampleur et d’une meilleure efficacité. On ne les évitera certainement pas en laissant les miliciens « chiites » du Hezbollah aller combattre les rebelles et les djihadistes « sunnites » en Syrie, alors que le conflit syrien est encore long et en dépit de tout bon sens stratégique, politique et militaire. Enno ma3lé !

Comme je l’ai exprimé à chaud, pour contrer les attaques djihadistes au Liban, il y a deux actions concrètes : le contrôle hermétique par l’armée libanaise de la frontière syro-libanaise, dans les deux sens, cela va de soi, et la création de camps de réfugiés en territoire syrien. La première action est aisée à mettre en œuvre et dépend entièrement des Libanais. On aurait dû la faire dès le 26 avril 2005 à minuit. La deuxième est complexe et dépend des pressions internationales sur le régime syrien. On aurait dû y travailler pour la concrétiser, depuis l’afflux massif des réfugiés syriens au Liban à l’été 2012. Le 14 Mars -le chef du Futur, Saad Hariri, ainsi que les leaders chrétiens, Samir Geagea et Amine Gemayel- est sans aucune ambiguïté pour la 1re action, qu’il réclame depuis plusieurs années. Il l’a fait savoir de nouveau il y a quelques jours lors de la réunion de toutes ses composantes. Par contre, il ne s’est pas prononcé pour la 2e action. De l’autre côté, le 8 Mars, dans toutes ses composantes -de Hassan Nasrallah au leader chrétien Michel Aoun- est contre la 1re action, sans aucune ambiguïté. Il l’a fait encore savoir récemment. En plus, il ne veut surtout pas débattre de la 2e action, pour la bonne raison que son allié à Damas, Bachar el Assad, a exprimé à maintes reprises sa vive opposition à cette option.

Ainsi, afin d'éviter que le drame du 2 août ne se répète à l'avenir, il revient au 14 Mars de se prononcer sur la création de camp de réfugiés en territoire syrien, et non « en territoire libanais », en mettant la communauté internationale, mais aussi les rebelles syriens devant leurs responsabilités. Au 8 Mars d'accepter le déploiement immédiat de l'armée libanaise le long de la frontière syro-libanaise, pour assurer un contrôle hermétique de cette passoire dans les deux sens. S’il faut « négocier » avec le régime syrien, comme l’a suggéré Michel Aoun il y a quelques jours, le 8 Mars devrait commencer par convaincre son allié Bachar el-Assad d'accepter la création de camps de réfugiés en territoire syrien. 

L'arrivée inattendue de Saad Hariri, le chef du 14 Mars, à Beyrouth aujourd'hui même, offre une occasion en or aux leaders libanais pour mettre un terme à la politique de rafistolage qui règne dans notre pays et dans tous les domaines -de la vacance présidentielle au contrôle des frontières- à condition que tout le monde soit sincère. Sinon, en route vers le pire et à la prochaine !


Post-scriptum 1
Il faut attirer l'attention des lecteurs qui n'avaient pas de réseau durant les trois dernières années, que le 8 Mars s’est retrouvé seul au pouvoir bien avant le début du conflit syrien en mars 2011. C’est donc durant le règne du 8 Mars que nous avons connu l'émergence des graves problèmes auxquels nous devons faire face actuellement: le phénomène djihadiste en Syrie et au Liban, l'implication du Hezbollah dans la guerre civile syrienne et l'afflux de réfugiés syriens au Liban. À ce stade, étant donné la gravité de la situation au Liban, au moment où l'armée libanaise est encore engagée dans les combats contre les terroristes d'al-Nosra / État islamique, il faut sans doute et dans l'intérêt du Liban, agir avec efficacité plutôt que de palabrer sur le passé : combattre les djihadistes au Liban, déployer l'armée libanaise aux frontières, fermer la frontière syro-libanaise dans les deux sens, créer des camps de réfugiés en territoire syrien et expulser les réfugiés-djihadistes et les réfugiés-chabiha actuellement au Liban vers la Syrie.

Post-scriptum 2
La frontière syro-libanaise fait 375 km, ce qui n’est pas une mince affaire à contrôler. Mais, l’armée libanaise y arrivera puisqu’elle peut compter sur 130 000 actifs à ce qu’il parait et 280 000 réservistes. Son budget est de près de 2 milliards de dollars par an. Elle a un bon d’achat de 3 milliards de dollars d’armement français de la part de l’Arabie saoudite (en suspens à cause de certains intermédiaires qui auraient réclamé 500 millions de dollars de commission !), dont un milliard de dollars à usage immédiat. Elle a zéro dollar de la part de la République islamique d’Iran, qui préfère financer la milice du Hezbollah, qui a fait allégeance au wali el-fakih, le Guide suprême, Ali Khameneï. Les 25 000 hommes des Forces de sécurité intérieure pourront être mis à contribution. On peut se faire aider aussi par les contingents de la FINUL, jusqu’à 15 000 hommes comme le prévoit la résolution 1701, en demandant au Conseil de sécurité de modifier les règles d’engagement de la Force intérimaire des Nations unies au Liban.

Post-scriptum 3
Qui tient à se rendre en Syrie dans les circonstances actuelles, n'a qu'à prendre un vol direct pour Damas, ou à défaut, il n'a qu'à transiter par Istanbul ou Téhéran, selon affinité, pour y passer quelques jours de vacances avant de s'engager à mort dans les combats. Khalli el chabibé terte7 wou traïyi7 ! L'avenir de la région dépend avant tout des peuples de la région et non de Barack Obama, de Vladimir Poutine ou de Bakhos Baalbaki. Contrairement à ce qu’elles pensent, les autruches de toute plume devraient savoir que les djihadistes de tout poil disparaitront quand il y aura des régimes démocratiques, souverainistes et forts à Téhéran, à Bagdad, à Damas et à Beyrouth. Les situations contraires, des régimes dictatoriaux, vassaux et faibles au Moyen-Orient, comme c'est le cas actuellement, ne feront que les renforcer.

lundi 23 juin 2014

Désolé, mais Michel Aoun est inéligible ! Pas à cause du Hezbollah mais parce qu’il est impliqué dans 99,48 % des 969 jours de vacance du pouvoir au Liban. Épisode 1/3 (Art.235)


De même que « l’on peut rire de tout, mais pas avec n’importe qui », comme le disait si bien l’humoriste français Pierre Desproges, je suis convaincu que l’on peut débattre de tout, mais pas avec tout le monde. Cet article est le premier d’une trilogie que je consacre au général Michel Aoun. J’aime les articles-trilogies qui me permettent d’attaquer un problème sous trois angles différents ou complémentaires. Je ne suis pas à mon premier essai. J’ai eu recours à ce procédé à plusieurs reprises dans le passé, notamment au sujet de l’élection présidentielle libanaise. 

C’est navrant d’en arriver là. Mais, quand des leaders dépassent les bornes, wou ma bé7isso 3a dammoun mennoun la 7aloun, il est du devoir des citoyens de leur fixer des limites. Avec cet énoncé irritant, beaucoup se doutent déjà où BB veut en venir. Mais, ce n’est pas aussi simple. Laissez-moi vous expliquez l’origine de cette réflexion, vous pourrez alors mieux suivre le cheminement de ma pensée.

Tout a commencé en regardant Michel Aoun le mardi de la semaine dernière. La veille de la 7e séance électorale, le candidat permanent à la présidence de la République libanaise since 1988 affirme que « la présidence pour les chrétiens n’est pas à mendier ». Bon, disons qu’il n’y a rien d’étonnant dans une telle déclaration, pour un populiste de la trempe du général. Pas le reste. Dans cette longue interview qu’il a accordée à OTV, la chaine du Courant patriotique libre où il était assuré de la docilité du journaliste, il ajoute avec un air solennel à faire rire tous ceux qui ont de la mémoire : « Tout le monde doit comprendre, des États-Unis, à la Russie, à nos voisins arabes et à nos confrères de l’intérieur : je ne mendie pas la présidence d’eux, je suis le plus fort grâce à ceux que je représente. » Parole de candidat consensuel, n’est-ce pas ? Lol ! La dernière fois que le général Michel Aoun a tenu des propos aussi grotesques et mégalomanes, presque mot à mot !, c’était quelque temps après sa désastreuse nomination comme Premier ministre intérimaire, le 22 septembre 1988, justement dans un contexte semblable à celui d’aujourd’hui, en pleine vacance de la présidence de la République libanaise. À l’époque aussi, pour le général, tout le monde devait comprendre, 3antariyett contre les mêmes États-Unis, bahwariyett contre les mêmes pays arabes, wa 7ouroub elgha tous azimuts, avant de prendre le premier tank en direction de l’ambassade de France, aux premiers grondements des Sukhoï syriens dans le ciel de Beyrouth au matin du 13 octobre 1990, trois-quarts d’heure seulement après l’entrée des troupes syriennes dans les régions chrétiennes libres, accompagnées de la milice du Hezbollah dans certaines zones, pour la première fois depuis l’occupation du Liban par la Syrie en 1976.

Ce rapprochement m’a amené à effectuer une recherche sur la vacance présidentielle dans l’histoire de la jeune République libanaise. Comme vous le verrez, c’est très instructif. Notre pays a connu quatre périodes de vacance au niveau de la magistrature suprême, avec celle que nous vivons actuellement. Nous avons été sans président, officiellement ou de facto, pendant 969 jours en 70 ans d’indépendance, soit près de 2,7 ans pour un compteur arrêté au 23 juin 2014. Eh bien, figurez-vous, mes chers compatriotes, que Michel Aoun est impliqué directement dans 3 des 4 périodes de vacance présidentielle, soit au total dans 964 jours de vacance qui représentent 99,48 % des jours de vacance du pouvoir que nous avons connue. Certes, il ne porte pas seul cette responsabilité, mais sa contribution à ce dysfonctionnement grave de notre démocratie est impressionnante. Voici les détails.

La première période de vacance présidentielle s’est déroulée à une époque où les institutions libanaises fonctionnaient correctement, au moins à ce niveau. Le jeudi 18 septembre 1952, Fouad Chehab, commandant de l’armée libanaise, est nommé comme Premier ministre intérimaire avec pour mission d’organiser des élections présidentielles de toute urgence. La mission fut accomplie avec succès grâce à l’élection de Camille Chamoun, le lundi d’après. C'est à peine croyable ! La vacance de la présidence de la République sous Fouad Chehab en 1952 n’a duré que 5 jours, sans aucune conséquence notable ni pour notre pays ni pour ses citoyens.

Pour la seconde période de vacance, ce n’est pas la peine de préciser les mois, encore moins les jours de la semaine. Juste pour info, le 22 septembre 1988, à la surprise générale, pour éviter à « choisir entre Mikhaël Daher et le chaos » -et Dieu sait qu’avec le recul, tous les « patriotes » ont eu tort d’ignorer les mises en garde de l’émissaire de Ronald Reagan (que beaucoup regrettent et pourtant !), il fallait incontestablement choisir Michaël Daher- le président sortant Amine Gemayel, nomma le commandant de l’armée libanaise, le général Michel Aoun, comme Premier ministre intérimaire avec pour mission d’organiser des élections présidentielles de toute urgence. Hélas, n’est pas Fouad Chehab qui veut, mais qui peut ! Michel Aoun ne s’est jamais occupé de ce qu’exigeaient de lui le devoir patriotique et la Constitution du Liban. Bien au contraire, tout était bon pour se dérober à sa mission et rester au pouvoir par tous les moyens, avec de très graves conséquences pour le Liban et le peuple libanais, notamment pour les communautés chrétiennes, qu’il prétend aujourd’hui défendre. Après une refonte de la Constitution et des prérogatives du « président maronite », deux guerres dévastatrices pour les « régions chrétiennes libres » et deux ans de désolation plus tard, il fut délogé de Baabda par les troupes syriennes du premier tyran des Assad. Non seulement, Michel Aoun n’a pas rempli sa mission, organiser l’élection d’un nouveau président, mais pire encore, il était officiellement sur le plan national et international en « rébellion » contre l’État libanais. Il n’a permis, ni à René Mouawad, élu président de la République libanaise le 5 novembre 1989, ni à son successeur, Elias Hraoui, élu après l’assassinat du premier le 24 novembre 1989, de s’installer à Baabda. La vacance de la « présidence à Baabda » sous Michel Aoun comme Premier ministre en 1988 a duré de facto 751 jours au total. Plus de 2 ans, le record.

La troisième période de vacance est intervenue à une époque où la nouvelle Constitution libanaise issue de l’accord de Taëf (1989) prévoit que le Conseil des ministres hérite des prérogatives présidentielles et qu'il revient au Premier ministre en exercice d’assurer l'expédition des affaires courantes du pays et la tenue de nouvelles élections présidentielles conjointement avec le président du Parlement. Mais, en novembre 2007, face au blocage des forces du 8 Mars -les troupes de Hassan Nasrallah, de Nabih Berri et de Michel Aoun, campaient place Riyad el-Solh au pied du Grand Sérail pour faire tomber le gouvernement libanais et Nabih Berri avait fermé les portes du Parlement à double tour !- on n’a pas réussi à accomplir convenablement cette tâche sous le gouvernement de Fouad Siniora. Il a fallu l’invasion de Beyrouth et du Mont-Liban par les miliciens du 8 Mars, du Hezbollah et du Parti National Syrien, et la grave menace de guerre civile qui planait à ce moment critique de notre histoire, pour dégager un consensus autour du commandant de l’armée libanaise de l’époque, Michel Sleiman, qui sera élu le 25 mai 2008. La vacance de la présidence en 2007 a duré 183 jours.

Quant à la quatrième période de vacance, elle vient juste de commencer, le 25 mai 2014. Une façon de parler ! Tout indique qu’elle ne sera pas de courte durée, un paramètre connu depuis la nomination de Tammam Salam en avril 2013, et qui prouve aujourd’hui, que Samir Geagea n'aurait pas dû exclure son parti, les Forces libanaises, du gouvernement de Tammam Salam, en février 2014, alors qu’il projetait se porter candidat à la présidence de la République. Comme en 2007, le Premier ministre en exercice, Tammam Salam, est censé expédier les affaires courantes et assurer de toute urgence, conjointement avec le président du Parlement, l’élection d’un président à la tête de la République libanaise, mais absolument pas, de gouverner comme si de rien n’était, comme il le fait actuellement et comme le souhaitent la pie, le caméléon, le renard et tant d’autres. Mais là aussi, comme en 2007, les forces du 8 Mars -les députés de Hassan Nasrallah, de Nabih Berri et de Michel Aoun- bloquent la situation, boycottent les séances électorales du Parlement et attendant un vent d’Est plus favorable. La vacance du pouvoir en 2014 dure depuis 30 jours.

Notre démocratie garantit à chaque citoyen le droit de penser ce qu’il veut de Michel Aoun, de Samir Geagea, d’Amine Gemayel, de Sleiman Frangié, de Boutros Harb, d'Henri Helou, de Dory Chamoun, de Carlos Eddé, d'Emile Rahmé, de Jean Obeid, de Ziad Baroud, de Riad Salamé, de Nadine Moussa et de Bakhos Baalbaki. On peut les adorer, les apprécier, les négliger, les mépriser ou les haïr. On peut émettre des hypothèses sur leurs choix politiques. On peut disserter et disséquer leurs alliances. Mais, nul ne peut contester les faits résumés dans le graphe inséré au début de cet article. De tous ces candidats déclarés ou potentiels à la présidence de la République libanaise, seul Michel Aoun est impliqué dans 99,48 % des 969 jours de vacance du pouvoir, en seulement 70 ans d’indépendance (1943-2014). Eh na3am !

Le général a sans doute une tonne d'excuses bidon à fournir. Mais dans ce contexte, je voudrais rappeler quand même quelque chose de fondamental. À force de se perdre dans les méandres et les impasses de la politique libanaise, on oublie parfois l’évidence. Le président de la République est le seul haut personnage de l’État qui prête serment au Liban. Ni le Premier ministre, ni le président de l’Assemblée, ni aucun des ministres ou des députés, ne le fait. Certes, ses prérogatives ont été limitées par l’accord de Taëf, il n’empêche que l’article 49 de la Constitution libanaise précise clairement que seul « le Président de la République (...) veille au respect de la Constitution ». C’est son devoir, comme on peut le lire dans l’article 50. « Avant de prendre possession de ses fonctions, le Président de la République prête serment de fidélité, devant le Parlement, à la Nation Libanaise et à la Constitution, dans les termes suivants: "Je jure par Dieu Tout-Puissant, d’observer la Constitution et les lois du Peuple libanais, de maintenir l’indépendance du Liban et l’intégrité du territoire". » Elle est là l’évidence ! Le fait que le « candidat Michel Aoun » soit impliqué aussi massivement dans la vacance du pouvoir, à hauteur de 99,48 %, ce qui constitue une violation grave de la Constitution, le rend tout simplement inapte pour « prêter serment de fidélité à la Constitution », pour « observer la Constitution » et pour « veiller au respect de la Constitution ». Il devrait donc être déclaré tout simplement inéligible par le Parlement libanais et considéré comme tel par le chef du 14 Mars, Saad Hariri. Assez de tergiversations !

samedi 24 mai 2014

Et si le 14 Mars remplaçait Samir Geagea par Michel Aoun ? Les trois options du général : la grande porte, la petite porte ou la trappe (Art.230)


PRÉAMBULE. Pas besoin d'un grand manuel de stratégie pour cela. Encore moins de diplôme de Sciences Po & Co. Le bon sens suffit comme toujours. On ne se lance jamais dans une bataille perdue d’avance ! Ça serait un suicide. Surtout quand on a le choix. Au contraire, on fait tout pour l’éviter.

1. C’est un secret de Polichinelle. Michel Aoun est obsédé par la présidence de la République. Elle le rend malade. C’est un candidat permanent, since 1988. À l’automne de sa vie -3a 2bel el miyé mon général- elle pourrait encore lui échapper. Et c’est pour la 6e fois. C’est même la dernière chance pour lui. En 2020, il aura 86 ans. C’est impensable, même pour le livre Guinness des records. Tous les liftings et les cellules souches du monde n’y pourront rien. Les valises sous les yeux témoigneraient de l’impitoyable modelage du corps par le temps. En revanche, Samir Geagea, son ennemi juré, est dans la fleur de l’âge, si j’ose dire. Ose BB, ose ! Et de ce fait, ce grand avantage qu’il a sur Michel Aoun, lui donne trois chances théoriques de participer aux prochaines élections présidentielles. Et comme dit la Française des Jeux, il faut jouer pour avoir une chance de gagner. Cette situation rend le général encore plus malade. Tic-tac, tic-tac, on a l’âge de ses artères et on n’y peut rien contre l’horloge biologique. Bien qu’ambitieux, mais moins extraverti que le général, loger dans le palais de Baabda a séduit el-hakim. Il faut effacer les onze années d’emprisonnement politique par un coup d’éclat à la Mandela, le cauchemar du général. C’est dans ce contexte qu’il faut d’abord placer la candidature de Hakim à la magistrature suprême. Oui, c’est une démarche personnelle.

2. Néanmoins, aujourd’hui, soyons réalistes et ne demandons pas l’impossible. Samir Geagea n’a aucune chance d’accéder à la présidence de la République libanaise dans les 24h qui nous restent du mandat de Michel Sleiman. L’annonce de sa candidature a suscité l’enthousiasme de la base du parti des Forces libanaises et de beaucoup de militants au sein du 14 Mars, mais c’était peine perdue pour de multiple raisons. À commencer par la quadruple opposition farouche de ses ennemis jurés, Hassan Nasrallah, Michel Aoun, Nabih Berri et Walid Joumblatt. Il ne fait pas l’unanimité parmi ses amis non plus, rien que dans les rangs des Kataeb d’Amine Gemayel, malgré le soutien officiel, qui se voit lui aussi de nouveau à Baabda, à supposer que tout le monde au Futur le réclame, ce qui est loin d’être le cas, malgré une popularité certaine dans la rue sunnite.

3. Soyons encore réalistes, Michel Aoun n’a aucune chance d’y parvenir non plus dans le contexte actuel de ses alliances loco-régionales, avec la milice chiite du Hezbollah au Liban, le régime alaouite de Bachar el-Assad en Syrie et le régime chiite des mollahs en Iran, vu l’opposition farouche du 14 Mars contre ces trois entités.

4. Soyons toujours réalistes, si en biologie on a l’âge de ses artères, en politique, on a le poids de ses députés. Samir Geagea n’en a qu’une demi-douzaine et Walid Joumblatt un peu plus. Par contre, Michel Aoun bémoun sur 27 députés (un parlementaire sur cinq), soit autant que le tandem Hezbollah-Amal, nettement plus que le bloc du Futur. Certes, les Forces libanaises ont un poids électoral important, et leur positionnement inébranlable contre l’alliance tricéphale infernale, Hezbollah-Bachar-mollahs, et en faveur du Printemps arabe dès les premières éclosions, pas comme la girouette de Moukhtara, opportuniste de la dernière minute comme toujours, font de ce parti chrétien, un allié tactique et stratégique incontournable pour Saad Hariri et le Futur. Mais, retour sur Terre, l’élection du président de la République libanaise ne se déroule pas au suffrage universel. Tout se joue à l’Assemblée nationale.

5. Soyons réalistes, encore et toujours réalistes, le Liban est dans un sacré merdier. La principale échéance démocratique libanaise, les élections législatives, n’a pas été tenue à temps comme c’était prévue en juin 2013. Sur le plan théorique, le gouvernement actuel n’a qu’une mission, organiser la présidentielle et non les législatives. On n’en est pas encore là de toute façon puisque l’élaboration d’une nouvelle loi électorale est renvoyée aux calendes grecques. La crainte de tous, c’est que le gouvernement de Tammam Salam pourrait voir son espérance de vie s’allonger miraculeusement, au moins jusqu’à la fin du mandat du Parlement en novembre, si on ne parvient pas à trouver un successeur à Michel Sleiman dans les 24 heures. Le problème c’est que tout indique qu’on ne va pas y parvenir au moins pour ne pas faillir à notre réputation.

6. Le quorum de la séance électorale est de 2/3, soit 86 députés. Le débat sur l’élection du président de la République par la moitié des députés plus un, un point sur lequel le 14 Mars a longtemps déliré en 2007, est révolu. Certains reviennent quand même à la charge, mais ils ont tort. Avec le recul, Dieu sait à quel point la sagesse du patriarche maronite Mar Nasrallah Boutros Sfeir, qui s'est opposé avec vigueur à la demande du 14 Mars à l’époque, a sauvé le Liban d’une jurisprudence électorale triplement néfaste, à la démocratie, à l'union nationale et à la cohabitation islamo-chrétienne. Dans l’état actuel des poids parlementaires et des positionnements politiques des uns et des autres, entre le camp du 14 Mars, anti-syrien, et le camp du 8 Mars, pro-syrien, aucune élection présidentielle n’aura lieu avant samedi minuit, ni même après, pas uniquement faute de consensus sur un candidat, mais faute de quorum tout simplement. On peut déplorer ce défaut de quorum et passer tout l'été à pleurnicher, mais les lamentations en politique ne servent strictement à rien. Tout indique que la vacance présidentielle est imminente et certaine, il faut donc réfléchir à tous les moyens pour l'éviter.

7. Soyons maintenant irréalistes. Le général Michel Aoun est la principale force parlementaire chrétienne au Liban. Et ceci n’est pas prêt de changer dans l’avenir immédiat. GMA a tout fait dans sa vie controversée pour décrocher ce Graal. Primo, il a déclenché deux guerres dévastatrices, une contre les troupes syriennes d’occupation, menée avec la « résistance libanaise », reconnue comme telle par GMA himself, la milice des Forces libanaises (1989) ; et quelques mois plus tard, une autre contre cette « résistance libanaise » (1990), avec l’aide des milices pro-syriennes et des troupes syriennes d’occupation. Quelle audace mon général ! Secundo, il a conclu deux accords inimaginables, l’un avec le régime sécuritaire libano-syrien de la tyrannie des Assad, le père, pour partir en exil sous conditions (1990-1991), et treize ans plus tard, l’autre accord avec le régime sécuritaire libano-syrien de la tyrannie des Assad, le fils, pour retourner d’exil sous conditions (2004-2005). Encore de l’audace mon général ! Tertio, il a scellé deux alliances invraisemblables, une locale avec la milice illégale du Hezbollah (2006), une autre régionale avec les régimes de Bachar el-Assad en Syrie et des mollahs en Iran (2007-2008). Toujours de l’audace mon général !

Ce parcours « audacieux » qui peut sembler chaotique pour E.T., l’extraterrestre, ne trouve sa cohérence que dans l’ultime et unique but du général, celui de se faire élire « président de la République libanaise ». Tout ambition est louable, mais pas celle qui se fait au détriment de la nation ! Depuis son retour d’exil, le général Michel Aoun a eu le grand tort de croire que son accession à Baabda passait par Dahiyé, la banlieue sud de Beyrouth. Et pourtant, aucun GPS politique de bonne qualité n’y conduit. Comment a-t-il pu croire la moitié d’un quart de seconde qu’une alliance avec une milice qui n’a aucune base légale ou constitutionnelle, qui se fait appeler abusivement « résistance », alors qu’elle s’est impliquée dans le « djihadisme » en Syrie plus que dans la « lutte » contre Israël, qui est responsable de l’engagement du Liban dans une guerre contre l’État hébreux, en juillet 2006, qui nous a couté l’équivalent de la moitié de notre PIB de l’époque et 1500 morts (3 % côté israélien et 167 morts), et qui est aujourd’hui accusée de l’assassinat de l’ancien Premier ministre du Liban, Rafic Hariri, et soupçonnée d’autres assassinats politiques, comme ceux de Gebrane Tuéni et de Georges Haoui ? Comme c’est abscons mon général !

8. Bon, forçons les choses un peu plus et soyons pour la suite surréalistes. Vu le blocage politique actuel, à part l’élection surprise d’un outsider, Ziad Baroud, Riad Salamé ou Bakhos Baalbaki, je ne vois qu’une issue à court terme. Je vous préviens, elle a peu de chance de se réaliser. Mais de par cette chance, elle a droit de cité. Alors, imaginez avec moi un deal national que Samir Geagea proposerait à Michel Aoun. Brouhaha général... wlak sma3ouné chouei ! Voilà, dans l’intérêt suprême de la nation, el-hakim annonce de Meerab le retrait de sa candidature à l’élection présidentielle, au cours d’une conférence de presse solennelle, entouré de Gebrane Bassil, le gendre du général, et Alain Aoun, le neveu du général. Bisbille en perspective sur le placement protocolaire. Qui sera à droite et qui sera à gauche de Samir Geagea ? Mais bon, el-sitt Sethrida saura trouver un compromis. À la fin de la conférence, el-hakim passe chercher el-général en voiture à Rabieh. Normal, les jeunes doivent du respect aux vieux, comme l’exige la tradition libanaise. Les deux hommes se rendent à l’église Mar Mikhael dans la même voiture. Tout un symbole, j’ai déjà la larme à l’œil, droite ou gauche, je ne sais pas encore. Elle est conduite personnellement par le général Chamel Roukouz. Ils discutent de la prochaine nomination de ce brave militaire, gendre du général - la famiglia è una cosa sacra!- comme commandant de l’armée libanaise. C’est l’autre œil qui larmoie maintenant. Sous les applaudissements, les tzolghout et les jets de riz, avec une transmission directe commentée par la députée du Kesrouan, Gilberte Zouein, qui ne croit pas ses yeux et reste sans voix, Michel Aoun déchire devant les caméras le fameux « Document d’entente » qu’il a signé huit ans auparavant avec Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah. Ce n’est pas parce que celui-ci a une quelconque importance politique en soi, mais uniquement pour le côté symbolique du geste, qui signifie urbi et orbi, la rupture de l’alignement du général Michel Aoun sur l’axe Dahiyé-Damas-Téhéran.

9. Après les photos souvenirs de circonstance et les montages-photos 2006/2014, Michel Aoun se rend dans la permanence du 14 Mars à Achrafieh, accompagné de tous les députés du Courant patriotique libre. Il sera reçu par Farés Souhaid avec les honneurs, comme pour un fils prodige, et avec beaucoup d’enthousiasme, comme pour une brebis égarée. Les repentis signent immédiatement la pétition de Fouad Siniora pour demander le transfert de tous dossiers des assassinats politiques au Tribunal Spécial pour le Liban. Tous ensemble, les fils et les filles de la journée historique du 14 mars 2005, mettent en place plusieurs pétitions nationales en signe de reddition, oh pardon!, d’engagement solennel des repentis : l’imposition du principe du conclave aux futures élections présidentielles, l’abandon de toute allusion au Hezbollah dans une déclaration gouvernementale, la référence systématique à la Déclaration de Baabda, le déploiement immédiat de l’armée libanaise à la frontière syro-libanaise, l’échange des armes du Hezbollah et des autres milices libanaises et palestiniennes contre des pistolets à eau, la rédaction rapide d’une loi électorale moderne avec la participation des expatriés aux élections législatives selon les cazas de leur naissance, le rachat de sept Sikorsky pour sauver ce qui reste de notre patrimoine écologique, une véritable loi de protection des femmes de la violence domestique, l’abolition de la loi de libéralisation des loyers anciens, j’en passe et des meilleures.

10. En devançant tout le monde, Samir Geagea a voulu couper l’herbe sous les pieds des autres candidats potentiels du 14 Mars comme Amine Gemayel, l’homme qui a surpris tout le monde à minuit moins le quart en cette mémorable nuit du 22 septembre 1988, en lançant la carrière politique du commandant de l’armée libanaise !, et Boutros Harb, le gars qui met de l’eau dans son vin !, mais surtout sous les pieds de son adversaire, Michel Aoun, dans l’optique de foutre la pagaille dans le camp du 8 Mars. La tactique de Meerab étant de placer le général le plus tôt possible dans une mauvaise posture avec ses camarades du 8 Mars, dans l’espoir de créer une brèche avec son principal allié, le Hezbollah. En déclarant sa candidature et en la faisant adopter par son propre camp, le 14 Mars, notamment le Futur, Samir Geagea a mis Michel Aoun en défi de déclarer la sienne -ce qui est loin d’être une chose aisée étant donné l’orgueil monumental de celui qui s’est pris souvent pour De Gaulle et qu’on a pris un jour pour Napoléon Ier- et surtout, de la faire adopter par son propre camp, ce qui relève de l’impossible. Eh oui, contrairement à ce que beaucoup pensent, le Hezbollah n’adoptera jamais sérieusement la candidature de GMA. Les rares déclarations de soutien dont on le gratifie, relèvent du bluff. Hassan Nasrallah, en fin stratège n’en déplaise à certains, n’a aucune confiance en Michel Aoun, une personnalité versatile par excellence. L’aider à atteindre l’objectif présidentiel, présente un risque majeur pour la milice chiite, surtout que l’habit présidentiel pourrait faire du général, un moine de la souveraineté. Ainsi, Geagea tablait sur le fait que cette défiance de Hassan Nasrallah à l’égard de Michel Aoun, amènerait le général à se réveiller et à rompre avec la milice chiite. Mais, c’était méconnaître le général !

11. En théorie, le plan de Samir Geagea est bien ficelé. Cependant, el-hakim a commis trois erreurs, par négligence, par surestimation et par sous-estimation. D’abord, en annonçant sa candidature, el-hakim s’est exposé à une campagne de dénigrement sans précédent dans les médias et les réseaux sociaux du 8 Mars. Il a négligé l’ampleur de la « haine » que son nom suscite dans ce camp. Au lieu de parler de son programme électoral, on a dû sans cesse justifier son passé de « seigneur de la guerre ». Et sur ce point, je voudrais faire une parenthèse. Même une partie de ses défenseurs, notamment les « nouveaux », n’ont pas contesté les attaques qui portaient sur ses condamnations judiciaires, mais évoquaient pour sa défense, pêle-mêle, ses 11 années en prison, ses excuses publiques, son souverainisme, son soutien au Printemps arabe, etc. Ils ne remettaient pas en cause la « mauvaise réputation » et validaient du coup, indirectement, les « dossiers politiques » établis sous occupation syrien. Et tout ça, sans la moindre chance d’arriver jusqu’à Baabda. Pas de doute, Samir Geagea a été mal inspiré et mal conseillé ! Ensuite, el-hakim a commis l’erreur de surestimer le soutien de ses alliés du 14 Mars. Les premières réactions du Courant du Futur après l’annonce surprise de sa candidature étaient très mesurées. Le soutien officiel était tardif et plutôt timide. Pas une seule conférence de presse de Saad Hariri à Paris, pour soutenir publiquement, urbi et orbi, la candidature de son allié. En deux mots : il n’y avait pas beaucoup d’enthousiasme, plutôt un agacement. Pas seulement à cause des contacts secrets parallèles entre Saad Hariri et Michel Aoun. Le fait d’être populaire dans la rue sunnite, pas d’emballement quand même, ne peut pas suffire à pousser le Futur à soutenir la candidature de Samir Geagea coute que coute. D’autres considérations rentrent en jeu. À commencer par le poids parlementaire des Forces libanaises. Enfin, el-hakim a sous-estimé la réaction du général. C’est ce que nous verrons dans ce dernier point.

12. A 80 ans, Michel Aoun se trouve à l’automne de sa vie et sa carrière. J’y suis pour rien, on a l’âge de ses artères. Trois options se présentent à lui.

Dans l’option « GRANDE PORTE », Michel Aoun trouve le courage qui caractérise les grands hommes, en se rappelant qu’on signe la paix avec ses ennemis et non avec ses amis, et décide de rentrer dans l’Histoire par la grande porte, en rompant solennellement ses liens avec l’alliance tricéphale infernale -la milice chiite du Hezbollah, le régime alaouite en Syrie et le régime chiite des mollahs en Iran. Il se fera élire comme le 13e président de la République libanaise par le 14 Mars lui-même, à condition qu’il apporte des preuves irréfutables d’un changement radical de trajectoire. Idée saugrenue ? Pas plus que la surprenante mascarade d’entente qu’il a signée avec Hassan Nasrallah le 6 février 2006.

Dans l’option « PETITE PORTE », Michel Aoun ne change rien à sa politique, par orgueil et dans la logique du général Mac Mahon : dans l’erreur « j’y suis, j’y reste ». En maintenant son alliance contre-nature avec des entités qui sapent la liberté, la souveraineté et l’indépendance du Liban, le triptyque que les aounistes ont défendu pendant longtemps, il renonce alors définitivement à revoir les jardins du palais de Baabda. Mais, en acceptant l’affrontement démocratique au sein du Parlement, même s’il n’a aucune chance d’être couronné président de la République, il sortira de la vie politique libanaise par la petite porte. Il n’ira pas plus loin, sauf pour aller revoir ses aïeux. Fin de l’aventure, fin du chapitre et fin de l’histoire.

Dans l’option « TRAPPE », Michel Aoun tombe dans le piège de Samir Geagea. Il pensera en boucle qu’il joue en ce moment sa dernière chance d’être président de la République libanaise alors que son ennemi juré en aura trois supplémentaires du fait qu’il est 17 ans son cadet, un paramètre sur lequel il ne pourra pas agir. En se rasant ce samedi, il y pensera. Il est forcément déçu par l’étendue de la défiance du Hezbollah à son égard. Mais la haine de Samir Geagea est si grande, qu’il est capable de prétendre qu’il pleuve, alors que le Hezbollah lui crache dessus ! Il n’aura qu’une envie, celle de torpiller sans fin le jeu démocratique au Liban en dynamitant le quorum de l'élection présidentielle. Pathétique. Je n’ai jamais été fan du général, même durant l’âge d’or de Michel Aoun dans les années 80. Mais aujourd'hui, franchement, je me demande comment feraient ses partisans pour acquiescer une si misérable fin pour un leader qui a eu autant de cartes dans les mains en 34 ans de présence dans le paysage politico-militaire libanais ? 

13. Mission impossible ? Nous le saurons sous peu. En tout cas, cet article s'autodétruira dans 24 heures !

POSTFACE. « Le tocsin* qu'on va sonner n'est point un signal d'alarme, c'est la charge sur les ennemis de la patrie. Pour les vaincre, messieurs, il nous faut de l'audace, encore de l'audace, toujours de l'audace, et la France est sauvée  », Danton, figure emblématique de la Révolution française. Il en est de même pour le Liban.

* tocsin : sonnerie de cloches publiques, répétée et prolongée, pour alerter la population d'un danger imminent 

Réf.
Qui de Samir Geagea et de Michel Aoun, rejoindra Camille Chamoun, Fouad Chehab et Bachir Gemayel ? Réflexions sur l’élection présidentielle au Liban (Art.222) / Bakhos Baalbaki

L’élection présidentielle au Liban : une commedia dell'arte qui vire à la tragicomédie (Art.223) / Bakhos Baalbaki

vendredi 25 avril 2014

L’élection présidentielle au Liban : une commedia dell'arte qui vire à la tragicomédie (Art.223)


Aucune terminologie ne peut mieux décrire la situation au Liban que celle du titre de cet article. « La commedia dell'arte est un genre de théâtre populaire italien où des acteurs masqués improvisent des comédies marquées par la naïveté, la ruse et l'ingéniosité ». Dans l’adaptation libanaise, il faut rajouter la bassesse, hadan be2elkoun waté !, le comportement humain le plus répugnant qui soit. Voici donc la tragicomédie qui s’est jouée sur la scène du Parlement libanais, place de l’Etoile à Beyrouth, le 23 avril 2014.

Boum, boum, boum !

I. Désolé, mais ce qui s’est passé ce mercredi était plutôt prévisible, malgré l’improvisation. L’élection présidentielle n’est pas tout à fait un match de foot ou un combat de boxe, c’est plutôt un combat de coqs. Il ne suffit pas de faire un bon match et de gagner des points. Seul le résultat final compte. On gagne au nombre de buts marqués et par KO. Certes, ni le 14 Mars ni le 8 Mars n’a gagné avant-hier. Les deux camps ont perdu, mais pas sur le même terrain. Si le 14 Mars a perdu la bataille électorale du 1er tour, le 8 Mars s’est déshonoré pour si peu. Il est indéniable, ils ont leur République à 5 piastres, nous avons la nôtre, et nous la bâtirons coûte que coûte.

II. Malgré la participation folklorique de 124 députés à la séance électorale, sur 128 au total, la démocratie libanaise est en déclin. Michel Aoun vs. Samir Geagea, la finale électorale dont rêvaient beaucoup de Libanais n’aura pas lieu, par le désistement du Général. Nous serions dans un match de boxe, Hakim pourrait donc être déclaré vainqueur. Il a réussi à contraindre tous les députés du 8 Mars, ceux de Hassan Nasrallah, de Walid Joumblatt et de Michel Aoun, à entendre raisonner au-delà des murs et dans leurs têtes, 48 fois le nom « Samir Geagea ». Si comme dit GMA, « certains personnes ont de la mémoire », ô combien sélective, pour justifier les enfantillages sordides de son bloc parlementaire et des vassaux libanais du dernier tyran des Assad, l’histoire elle, a une mémoire infaillible. Elle écrira que le nom « Michel Aoun » ne sera jamais prononcé une seule fois dans l’hémicycle lors d’une séance électorale, malgré toutes les guerres dévastatrices et tant d’alliances inopinées déclenchées et conclues par le général Michel Aoun dans ce but, en trente ans de règne.

III. Le grand perdant de la première séance électorale est incontestablement le général Michel Aoun, victime d’une triple peine. A 81 ans, c’était la dernière occasion de sa vie d’affronter démocratiquement son ennemi juré et de vivre un plébiscite à la De Gaulle, ce dont il rêve depuis 1984. En 2020, il aura 87 ans, sa candidature à la magistrature suprême serait donc une folie. C’est la première peine. Rajoutez à cela, qu’en dépit de la signature d’un pacte de solidarité avec Hassan Nasrallah, Michel Aoun fut incapable de faire adopter sa candidature par son propre allié, malgré tant de zèle et une fidélité sans faille depuis 2006. C’est la seconde peine. Ainsi, il n’a ni réussi ni même osé, ni à se faire élire président de la République libanaise, ni à faire adopter sa candidature par son propre camp, et le pire, ni même à se déclarer candidat, malgré le fait qu’il possède le plus grand bloc parlementaire chrétien et qu'il en a fait une obsession. C’est la troisième peine. Last but not least, bonus de peine, Aoun sait que son ennemi juré a encore trois occasions de se représenter à la présidence de la République libanaise, en 2020, 2026 et 2032. Pas lui, 7ata law kel ela3mar biyad ellah. D’où la bassesse du comportement du 8 Mars avant-hier.

IV. Sauf votre respect, j’ai toujours pensé qu’il y a deux hommes d’Etat dans ce pays : Samir Geagea et Fouad Siniora. Quoi de plus logique alors que de les voir président de la République et Premier ministre, ensemble. Cependant, la candidature du premier dans le contexte actuel est une erreur de stratégie, dont l’intéressé pouvait se passer allégrement. Il n’y a rien à gagner, ni pour lui, ni pour son parti, ni pour son camp, bien au contraire. L’art de la confrontation consiste à surprendre ses adversaires, en ne leur laissant pas le temps de réagir, à ne pas livrer bataille sur un front établi par les adversaires et à ne jamais donner l’occasion de se faire attaquer sur son flanc faible. En tout cas, le 14 Mars, spécialement Samir Geagea, a eu tort de négliger l’article 49 de la Constitution libanaise, relatif aux quorums de séance et d’élection, et de sous-estimer la détermination de l’alliance tricéphale infernale, Hezbollah-Assad-Mollahs, à saboter son élection par tous les moyens disponibles.

V. Nul n’oubliera que plus de la moitié des députés sunnites du Liban ont voté pour le chef maronite du parti des Forces libanaises, malgré la grotesque khousousiyé el traboulsiyé (tout le monde sait que c'est le premier tyran des Assad qui a assassiné l'ancien Premier ministre natif de Tripoli). Curieux, mais ce point me rappelle la journée historique du 14 mars 2005. C’est le mérite personnel de Saad Hariri, il faut le reconnaître. L’ancien Premier ministre a sans doute de bonnes raisons (de sécurité) pour rester en exil. Il n’empêche qu’on ne peut pas espérer gagner une bataille de l’importance de la présidentielle en menant le combat de l’étranger. Ne serait-ce qu’à cause du fait qu’il est lui-même député-électeur, et tous les candidats du bloc du Futur n’ont pas voté pour son allié. Si le courant du Futur tenait réellement à la candidature de Samir Geagea, il fallait non seulement que le chef du 14 Mars vienne voter pour le candidat des Forces libanaises, mais en plus, il fallait annoncer ce soutien urbi et orbi, longtemps à l’avance, et faire campagne pour le candidat à travers des conférences de presse, même de l’étranger. Rajoutez à cela le fait qu’aucune pression n’a été exercée sur la girouette de Moukhtara, pour le faire renoncer à sa ridicule idée de diversion. Rien, absolument rien. Walid Joumblatt n’a fait qu’à sa tête, comme d’habitude, dans l’impunité la plus totale, comme lorsqu’il a rejoint les comploteurs qui avaient décidé le 11 janvier 2011 d’expulser le Premier ministre du Grand Sérail pour remettre le pouvoir entre les mains de la milice chiite pendant deux ans. Saad Hariri aurait dû sommer le bek de choisir son camp, comme le fait d’ailleurs le Hezbollah dans un moment vital. Le bek ne comprend que le langage de la force. Là aussi, erreur de stratégie.

VI. Il est navrant de constater que les députés du 8 Mars ont pris le Parlement ce mercredi pour une cour de récréation. Glisser massivement des bulletins blancs dans l’urne, par 52 députés de la troupe du Sayyed, et se retirer de la salle, pour saboter la séance électorale suivante, afin d’éviter d’affronter le candidat Samir Geagea est certainement un acte autorisé par la Constitution, mais il n’est pas moins lâche pour autant. Le 8 Mars, et Michel Aoun précisément, été plus préoccupé par l’évitement de l’humiliation de la défaite, que par le respect des règles démocratiques. Ceci étant, sur ce point, le 14 Mars ferait mieux de la mettre en sourdine car ses députés seront sans doute amenés à faire de même, si à la prochaine séance, Walid Joumblatt et ses otages, les 16 centristes de pacotille qui ont voté pour sa marionnette, Henri Helou, rejoignent les députés du 8 Mars, les 52 qui ont voté blanc, pour accorder la majorité absolue à un candidat pro-Hezbollah, pro-Bachar, pro-mollahs, comme Emile Rahmé et consorts. Fakro fiya ya chabeb !

VII. L’inscription par six députés du 8 Mars, des noms de Rachid Karamé, Dany Chamoun, Tarek Dany Chamoun, Jihane Tony Frangié et Elias Zayek, sur six bulletins de vote, allusions à certains assassinats et à des dossiers judiciaires concoctés contre Samir Geagea durant la période d’occupation syrienne du Liban par la tyrannie des Assad, reconnus comme tel par Michel Aoun himself, ne peut être l’œuvre que d’une bande de racaille organisée. Cette manœuvre est d’autant plus grotesque que les principaux concernés, Dory Chamoun et Sleiman Frangié, ont reconnu que Samir Geagea n’a pas été impliqué dans ces meurtres. A ce jeu infantile déplacé, les députés du 14 Mars seraient obligés d’inscrire les noms de leurs martyrs recto verso et de voter à plusieurs reprises. En tout cas, il aurait été ô combien plus cohérent pour les pôles du 8 Mars d’inscrire les noms de Moustafa Badreddine et consorts, les cinq membres du Hezbollah qu’ils protègent, les « saints » selon les dires de Hassan Nasrallah lui-même, ceux qui sont accusés par la plus haute juridiction internationale, le Tribunal Spécial pour le Liban, de l'assassinat de Rafic Hariri, l’ancien Premier ministre libanais.

VIII. A l’avenir pour éviter une partie des enfantillages des députés libanais du 8 Mars, il faudrait adopter trois réformes constitutionnelles. La première concerne la tenue des séances électorales, dont les dates devraient être fixées automatiquement, sans l’intervention du président de l’Assemblée. La seconde concerne l’obligation des députés libanais de se rendre au Parlement pour l’élection présidentielle, à toutes les séances. A défaut, ils perdraient tous les émoluments de leur mandat. Certains députés libanais ne comprennent ni l’intérêt national ni celui des électeurs. Ils ne comprennent que l’intérêt de leur poche et de leurs proches. La troisième, concerne le déroulement du scrutin qui devrait, pour une plus grande efficacité, s’inspirer de celui du Vatican, qui a fait ses preuves au cours des 1 950 années précédentes. Les députés du Liban siégeraient en conclave au Parlement, c’est-à-dire ils ne pourraient plus sortir avant l’élection d’un nouveau président pour le pays. Ça évitera la fuite des députés dès qu’un nom ne leur plait pas, pour saboter le quorum de séance, et de perdre six mois pour connaitre le nom de l’heureux élu, comme ce fut le cas la dernière fois.


Post-scriptum

1. Nabih Berri apparait plus que jamais comme le vieux renard de l’Assemblée. Ça apprendra à tout le monde de l’élire encore en 2032 !

2. Walid Joumblatt prend encore et toujours la démocratie libanaise en otage. Beaucoup de Libanais espèrent que cette tare ne soit pas héréditaire. En attendant, politiciens et journalistes du 14 Mars s’ingénient pour éviter de dire ses quatre vérités au leader druze du Parti socialiste libanais. Et pourtant j'ai beau leur dire que tout ce qui est bâti sur des sables mouvants au Liban, s’écroulera, ils continuent à construire des châteaux en Espagne, et à hisser sur leurs toits, la girouette de Moukhtara. 

3. Il semblerait que Nayla Tuéni existe en chair et en os. Les électeurs d’Achrafieh étaient contents de l’apprendre. Mais ils ont vite déchanté quand ils ont découvert qu’elle aurait voté pour la marionnette de la girouette. Ma3lé, ils sauront s’en souvenir, surtout qu’elle avait fait la promesse de campagne, de rejoindre le bloc des FL après les élections. Lol, maheik?

4. Bakhos Baalbaki pense que Sethrida Geagea peut se passer des chaussures à talons hauts. Khamesta3char centi ? Enno mich darouré abadann ! Elle ne perdra rien de son charme et libérera les bras de ses cavaliers du bloc des FL pour faire autre chose que de l'accompagner et soutenir dans sa démarche.

5. Gilberte Zouein continue à faire vœu de silence pour la 10e année consécutive de son mandat parlementaire. Hey, by the way, peu de gens d’entre vous savent, j’en suis sûr, que la députée aouniste est présidente, tenez-vous bien, de la « Commission parlementaire de la femme et de l’enfant » depuis plusieurs années. Et devinez qui en est le rapporteur ? Nayla Tuéni herself, une autre adepte du vœu de silence. Après, on s’étonne que les députés-mâles ont fait voté une loi amputée pour protéger les femmes libanaises de la violence domestique ! Ba2a ya sabaya ya helwinn, choufo chou badkoun ta3emlo.

6. Okab Sakr est toujours porté disparu depuis son implication dans un trafic de couches-culottes et de cure-dents en Syrie. Un nouvel avis de recherche est lancé pour la 4e année consécutive, avec toujours un espoir de ses sympathisants de réentendre un jour la voix de leur député-fantôme.

7. Le vote des députés est secret, mais il semblerait que Robert Ghanem, candidat à la présidence de la République libanaise since 1995, saint patron des promoteurs et membre du bloc du Futur, n’a pas voté pour Samir Geagea. Ça apprendra aux députés des FL de voter gentiment sa loi de libéralisation sauvage des loyers à Beyrouth il y a trois semaines.

8. Tenez, encore un truc. Samir Geagea a obtenu des voix de toutes les communautés libanaises (sunnite, maronite, grec orthodoxe, grec catholique, arménien catholique, arménien orthodoxe, chiite, alaouite, protestante et minorités) à l’exception de la communauté druze. Aucune voix. Et pourtant, les sympathisants du 14 Mars croyaient naïvement qu’il y en avait un dans la poche. Eh bien, non, Marwan Hamadé a préféré Henri Helou. Khousousiyét el taïfé el derziyé, ma heik ?

9. Breaking News. On apprend à l’instant, qu’après une réunion d’urgence du bloc du changement et de la réforme, Général el-Rabieh a ordonné le retrait de tous les miroirs de sa maison de Rabieh et l’arrachage des rétroviseurs de toutes les voitures dans un rayon de 2 km autour de sa résidence. Une enquête est en cours pour connaitre les raisons exactes de cet acte impulsif. Hakim Meerab, magheiro, pense que c’est en rapport avec sa déception de ses alliés et une altération grave de l’image de soi. Enno fiya nazra.

Rideau !

Réf.
Qui de Samir Geagea et de Michel Aoun, rejoindra Camille Chamoun, Fouad Chehab et Bachir Gemayel ? Réflexions sur l’élection présidentielle au Liban (Art.222) / Bakhos Baalbaki

Et si le 14 Mars remplaçait Samir Geagea par Michel Aoun ? Les trois options du général : la grande porte, la petite porte ou la trappe (Art.230) / Bakhos Baalbaki